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FACULTÉ D'EMETTRE DES SONS CHEZ CERTAINS INSECTES

Quoique les insectes soient dépourvus d'organe vocal, on sait néanmoins qu'un certain nombre d'entre eux jouissent de la faculté d'émettre des sons, tel que la plupart des Longicornes, les Cigales, les Grillons, les Mouches, etc.

Tantôt, comme dans les Coléoptères, le son est produit par le frottement d'une partie cornée et plus ou moins ridée de l'enveloppe extérieure, sur une autre partie à peu près de même densité. Ainsi le bruit que fait entendre un Monoliammus, et presque tous les autres longicornes, lorsqu'on les tient entre les doigts, est dCi au frottement du pédoncule du mésothorax sur les bords de la cavité du prothorax où il est reçu. Les Trox, les Nécrophores, plusieurs Scarabées, en frottant les derniers arceaux supérieurs de leur abdomen sur le bord de l'extrémité des élytres, font aussi entendre un son plus ou moins fort. Ce bruit peut quelquefois n'être que le résultat du mouvement de l'insecte, sans aucun rapport à sa volonté de produire un son, mais il est souvent aussi un moyen d'appel d'un sexe à l'autre. Les Ajiobium, dans (j nos maisons, pour se faire cet appel, frappent de leurs mandibules le bois sur le(]uel ils marchent, et nous font entendre un tic tac imitant parfaitement le timbre d'une montre.

Tantôt le son produit par Finsecte n'a lieu que dans l'acte du vol, comme on le voit dans les Hyménoptères, les Diptères, etc., alors on lui donne le nom de bourdonnement. On a cru pendant longtemps que le bourdonne-

ment n'était dû qu'à la vibration des ailes dans le vol, mais il est reconnu aujourd'hui que le mouveuîent des ailes n'est qu'accessoire dans la production de ce bruit, qui est dû à l'air qui s'échappe violemment -^ar les stigmates thoraciques, lorsque les ailes sont en mouvement. On sait que l'air expulsé violemment d'un simple tube suffit pour produire un son ; or, pendant le vol, tous les muscles du thorax étant fortement agités, compriment les trachées, et en expulsent l'air avec d'autant plus de force que le vol est plus rapide. Et comme dans bien des cas les stigmates sont munis de poils, de rebords, etc., ce sont autant d'appareils qui peuvent plus ou moins modifier le son, en agissant sur l'air qui s'échappe par ces ouvertures. Plusieurs Coléoptères font aussi entendre un bourdonnement pendant leur vol.

Tantôt enfin, comme dans quelques Hémiptères et Orthoptères, le son est produit par des appareils spécialement destinés à cette fin, et c'est dans ce cas aussi qu'il est le plus accentué et le plus soutenu.

L'instrument sonore des Orthoptères n'a pas la même onformation dans tous les genres. En général, les élytres es Orthoptères sont minces, coriaces, translucides, et sceptibles de rendre un son très distinct lorsqu'on les •oisse ; aussi les mâles des Acridites (Criquets) se contentent-ils de frotter simplement leurs cuisses- postérieures sur les nervures de leurs élytres, pour produire CCS stridulations qui constituent la chanson qu'ils font entendre pour appeler leurs femelles.

Mais pour lés Grilloniens et les Locustaires (Grillons, Sauterelles) c'est un véritable violon qu'ils portent sur leur dos. Leurs élytres laissent voir près de leur base un

certain espace, ordinairement de forme triangulaire, qui paraît comme évidé, parce que la men)bi'ane qui le forme est parfaitement transparente, et qui est divisé en plusieurs alvéoles par des nervures rugueuses. Les éljtres en se frottant l'une sur l'autre produisent donc par le frottement des nervures, des vibrations dans la membrane des alvéoles, qui se traduisent par ces sons stridulants dont se compose leur chanson. Qu'on s'imagine un tambour de basque dont la peau fortement tendue, serait divisée en plusieurs compartiments par des cordes noueuses, sur lesquelles on promènerait une lame sonore ; on '* aura une idée assez exacte de l'instrument sonore de ces insectes. D'ailleurs si l'on veut encore plus exactement se rendre compte de la manière d'opérer de cet instrument, on n'a qu'à saisir un de ces insectes, et faire jouer les élytres l'une sur l'autre, on produira des sons d'autant plus forts que le frottement que l'on exercera sera plus intense et plus rapide.

