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certs, la Mort de Diane et des fragments de son opéra, Mahomet. En 1872, M. Yaucorbeil fut notnmé commissaire du gouvernement près des théâtres subventionnés. Quelque temps après, il fut élu président de la Société des compositeurs, fonction qu'il a depuis résignée. Enfin, le 5 juillet 1879, il a été nommé directeur de l'Opéra, en remplacement de M. Halanzier.
VECCHI (Horace), musicien italien célèbre de la seconde moitié du seizième siècle, né en 1551, mort en 1604, chanoine de Correggio, vint se fixer à Modène, où il fut maître de chapelle de la cathédrale et de la cour. Dans le nombre considérable d'ouvrages qu'il a produits, tels que messes, motets, psaumes, etc., pour l'église, chansons, madrigaux, etc., se trouve une œuvre particulièrement curieuse : l'Am/iparnasso, sorte de comédie en musique, laquelle n'est pas, comme on l'a dit, un essai tendant vers la forme de l'opéra, mais bien un retour vers les conceptions théâtrales des anciens. Dans VAmfiparnasso, en effet, le personnage comique, isolé ou non, ne s'exprime jamais lui-même, soit par des airs, soit par des récitatifs; il a pour traducteur un ensemble vocal analogue au chœur antique, de sorte que cette partition ne renferme d'un bout à l'autre que des ensembles, ce qui l'empreint d'une monotonie qui n'est rien moins que dramatique.
VERDI (Giuseppe), fameux compositeur dramatique, chef aujourd'hui de l'école italienne, est né à Roncole le 9 octobre 1813, d'une modeste famille d'aubergistes de village. Provesi, organiste de Busseto, bourg voisin de Roncole, lui apprit les éléments de la musique, et, vers l'âge de vingt ans. Verdi put aller continuer ses études à Milan, grâce aux munificences de la municipalité de Busseto et de M. Antonio Barezzi, dilettante distingué, dont il devint plus tard le gendre. Refusé au Conservatoire de cette ville, il prit pour maître Lavigna, maestro a cembalo de la Scala, et, après trois ans d'étude, commença à composer de la musique militaire, d'église, de chant et de piano. En 1839, il donna à la Seala son premier opéra : Oherto, comte di San Bonifazio, essai plein de réminiscences et de faiblesses, mais dans lequel perçait déjà cette émotion particulière, à la fois brutale et entraînante, qui devait être, dans la suite, la caractéristique de son génie. Il n'en fallait pas davantage pour séduire un public dont Rossini avait transformé le goût en l'initiant aux grands effets dramatiques modernes, et qui, par une pente bien naturelle, en
était arrivé à ne plus rechercher autre chose dans la musique. Oberto eut du succès. Un Giorno di regno (Milan, 1840) fut moins heureux; mais Verdi se releva avec Nabiicodonosor (Milan, 1842) et se montra plus brillant encore dans I Lombardi alla trociata (Milan, 1843) ei Ernani (Venise, 1844). La période suivante fut, en revanche, beaucoup moins favorable au compositeur. I Due Foscari (Rome, 1844); Giovanna d'Arco (Milan, 1845); Alzira (Naples, 1845); Attila (Venise, 1846); Mac6e^/i (Florence, 1847); I Masnadieri [Londres, 1847) ; Jérusalem f qui n'est qu'un mauvais arrangement d'I Lombardi (Opéra de Paris, 1847); il Corsaro (Trieste, 1848); la Bataglia di Legnano (Rome, 1849); Stiffelio (Trieste, 1830), tombèrent successivement. La seule partition de Luisa Miller (Naples, 1849) resta à la scène. Une série si longue d'insuccès fit sentir à Verdi la nécessité de transformer sa facture et son style. Sa phrase était courte, ses procédés souvent empreints de banalité ; il s'appliqua à améliorer sa manière. Les succès immenses et partout répétés de Rigoletto (Venise, 1851); d'il Trovatore (Rome, 1853), et de la Traviata (qui tomba le premier soir pour se relever ensuite avec éclat; Venise, 1853), marquèrent clairement le progrès accompli. Verdi crut alors le moment venu de s'emparer de la première scène lyrique française. Il écrivit pour elle les Vêpres Siciliennes ; mais cet opéra, malgré une facture plus soignée, ne réussit pas, faute d'inspiration (Opéra de Paris, 1853). De retour en Italie, le bruit fait autour du nom de R. Wagner fit faire à Verdi une première tentative dans la voie suivie par ce compositeur, avec Simone Boccanegra. Cette œuvre fut reçue avec froideur. Il essaya alors de refaire son Stiffelio en lui donnant le nom ^Araldo, mais ne réussit pas davantage (Venise, 1856). TJn Ballo in maschera (Rome, 1859) et la Forza del Destino (Saint-Pétersbourg, 