‹ Petite faune entomologique du Canada (volume 2)Chapitre 25 sur 483 · DE LA NYMPHE · texte numérisé non relu

DE LA NYMPHE

L'état (le nyiiiplie Fig. 17, c, est la troisième période de la vie de l'insecte. La larve cclose de l'œuf, en augmentant sa taille par ses mues successives et par la plus ou moins grande quantité de nourriture qu'elle a consommée, est parvenue à l'état de nymphe, dans lequel les différents organes de l'insiecte parfait reçoivent leur dernière prépiaration et n'auront plus qu'une légère enveloppe à rejeter pour paraître tels qu'ils resteront désormais.

On assigne l'état de nymphe à tous les insectes ; cependant, à proprement parler, on pourrait dire que ceux à niétamorphose partielle ou incomplète, comme les Orthoptères, les Hémiptères et une partie des Névroptères n'y sont point assujétis, et passent sans interruption de la larve à l'état parfait ; puisque chez eux la larve et la nymphe n'ont aucuns caractères particuliers qui les distinguent l'une de l'autre. La nymphe chez ces insectes n'est rien autre chose que la larve qui n'a plus qu'une mue à subir pour passer à l'état parfait. Mais comme il n'est pas toujours facile de reconnaître si une larve a encore une ou plusieurs mues à subir, génoraleujent, dans ces ordres, les nymphes se confondent avec les larves. Ces nymphes, en effet, se meuvent et mangent absolument comme les larves ; la seule chose qui les distingue est que touchant au terme de leur croissance, leur taille est bien près de celle do l'insecte parfait, et les étuis que renferment les ailes montrent par leur gonflement que bientôt ils vont les laisser s'échapper en liberté.

Mais pour les ordres à n^iétamorphoses complètes,

80 ENTOMOLOGIE Él.É.MEXTAIRE.

comme les Cok'optères, les Lépidoptères, etc., il en est tout autrement. La nymphe chez eux se distingue par des caractères bien tranchés et de la larve et de l'insecte parfait.

On donne aux nymphes des Lépidoptères le nom de chrysalides, mais ces nymphes ne diffèrent pas essentiellement de celles des Coléoptères, Diptères, etc.

Le vulgaire donne souvent le nom d'œuf aux nymphes des Lépidoptères, des Coléoptères, des Diptères, etc. Et de fait il y a une grande similitude entre l'œuf et la nymphe. Si vous ouvrez une nymphe peu de temps après sa formation, vous n'y trouvez qu'un liquide blanchâtre laiteux, homogène, sans souvent aucune trace des organes de 1 1 larve (jui a dispnru ni de l'insecte ailé qui doit en sortir; c'est comme si la chenille ou larve s'était fondue en ce liquide. Plus tard les meuibres de l'insecte parfait deviennent visibles ; pattes, antennes, ailes, appendices tous sont à leur place, avec leur forme normale, et n'attendent que le moujent où se brisera l'enveloppe extérieure pour être mis en usage.

De tous les changements auxquels sont assujétis les insectes, le plus considérable est celui par lequel ils passent de l'état de larve ù celui de nymphe. En effet, si la chenille devient papillon, si le ver devient mouche, c'est à l'état de nymphe que s'opère cette transmutation. Le passage de la nymphe à l'état parfait n'est pour ainsi dire signalé par aucun changement de forme, puisque à proprement parler ce n'est que la mise en liberté et en opération des organes dont l'insecte s'est pourvu à l'état de nymphe.

Quel(iues insectes, comme les Lé^'idoptères diurnes,

subissent leur transformation de larve en nymphe à docouvert ; et d'autres, comme les Lépidoptères nocturnes, les Diptères, etc., s'enferment dans un cocon pour opérer ce chanirement, Fig. 17. h. On sait que la soie que filent les Bombyx, et qui nous fournit nos habits les plus précieux, n'est rien autre chose que le tissu des cocons que se filent ces chenilles pour abriter leurs nymphes.

La forme des nymphes varie entre l'ovale et l'ellipse. Les chrysalides des Lépidoptères diurnes portent souvent des protubérances plus ou moins prononcées, et montrent, chez plusieurs espèces, des points très brillants, souvent dorés. Chez elles, comme chez les nymphes des Coléoptères, les principales divisions de l'insecte, la tCte, le thorax et l'abdomen peuvent se distin<2;uer à travers la mince pellicule qui les enveloppe, tandis que les nymphes des Diptères sont renfermées dans une coque parti iilière qui ne laissent rien voir de l'insecte qu'elle recèle.

I^es nymphes des insectes à métamoriihoses complètes sont dépourvues d'organes locomoteurs, les seuls mouvements qu'elles peuvent exécuter se réduisent à des oscillations des anneaux abdominaux qui, en se refoulant alternativement d'un côté et de l'autre peuvent porter l'insecte en avant. C'est de cette façon que les nymphes de certains Coléoptères s'élèvent des profondeurs du sol jusqu'à la surface, pour permettre à l'insecte parfait de prendre ses ébats dans les airs, dès le moment de son éclosion. Les nymphes des Urocèies, des Saperdes, etc., en agissent de même dans les galeries que leurs larves ont creusées dans le tronc des arbres ; au moyen de ces oscillations dos anneaux abdominaux, elles se rapprochent de l'écorcc que l'insecte parfait pourra percer, sans cjurir

82 ENTOMOLOGIE El ÉMENTAIRE

le risque de se briser les ailes sur les parois souvent inégales de la galerie intérieure.

Page 1