L'organe sonore des Cigales est un peu plus compliqué, bien qu'il repose à peu -près sur le même principe. Ici, c'est encore une membrane mince, réticulée, qui est mise en vibration, mais non pas par un simple frottement, comme dans les Orthoptères, mais par sa traction à l'in- • térieur au moyen d'un muscle partie ilier, et son retour à l'extérieur en vertu de son élasticité. Cet appareil est situé à la base de l'abdomen, à sa face inférieure, et se trouve caché par ces deux grandes écailles que forme dans ces insectes, le prolongement du métathorax sur la base de l'abdomen. Cet instrument, de même que chez les Orthoptères, ne se rencontre que chez les mâles.

Celui qui le premier n'a pas craint d'e'noncer que l'honinie n'était qu'un singe perfectionné, n'a certainement avancé là qu'une monstrueuse absurdité, aussi répugnante à la raison que contraire à révélation. D'un autre côté, sans admettre cette zoolatrie des Egyptiens, qni fait qu'on a- pu dire :

En Egypte, jadis toute bête 6t:ut Dieu, Tant l'homme, au contraire, était bête,

nous ne pouvons disconvenir que l'insecte, comme la plupart des autres animaux, partage, jusqu'à un certain degré, quelques unes des facultés de l'homme ; et que nos frères inférieurs, comme les appelait St. François d'As^ sise, nous ont précédés sur la terre, et ont été nos maîtres dans l'art d'assujétir la nature à nos besoins.

Tous les actes des êtres capables de mouvements volontaires, sont commandés par deux puissances, l'instinct et l'intelligence.

L'instinct est cette force aveugle, ce penchant inné, irrésistible, qui antérieurement à toute expérience, porte tout être organisé à exécuter certains actes, sans qu'il puisse en apprécier les conséquences.

Par l'intelligence^ au contraire, les actes de l'être organisé ne sont que le résultat d'une volonté librement déterminée, et sujette à être changée ou modifiée par l'expérience, ou suivant les conséquences que la réflexion lui permet de prévoir nécessairement en résulter.

On a cru pouvoir remarquer que ces deux puissances étaient toujours en raison inverse l'une de l'autre ; c'est-

à-dire que l'une dtait d'autant plus proéminente que l'autre l'était moins. Ainsi dans l'homme, où l'intelligence se manifeste à son plus haut degré, Tinstinet ne se montre que faiblement; tandis que chez certains animaux, comme les Fourmis, les Abeilles, où l'instinet est si développé, l'intelligence n'est que très [ eu apparente.

Sans doute que les facultés qui sont l'apanage particulier de l'homme, le placent à une distance immense des animaux ; seul, il jouit d'une liberté illimitée qui assuiettit l'instinct, suivant qu'il le désire; seul, il est capable des abstractions et des généralisations où ne peut parvenir l'instinct. Cependant, sans fermer les yeux à Tévidence, oh ne jreut s'empêcher de reconnaître que l'animal, sans prétendre à la raison, n'ait reçu une lueur de ces éminentes qualités qui distinguent l'homme. Et pour ce qui est des insectes, dont nous nous occupons spécialement ici, on ne peut leur refuser la mémoire, la comparaison jusciu'à un certain degré etc. L'abeille sait retrouver sa ruche au milieu de centaines d'autres qui l'avoisincnt ; on a vu des Nécrophores se réunir pour entraîner dans le trou que l'un d'eux venait de creuser, le cadavre d'une souris, qu'il aurait été incapable d'y trainer seul ! On peut donc affirmer avec raison que l'insecte n'est pas dépourvu de toute intelligence.

Si l'instinct dans l'homme semble disparaître pour ne donner tous ses actes que comme la conséquence d'une volonté réfléchie, cet instinct existe cependant. L'enfant qui dès sa naissan:e s'attache au sein maternel, certains mouvements par lesquels nous témoignons la crainte d'un danger qui nous menace, notre joie, notre douleur, notre répugnance, etc., sont autant d'actes dûs à l'instinct.