1863) eurent un meilleur sort, sans pourtant arriver à tenir longtemps la scène. Eufin, dans Don Carlos (Opéra de Paris, 1867), un grand progrès se fit de nouveau sentir dans l'allure générale du maître. La forme et le fond se montrèrent plus châtiés, plus nourris. Mais c'était dans Aïda, opéra composé pour le Caire, où il fut représenté en 1871 avec un succès colossal; dans la messe de Bequicm, dédiée aux mânes de Manzoni, et exécutée solennellement à l'église Saint-Marc de Milan en 1874, que le génie du compositeur devait atteindre son expression la plus grandiose. Sans doute, ces partitions se ressentent encore du défaut d'études premières que l'on remarque dans tous ses ouvrages antérieurs ; mais, en revanche, elles contiennent de si originales et si réelles beautés ; l'élan y est si
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puissant, le sentiment dramatique si profond et si passionné; en un mot, la richesse de l'ensemble y couvre tellement les imperfections de détail, qu'on n'éprouve pour ces œuvres magistrales que de l'admiration. Aida a été représentée à Paris au théâtre Italien en 1876 et à l'Opéra en 1880, avec un succès éclatant. Le 'Requiem a été exécuté au théâtre Italien par les artistes mêmes qui l'avaient créé à Milan : M™**^ Stoltz et Walmann, MM. Caponi et Maini, sous la direction de l'auteur, environ huit jours après son apparition à Milan, en 1874. En fait d'ouvrages d'autres genres, on doit à Verdi des mélodies et de la musique de chambre. Verdi a été nommé sénateur du royaume d'Italie.
VERHULST(Jean-J.-H.), compositeur hollandais distingué, né à la Haye le 19 mars 1816, fut admis en 1826 au Conservatoire de cette ville et entra ensuite comme violoniste à l'orchestre du théâtre , où il se lia avec Hanssens, son chef, et en reçut quelques conseils. Il écrivit alors un Te Beum et un Veni Creator qui furent remarqués. La société du Ton Kunst couronna de lui plusieurs ouvrages : un 0 Salutaris ^ un Tantiim ergo, une ouverture, une symphonie, etc. En 1836, Mendelssohn, ayant jeté les yeux sur quelques-unes de ses compositions, consentit à le prendre pour élève, et le jeune Verhulst partit l'année suivante pour l'aller retrouver à Leipsick ; mais, par suite de circonstances diverses, il ne put joindre ce maître qu'en 1838, après avoir séjourné à Cologne, à Bruxelles et à Paris. Dès la première épreuve (un Kyrie, et un chœur, Inclina, Domine), Mendelssohn lui déclara qu'il n'avait plus rien à lui apprendre. A partir de ce moment, Verhulst prit confiance et se livra à d'importants travaux. Il composa de remarquables quatuor, écrivit un intermezzo intitulé Grass ans der Ferne, qu'il dédia à Mendelssohn, etc. Pendant toute la durée de son séjour à Leipsick, il fut élu chef d'orchestre de la société l'Euterpe. De retour à la Haye en 1842, il fut nommé par Guillaume II directeur de la musique de la Cour, fit exécuter ses ouvrages et dirigea tous les festivals qui furent organisés en Hollande depuis 1850. Verhulst a produit dans tous les genres, à part celui du théâtre, et fut le premier entre tous les musiciens hollandais de son temps.
VERVOITTE (Charles-Joseph), maître de chapelle et compositeur, né à Aire-sur-la-Lys en 1822, obtint, au concours, sa première place à Boulogne-sur-Mer, dans sa jeunesse, et peu après devint directeur de l'école municipale de chant de cette ville. Appelé à Rouen pour y fonder une maîtrise et des cours de chant au petit séminaire,
il organisa, sous le patronage de l'archevêque, des concerts historiques de musique religieuse. L'Académie de Rouen, qui lui avait décerné une médaille pour son harmonisation du chant liturgique du diocèse, le reçut parmi ses membres (1850). Lauréat au concours de la société de Sainte-Cécile de Paris pour sa cantate des Moissonneurs, il la fit exécuter en 1851. En 1853, il fut désigné pom^ diriger les exécutions musicales pendant le séjour que fît à Dieppe Napoléon III. Maître de chapelle de l'église Saint-Roch, à Paris, en 1859; président-directeur de la Société académique de musique religieuse et classique, M. Vervoitte a été nommé inspecteur du chant dans les écoles normales et dans les maîtrises. Son œuvre comprend des morceaux religieux, des compositions destinées aux maisons d'éducation. Il a réuni, sous forme de publications intitulées Archives des cathédrales, Musée classique, Nouveau Répertoire de musique sacrée, la musique des maîtres anciens et modernes.
