GOUT
, La perception des saveurs doit nécessairement résider dans une membrane ramollie, mince, et susceptible de devenir en contact avec les aliments, au moment de leur préhension. Or la cavité buccale ou languette chez ceux qui en sont pourvus, et la trompe chez les autres, sont éminemment propres à cet usage. Il doit se rencontrer des cas chez les insectes, comme parmi les vertébrés, où chacun des sens est plus ou moins obtus ; mais il n'a pas encore été suffisamment démontré que certains animaux en fussent privés, bien que souvent nous n'apercevons pas les membres extérieurs qui peuvent en être les organes. Il est bien problable que les Hémiptères à rostre corné doivent avoir le sens du goût très peu développé. Plusieurs auteurs même ont prétendu qu'ils en étaient privés, et que s'ils préferaient plutôt le suc d'une plante que d'une autre, ils étaient guidés en cela uniquement par l'odeur. Mais nous aimons mieux croire que cesens peut résider chez eux dans les filets même qui composent la trompe ou dans les glandes situées à leur b:ise puisqu'aucune preuve n'a encore été donnée du contraire..