ODORAT
Que le sens olfactif existe chez l'insecte, il n'y a pas à en douter, puisqu'on voit la mouche de la viande se montrer aussitôt qu'un animal a été abattu, les Nécrophorcsapparaître en nombre considérable du moment qu'un, cadavre a été abandonné à la voirie, etc. On a pu constater, bien des fois, qu'à peine une femelle de Bombyx est-elle éclose, qu'elle attire à elle une quantité de mâles
venant de toutes les directions, et cela en plein midi, quoique ces Lépidoptères ne puissent voir en plein jour. Une de ces femelles éclose dans un appartement en plein milieu de Paris, a attiré de suite 5 à 6 mâles, qui entrant par la fenêtre laissée ouverte, se sont dirigés de suite vers C3tte vierge, uniquement par les émanations qu'elle laissait échapper ; c;:r quel autre sens aurait pu les attirer ? ce ne serait pas la vac, puisqu'il leur fallait franchir d'assez grandes distanças, pisser par dessus des murs, etc. Ce sens est tellement développé dans certains insectes qu'il l'emporte de beaucoup sur les autres. Ainsi on voit la G dliphora vomitarla^ unitiuemont trompée par l'odeur, aller déposer ses œufs sur les Stapella^ le Phallus inipudidicus, etc. ; elle voit cependant ces plantes et peut les palper de ses instruments tactiles, mais l'impression odorifique est si puissante, qu'elle fait dévier l'instinct de l'insecte dans une fonction aussi importante que celle de la reproduction de l'espèce.
Mais si l'odorat se retrouve dans l'insecte, quelle partie ou quel membre de celui-ci en est l'organe? La chose n'est pas aussi clairement démontrée. Comme le sens olfactif ne peut raisonnablement résider que dans une membrane molle, spongieuse, humide, et qu'il se trouve toujours dans les animaux supérieurs entièrement lié à- la respiration, l'anologie nous porte à croire que dans l'insecte, il doit exister à l'embouchure des trachées, dans les stigmates, quoiqu'on ne distingue aucune membrane particulièrement destinée à être le siège de cette sensation. C'est aujourd'hui l'opinion la plus généralement admise parmi les entomologistes. Elle paraît du premier abord beaucoup plus plausible que celle qui rapporte l'o-
dorât aux antennes, comme en étant l'organe. Ces dernières, le plus souvent cornées, dures, et toujours éloignées des organes de la respiration, paraissent peu propres à devenirle siège de cette sensation.
ouïe et vue.
L'ouïe se retrouve également cîiez l'insecte. Car à quoi serviraient les instruments sonorifères dont sont munis les mâles des Cigales, des Grillons, etc., pour appeler leurs femelles, si ces dernières ne pouvaient les entendre ? Mais de même que pour l'odorat, il n'est pas encore bien démontré où se trouve, dans l'insecte, le siège de cette faculté, car nulle cavité dans celui ci qui se rapproche tant soit peu, par sa conformation, de l'oreille des vertébrés. L'ofinion la plus commune aujourd'hui fait résider la faculté de percevoir les sons dans les antennes. On a été même jusqu'à trouver une espèce de tympan dans l'article basilaire de celles-ci, qui est toujours plus développé et différemment ( onformé du reste ; d'ailleurs leur longueur, dans la majorité des cas, leur forme déliée, la mnssue qui souvent les termine , de même que les poils qui les revêtent, les rendent éminemment propres à obéir aux moindres vibrations de l'air. Mais pour ce sens comme pour tous les autres, il n'y a pas de doute qu'il ne doit être que très obtus dans bien des cas. Kt admettant le fait que les antennes en sont l'organe, la conformation de celles-ci doit confirmer l'opinion que souvent il en doit être ainsi.
Quant à la vue, nous renvoyons le lecteur à ce que nous en avons dit en décrivant les yeux des insectes.
92 ENTOMOLOGIE ÉlÉMEN'TAIRE.