VIADANA (Louis GROSSI, dit), moine et musicien, né vers 1564 à Viadana près Mantoue, mort après 16-U, fut maître de chapelle des cathédrales de Fano, de la Concordia (État de Venise) et de Mantoue. On lui a attribué pendant lontemps l'invention de la basse continue; mais il paraît prouvé aujourd'hui qu'il ne serait que l'inventeur de l'application de cette basse aux morceaux à une ou plusieurs voix accompagnés par l'orgue. Son œuvre, considérable, est à peu près tout d'église.
VIARDOT (Mighelle-Pauliive GARCIA, épouse), chanteuse française des plus remarquables, née à Paris le 18 juillet 1821, est la fille du fameux chanteur Garcia et sœur de la célèbre Maria Malibran. A l'âge de trois ans, elle alla avec sa famille en Angleterre, aux États- Unis et au Mexique, et pendant ces voyages commença Télude des éléments de la musique. De retour en Europe, elle étudia le piano avec Meyzenberg et Liszt, Tharmonie avec Reicha et le chant avec son père. Après la mort de Garcia, elle termina ses études à Bruxelles, où elle commença à se faire entendre dans les salons, puis dans les concerts. Son début en public (12 décembre 1837) fut un véritable triomphe. Elle se rendit alors à Berlin, à Dresde, à Francfort, où son succès ne fut pas moins franc; puis vint à Paris, en 1838, donner de magnifiques concerts. Désireuse d'aborder le théâtre, elle débuta à Londres, au Kings's-Théâtre, dans Otello, le 9 mai 1839. Sa voix de contralto, superbe, d'une étendue de deux octaves et demie, son
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style d'une grandeur et d'une pureté achevée, ses remarquables qualités de tragédienne, la placèrent de suite au premier rang. M. Louis Viardot, alors directeur du théâtre Italien de Paris, étant allé l'entendre, l'engagea immédiatement et elle parut sur cette scène le 8 octobre de la même année. Elle brilla tour à tour dans Generentola, Tancredi, Otello, il Barbiere di Seviglia, etc. Mais il fallait plus que les vocalises de la musique italienne pour mettre complètement en relief l'ensemble de qualités de premier ordre que possédait la grande artiste. Le Prophète pour la création duquel Meyerbeer la fit engager à l'Opéra en 1849, lui procura l'occasion qu'elle cherchait. Elle y fut admirable dans le rôle de Fidès, et bientôt après alla le jouer à Berhn, à Saint-Pétersbourg et à Londres. De retour à Paris, ce fut la Sapho de Gounod qui lui valut des applaudissements enthousiastes. Enfin, en 1859, le théâtre Lyrique montant V Orphée d3 Gluck, elle consentit, sur les instances de Berlioz, à se charger du rôle d'Orphée, qui, durant cent cinquante représentations environ, fut son plus grand, son plus beau et son dernier triomphe à la scène. Depuis cette époque, M™^ Viardot ne s'est plus montrée que dans quelques concerts : au Conservatoire, oii elle chanta Pair : Divinités du Styx, de YAlceste de Gluck; aux Concerts populaires, où elle interpréta avec le goût le plus pur des mélodies de Schumann et de Schubert; enfin, dans un concert donné pour la production des œuvres de sa fille, M°^« Héritte-Viardot ; etc.
M^® Louise Héritte-Viardot, fille aînée de la grande cantatrice, est en effet un compositeur distingué. Elle a écrit deux opéras-comiques : Lindoro, exécuté à Weimar en 1879, et les Fêtes de Bacchiis, dont quelques fragments ont été donnés sous sa direction à Stockholm en 1880. Elle a, en outre, composé de la musique de chambre et un assez grand nombre de mélodies. Le style de M™« Héritte-Viardot rappelle à. la fois ceux de Schumann et de Mendelssohn.