D'un autre côté, ce qui est l'accessoire chez l'homme, devient chez l'animal la partie principale; et l'instinct domine tellement l'intelligence qu'il lui laisse à peine une petite place ; cependant cette place s'y trouve réellement. La jeune abeille qui vient d'éclore en sait autant que la plus âgée sur la manière de recueillir le pollen et le miel, sur les fleurs sur lesquelles elle doit aller les chercher,sur lo travail à exécuter d;ins la construction des alvéoles, etc. Certains faits démontrent cependant que leur accomplissement ne peut être que l'effet d'une comparaison, d'une combinaison d'idées. Lorsque les abeilles, en ajoutant des alvéoles aux alvéoles, sont parvenues à la moitié, à peu près, de la construction de leur c;ateau, elles lui rongent la base pour lui en donner une autre bien plus forte, afin que son propre poids ne le détache pas du fond de la ruche. Et de plus, elles commencent par ronger un côté des alvéoles en les remplaç mt par des nouvelles, avant d'attaquer l'autre côté ; prévoyant sans doute qu'en rongeant les deux côtés à la fois, elles entraîneraient nOccssairement la chute du rayon. Les abeilles en agissant ainsi, ne le font donc qu'après réflexion, qu'après comparaison. Les insectes ont donc véritablement des idées, et peuvent en tirer quelques conséquences prochaines. Cependant, disons de suite que les actes les plus étonnants en ce genre, sont encore bien au dessous de ceux de l'homme même le plus médiocre, et ne connaissent pas de degrés de perfectionnement. Si certains faits isolés semblent porter à croire que les animaux peuvent quelquefois acquérir de l'expérience, il n'en est pas moins vrai que ce ne sont là que de nouvelles applications de l'instinct, amenées par quelques circonstances

particulières, et qu'en thèse générale, on peut soutenir que l'animal par lui-même n'est pas un être perfectible. Du temps de Pline, les Fourmis construisaient leuis galeries souterraines, les Abeilles leurs alvéoles, les Guêpes leurs nids de carton etc., de la même manière qu'elles le font aujourd'hui ; l'expérience des siècles n'a pu rien ajouter à leur habileté.

Tous les actes des insectes se rangent dans deux grandes catégories savoir : ceux relatifs à la conservation de l'individu, et ceux se rapportant à la conservation de l'espèce. Nous passerons rapidement en revue quelques uns de ces actes, où des preuves d'intelligence, ou du moins d'instinct raisonné jusqu'à un certain point, semblent se montrer avec plus d'évidence.

C'est particulièrement dans les actes qui ont pour but de pourvoir à Itur nourriture, à leur défense, ou à leur abri, que les insectes font preuve d'intelligence , et en cela, les larves en général semblent bien supérieures aux insectes parfaits.

Les larves des Cicindèles se creusent des Fig. 18. trous dans le sol, et s'enfoncent dans ces trous, de manière à en fermerl'ouverture avec leur tête aplatie, écailleuse, qui forme une espèce de trappe, Fig. 19. Une fourmi, une mouche vient elle à passer là, que la trappe s'abat aussitôt, et l'insecte est pincé par les deux fortes mandibules qui se relèvent audessus de la tête.

Fig. 18. — Cicîndeïa vulgaris.

Fig. 19. — Larve de Cicindele.

Avez-vous jamais va des doodies, nous demandaient deux négrillons qui nous apportaient souvent des insectes, lorsque nous étions en Géorgie, en Mai dernier ? — Nous ne savons ce que vous voulez dire. — Venez avec nous, et nous vous en montrerons. Puis nous conduisant au pied d'un arbre, dans la rue même, ils nous montrèrent plusieurs troas en entonnoir, creusés dans le sable; au fond de chacun, se tenait ta[ ic une larve, à abdomen renflé en bourse, les mandibules ouvertes, prêtes à saisir la malheureuse Fourmi que les grains roulants du sable amèneraient au fond de ce trou. C'était la larve d'un Myrmeléon, Mynndeo inimaculatus, dont nous avions lu vingt fois la description dans les auteurs, mais que nous rencontrions pour la première fois.

