TULOU — UNGER
UGALDE (Delphine BEAUCÉ, épouse), cantatrice distinguée, née à Paris le 3 décembre 1829, reçut de sa mère, excellente musicienne, son éducation musicale, avant de devenir l'élève de Moreau-Sainti. Dès l'âge de six ans touchant du piano; donnant des leçons à neuf; à onze ans elle chantait déjà dans des concerts, et y obtenait de précoces succès. Engagée comme soliste à la Société de chant classique dirigée par le prince de la Moskowa, elle essaya ensuite ses forces au théâtre de la Tour d'Auvergne. Limnander, qui l'entendit, augurant bien de son talent futur, la fit engager au théâtre national pour lui confier le principal rôle de ses Monténégrins. Mais la révolution de 1848 ayant contrarié ses projets, il transporta pièce et chanteuse à l'Opéra-Gomique. A ce théâtre, M™^ Ugalde parut d'abord dans le Domino noir avec succès ; puis elle créa le Caïd, les Monténégrins, le Songe d'une nuit d'été, etc., etc., avec un talent grandissant, et enfin Galatée, qui fut pour elle un vrai triomphe. Une maladie du larynx la forçant à quitter FOpéra-Comique, elle se réfugia aux Variétés et y joua les Trois Sultanes, de Favart. A son rétablissement en 1854, la vaillante artiste rentra à l'Opéra-Comique et y créa d'une façon charmante le rôle de l'Amour dans Psyché. Passant au théâtre Lyrique en 1858, elle y parut dans les Noces de Figaro et créa ensuite la Fée Caràbosse et Gàl Blas, qui lui firent le plus grand honneur. Cependant, à partir de cette époque, ses succès allèrent décroissant. Elle reparut pourtant quelque temps après à l'Opéra-Gomique; donna quelques soirées à la Porte-Saint-Martin dans la Biche au bois; enfin, elle alla chanter les Bavards aux Bouffes-Parisiens, théâtre qu'elle dirigea avec son second mari, en 1866. Durant les six mois que dura sa direction, elle créa les Chevaliers de la Table ronde et une opérette de sa composition : une Halte au moulin. Puis elle ne chanta plus qu'en province ou dans les concerts. Il y a quelques années, M'^^ Ugalde donna une séance musicale intéressante, dans laquelle elle fit entendre un certain nombre de ses œuvres. Parmi celles-ci: les Bœufs, mélodie tirée d'un de ses recueils, produisit le plus grand effet.
UNGER (JeaxN-Frédéric), magistrat et savant allemand, né à Brunswick en 1716, mort en cette ville en 1781, est l'inventeur d'un système applicable au clavecin ou à l'orgue, destiné à noter les improvisations
des compositeurs. Euler ayant fait construire une machine analogue, Unger réclama la priorité de son invention et publia sur ce sujet un mémoire avec preuve à l'appui. L'invention d'Unger était d'une pratique difficile ; mais il est vrai de dire que tous les essais faits depuis dans le même genre n'ont amené aucun résultat sérieux.
UNGER (Caroline), cantatrice distinguée, née à Stuhlweissemburg le 28 octobre 1805, morte près de Florence le 23. mars 1877, chanta d'abord les oratorios de Haendel, Haydn et Bach, puis débuta au théâtre dans Cosi fan tutte, à Vienne, en 1821. En 1824, elle prit part à la première exécution de la Symphonie avec chœurs de Beethoven, qui eut lieu dans cette ville, et se consacra l'année suivante à la scène italienne. Ses succès furent considérables. Donizetti, Pacini, Bellini, Mercadanle, écrivirent pour elle divers opéras, parmi lesquels on remarque la Straniera, le Due lUustri Rivale, jSlohe, Belisario, etc. Caroline Unger figura avec honneur pendant vingt-deux ans sur les principales scènes de l'ItaHe, vint à Paris en 1833, et chanta pour la dernière fois à Dresde en 1843. Rossini, dit-on, définissait ainsi la grande artiste : ardeur du Sud, énergie du Nord, poitrine de bronze, voix d'argent, talent d'or. Caroline Unger était grande et d'une rare beauté.
VACCAJ (Nicolas), compositeur dramatique italien, né à Bolentino en 1791, mort à Pesaro en 1848, reçut à Rome des leçons de Janacconi pour le contre-point ; à Naples, celles de Paisiello pour la composition. Son premier opéra : ISolitari di Scozia, étant favorablement accueilli dans cette ville, il alla à Venise écrire successivement Malxina (1815), Gamma, regina de Gallizia (1817), il Lupo d'Ostendo (1818), Timarkan (1819), Alessandro in Babilonia et Ifigenia in Aulide (1820). Le succès de plusieurs de ces ouvrages n'ayant pas répondu à son attente, il se livra à l'enseignement du chant : à Venise d'abord (1820), à Trieste (1821), à Vienne (1823) et à Milan (1824). Dans cette dernière ville, il se remit à la composition, en écrivant Pietro il Grande, Ossia il geloso alla tortura (Parme, 1824). Puis .il donna la Pastorella feudataria (Turin, 1824) ; Zadig ed Astartea (Naples, 1825) ; c'est dans cette ville qu'il fit exécuter peu de temps après Giuletta e Romeo, son ouvrage le plus remarquable. Il le fit suivre de le Fuccine de Norvegia, et de