Les deux autres filles de M°^« Pauline Viardot, excellentes musiciennes, se sont fait entendre avec succès dans les concerts. Enfin, M. Paul Viardot, son fils, est un violoniste de talent, qui s'est produit aux Concerts populaires, et dont la réputation s'accentue chaque jour.
M'"^ Pauline Viardot, qui parle avec une égale facilité l'anglais, l'allemand, l'espagnol, l'itahen et le français, a composé un grand nombre de mélodies sur des paroles françaises : la Chanson de Loïc, Villanelle. Solitude, etc., un recueil de chants sur des poésies russes ; trois opérettes : le Dernier Sorcier, VOgre, Trop de femmes, représentées à Bade ; arrangé pour la voix des mazurkas de Chopin, etc., etc.
VICTORIA (Thomas-Louis de), en italien VITTORIA, compositeur espagnol du seizième siècle, né vers 1540, mort vers 1608, se rendit dans sa jeunesse en Italie et y eut pour maîtres Escobedo et Morales, ses compatriotes. Maître de chapelle du collège germanique à Rome, en 1573, puis à l'église Saint-Apollinaire, il se pénétra du style de Palestrina et s'en inspira de la façon la plus heureuse. Vittoria fut un des meilleurs compositeurs de son temps en Espagne, ainsi qu'en témoignent ses œuvres, toutes destinées à l'église.
VIETTI (Caroline), cantatrice distinguée, née à Turin le 3 février ] 820, fut admise, en 1831, à l'Académie philharmonique de Turin et y remporta, trois ans après, les premiers prix de chant, de théorie musicale et de déclamation. Elle débuta au théâtre Garignano de Turin, dans Zadig et Astarté, en 183(5, avec un vif succès; puis, sa trop grande jeunesse la contraignant à prendre un an de repos, elle reparut sur la scène, à Venise, pour ne plus la quitter qu'en 1861. Caroline Vietti chanta dans les principales villes d'Italie, de Russie, d'Espagne, de la Havane, des États-Unis, du Mexique, du Portugal; et en France, à Marseille. Elle avait une belle voix de contralto et un talent achevé.
VIEUXTEMPS (Henri), célèbre violoniste, né à Verviers le 20 février 1820, mort à Mustapha (Algérie) en juin 1881 , commença l'étude du violon dès sa cinquième année. Il reçut des leçons de Lecloux, et fit avec son maître sa première tournée artistique à l'âge de huit ans. Arrivé à Bruxelles, il reçut quelques conseils de Bériot et vint avec succès se faire entendre à Paris en 1830. Un autre voyage, fait en 1833 avec son père, fut pour lui, à Vienne, l'occasion de succès plus sérieux. Après avoir étudié quelque temps l'harmonie avec Secliter et la composition avec Reicha, il commença à écrire des morceaux pour son instrument (1835). Ensuite il se rendit en Russie, donnant des concerts à Prague, Dresde, Leipsick, Berlin, Pétersbourg et Moscou. Une fantaisie et un concerto avec orchestre qu'il composa en Russie fureut particuUèrement remarqués. De retour l'année suivante, il excita à Bruxelles avec ces morceaux un véritable enthousiasme. Paris consacra définitivement cet immense talent en 1841. Depuis, Vieuxtemps parcourut la Prusse et la Hollande, se montra quelque temps en Pologne et en 1844 visita l'Amérique. Ensuite il séjourna à Pétersbourg durant plusieurs années comme premier violon de l'empereur (1846); reparut en France (1852), en Belgique,
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en Allemagne, en Angleterre et en Amérique (1837) et revint à Paris donner des séances de musique de chambre qui eurent un succès éclatant. Après avoir fait encore quelques voyages, il fut atteint au bras droit d'une paralysie, qui termina sa carrière de virtuose, et dont les progrès .le conduisirent bientôt au tombeau. Son œuvre comprend des fantaisies extrêmement brillantes sur des thèmes du Pirate, Norma, Don Juan, etc, desSowue/iirs de Russie, d'Amérique, etc., des Morceaux de salon, etc.