Que de fois nous avons résisté aux ardeurs d'un Soleil brûlant, en Géorgie, pour suivre le travail de Scarabées bousiers, occupés à transporter des boules de fumier dans des endroits où le sol moins durci, pouvait leur permettre d'y creuser des trous pour les y enfoncer, afin d'y déposer leurs œufs. C'était ou des Canthon lœvis avec leur couleur noire-verdâtre, ou des Phœneus canii/ex avec leurs brillantes couleurs métalliques, rouge et or. Toujours ils étaient deux après la même boule ; une seule fois, nous en avons vu trois. Or, voici comment ils procédaient. La balle, dégagée de la bouse dans laquelle elle avait été taillée, parfaitement arrondie, était roulée, souvent jusqu'à des distances de 12 et 15 pieds de l'endroit où elle avait été prise. Les mottes de deux à trois pouces qu'il fallait escalader, n'étaient rien moins que des montagnes, pour ces travailleurs ; et les brins d'herbe qu'il fallait ou courber, ou tourner, c'étaient

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pour eux des arbres et des arbustes. L'un des deux, en avant de la balle, marchant à reculons, l'attirait a lui en la faisant rouler avec ses pattes antérieures, tandis que son compagnon placé de l'autre côté, et marchant aussi à reculons, la poussait avec ses pieds de derrière, dans la même direction, en appuyant ses pattes antérieures en arcs-boutants sur le sol. Un ^nn d herbe un peu raide se rencontrait-il sur le passage ? il tallait aussitôt un redoublement d'eiForts pour vaincre l'obstacle ; alors pendant que celui d'arrière s'employait en arcboutant pour empêcher la balle de revenir sur lui, celui d'avant se suspendait à la balle même, pour lui faire continuer son mouvement de rotation, jusqu'à ce que 1 obstacle fût franchi.

Bien des fois, une montagne de 2 à 3 pouces d'élévation, était sur le point, après beaucoup d'efforts d être franchie, la balle touchant presque au sommet, lorsque \ par une manœuvre mal calculJe, ou un obstacle nnprevu, prenant une direction oblique, elle roulait dans la vallée que l'on venait de traverser. Nos deux travailleurs aussitôt à la manière du chien de chasse flairant les. pintes du' -ibier, d'aller explorer les lieux avoisinants, et de venir reprendre le travail du roulage dans une direction détournée, qui paraissait leur offrir moins de difficultés.

Nous étions un jour, à nous reposer dans une course lé coude appuyé sur le sol, dans un endroit couvert d'herbej lorsque nous aperçûmes des Fourmis occupées à transporter dans leur terrier différentes proies dont elles fon( leur nourriture. Nous suivons leur marche ; et tout au| près nous trouvons le monticule qui s'élevait au dessuj de leur demeure. L'une arrive à l'une des issues corj

IXSTIXCT ET INTELLIGENCE DES INSECTES. JOl

duisant à l'intérieur, avec le cadavre d'une mouche

qu'elle tient en travers, dans ses mandibules. Mais le

corps est trop long pour l'ouverture ; en vain elle le presse

de la tête, elle no peut venir à bout de le faire pénétrer dans le conduit. Changeant alors de tactique, elle se

retourne, et s'engage elle-même dans le passage en mar.

chant à reculons, tenant toujours son fardeau, dans ses

mandibules; mais la traction est encore impuissante pour

vaincre la résistance ; survient alors une aide, qui, ap.

puyant le front sur l'obstacle, le pousse de toutes ses

forces, pendant que l'autre dans l'intérieur l'attire à elle ;

la résistance est enfin vaincue, le cadavre se replie un peu

et disparait dans le trou.

Les Buprestes, les Trox, lesPtines et une foule d'autres insectes se replient les pattes et les antennes près du corps, et simulent la mort, du moment qu'ils sont touchés, pour ne reprendre leurs mouvements que lorsqu'ils croient le danger passé ; les Chrysis se roulent en boule, pour la même fin ; grand nombre de chenilles se laissent choir sur le sol, au moyen d'un fil, du moment que la branche où elles se trouvent vient à être ébralée par quelque choc inusité, etc., etc.

Mais quelque étonnants que soient ces faits, de même qu'une foule d'autres que nous pourrions citer, c'est surtout dans les mesures que prend l'insecte pour la propagation de l'espèce, que brille surtout son intelligence^ Autant la nature semble se montrer peu soudeuse de la conservation de l'individu, autant elle paraît prévoyante pour la conservation de l'espèce.

Le sentiment de la maternité existe-t-il réellement chez l'insecte ?