VILBACK (Alphonse-Zoé-Gharles RENAUD DE), organiste et compositeur, né à Montpellier le 3 juin 1829, se rendit à Paris en 1841 et, sur la demande d'Halévy, entra dans sa classe de composition au Conservatoire. Élève en même temps de M. Benoist, en 1843, il remporta le premier prix d'orgue en 1844. Le second premier grand prix de Rome lui fut décerné la même année. De retour à Paris, M. Renaud de Vilback se livra à l'enseignement et fut nommé en 1856 organiste de Saint-Eugène. En 1837 il s'essaya au théâtre avec Au clair de la lune, petit opéra qui fut représenté aux Bouffes-Parisiens ; puis avec Almanzor, au théâtre Lyrique, en 1838. M. Renaud de Vilback, qui a produit plusieurs œuvres de piano, parmi lesquelles on remarque Deux Rondos, les Impressions d'Italie, Rondo espagnol, etc., improvise sur l'orgue avec une grande facilité. Son style, léger et peu fait pour l'église, est celui d'un virtuose brillant. Il excelle dans le maniement chatoyant des timbres si variés de l'orgue moderne.
VILLATE (Gaspar), compositeur dramatique américain, né à Guba le 17 janvier 1831, fit ses études musicales dans son pays et fréquenta à Paris le Gonservatoire. Il a donné, au théâtre Italien de Paris, Zilia en 1877 et la Czarine au théâtre royal de la Haye en 1880.
VILLEBICHOT (A. de), compositeur, né vers 1820, fut élève de Maleden et devitit chef d'orchestre des cafés-concerts de l'Alcazar, des Ambassadeurs, etc. Il a écrit pour ces établissements des saynètes, des opérettes, etc., en nombre considérable : Marjolaine, la Tour du Nord, les Hidalgos de Paris, le Bailli de Croquetendron, la Grève de femmes, etc. Au théâtre Déjazet, il a donné un opéra bouffe en trois actes : Nahuco, qui a obtenu du succès. Il a pubHé en 1848 une brochure sur l'état de l'enseignement musical en France et sur les réformes à y apporter. Le style de cet article est d'une légèreté amusante qui ne manque pas de saveur.
VILLOTEAU (Guillaume-André), musicographe distingué, né à Bellême (Orne) le 6 septembre 1759, mort le 25 avril 1839 à Tours, d'abord enfant de chœur, puis chantre, se destinait à la prêtrise, lorsque la Révolution le fit tout à coup choriste à TOpéra (1792). Ayant acquis des connaissances étendues sur la musique par des études sérieuses, il fut désigné pour faire partie du corps de savants qui devait accompagner en Egypte le général Bonaparte. Villoteau a publié dans la Description de l'Egypte le résultat de ses travaux sur l'art musical chez les Grecs et les Égyptiens à différentes époques. Ces mémoires, écrits avec sincérité, pleins de remarques curieuses et de faits intéressants, ont jeté, en leur temps, une vive lumière sur des questions jusque-là très obscures. Aujourd'hui, l'érudition est allée beaucoup plus loin, mais on doit à Yilloteau d'avoir déblayé le chemin.
YIOTTI, violoniste célèbre, chef de l'école moderne du violon, naquit à Fontanetto (Piémont) le 2o mai 1753 et mourut à Londres le 10 mars 1824.11 reçut dans son enfance quelques conseils de différents musiciens, mais dut surtout à une rare aptitude le talent précoce qui le fit un jour remarquer par l'évêque de Strambino. Celui-ci l'envoya à la marquise de Yoghera, qui cherchait un compagnon d'études pour son fils ; et là, on lui donna pour maître Pugnani (1766). Nommé violoniste de la chapelle royale, il quitta bientôt cette position pour voyager avec son maître en Allemagne, en Pologne, en Russie et en Angleterre avec de fructueux succès. Arrivé à Paris, son début au Concert spirituel, en 1782, fut un véritable triomphe. Jamais imagination mieux conduite dans la composition n'avait été unie à un talent plus parfait et plus varié. Il surpassa prédécesseurs et contemporains durant les deux années qu'il figura dans ces concerts. Cependant, un caprice du public ayant blessé son amourpropre, il cessa de s'y faire entendre, quoiqu'il fût resté à Paris jusqu'en 1791. Il ne joua plus que dans les salons; devint accompagnateur de la reine et chef d'orchestre du prince de Soubise; organisa des matinées de quatuor pour ses élèves, et répandit son nom dans toute l'Europe en publiant ses compositions. En 1788, le coiffeur de la reine, Léonard, avait obtenu, grâce à sa protection, le privilège d'un théâtre d'opéra italien. II avait chargé Yiotti de la partie artistique de cette entreprise, et celui-ci à son tour s'était adjoint Chérubini pour la disposition des ouvrages et la composition des morceaux à y ajouter. Sa troupe, très bien formée, donnait dès 1789 de fort