A cette question nous répondons : non, si nous rattcichons ce sentiment aux soins que la mère prodigue d'ordinaire à son petit ; car, à une couple d'exceptions près, la mère, chez l'insecte, est inconsciente de ce? soins; d'ailleurs on peut donner comme règle générale que chez eux la maternité entraine la perte de la vie. Toutes ces recherches, ce travail, ces précautions, que déploie la mère pour la protection et les futurs besoins de sa progéniture, sont pour des êtres qu'elle ne verra pas, qu'elle ne pourra voir; la mort l'ayant déjà moissonnée lorsque ceux-ci verront le jour.

Mais, si nous rapportons le sentiment maternel à ce dévouement qui porte la femelle à n'épargner ni soins, ni

peines, pas même sa vie, pour conserver l'existence au petit qui doit venir d'elle, on peut dire alors que chez l'insecte, ce sentiment est plus développé que chez tous les autres ordres d'animaux supérieurs, puisque chez eux

la maternité entraîne la mort de la mère, et que, règle générale sans aucune exception, à la femelle seule incombe la tâche de pourvoir à la conservation de la progéniture, le mâle en étant toujours exempt.

Chez un grand nombre d'insectes, la femelle semble ne prendre d'autres soins que de déposer ses œufs dans un endroit où la jeune larve trouvera de suite la nourriture qui lui convient ; mais chez un grand nombre d'autres aussi, le choix de ce lieu, ou la manière dont les œufs sont disposés, dénote l'instinct qui a porté la femelle à agir d'une manière plutôt que d'une autre. Les Piérides, (voir page 65), qui pondent de 40 à 60 œufs, ne les mettent pas tous sur la même feuille, parce que leurs larves qui sont peu propres à la marche, l'auraient bientôt

dîivori^e et périraient ensuite'de faim ; tandis que les CUsio^ camj)o, Fig. 20, déposent les leurs en une espèce d'anneau autour d'une branche, parce que leurs larves peuvent fort bien aller chercher leur nourriture à distance, Fig. 15, page 70. L'Œstre du cheval, Gastrus eqiii, dont la larve vit dans les intestins de cet animal, dépose ses œufs sur les crins des parties antérieures où l'animal pourra les recueillir avec sa langue en se léchant. Les Saperdes, dont les larves vivent dans les troncs d'arbres, déposent leurs œufs près du sol, où l'écorce bien plus tendre permettra plus facilement à la larve de se frayer un chemin à l'intérieur.

La Pyrale de la pomme, (7ar/3ocofp«aj:>omo?ic?/a,Fig. 17, g, page 74, dépose son œuf à l'œil du fruit, h, lorsqu'il est encore jeune ; la larve pénètre de suite à l'intérieur, et le

trou de son entrée ne tarde pas à s'oblitérer. Elle continue à croître là en vivant des parois de sa demeure même, et lorsque le temps de sa transformation est arrivé, elle se fraye une issue à l'extérieur comme on le voit en a et en o, pour se laisser choir sur le sol où elle subit sa métamorphose.

Fig. 20. — La Clisiocampa aylvatica, Qarris; o, l'insecte parfait^ femelle; h, la larve.

Les Tchneunions déposent leurs œufs dans le corps des chenilles, et les larves une fois écloses, se nourissent de la

substance même de la chenille, se contentant toutefois de se repaître du tissu graisseux, sans attaquer les organes essentiels à la vie.

Nous remarquâmes, un jour, un rosier dans notre jar* din, dont presque toutes les feuilles étaient déchiquetées, comme si on leur eut pris des morceaux à l'eraporte-pièce. Pensant que ce pouvait être là le travail de quelque insecte, nous le surveillâmes de plus près, et nous ne tardâmes pas à voir l'ouvrière à l'œuvre C'était une espèce de Guêpe, la Jfegachile mdanopliaca ; elle taillait dans la feuille des pièces à peu près ovales, qu'elle emportait aussitôt en prenant son vol. Nous remarquâmes que quelquefois elle laissait là une pièce à moitié taillée, pour en commencer une autre sur une autre feuille, comme si elle se fut trompée dans sa mesure ; et de fait nous pûmes nous convaincre que toutes ces pièces ainsi abandonnées présentaient une certaine dififérence dans la forme et les dimensions avec celles que nous trouvâmes quelques jours après, dans le nid de l'un de ces insectes, creusé à quelques arpents de notre jardin, dans une butte sablonneuse» Ces insectes creusent des trous de plusieurs pouces dans le sol et les tapissent à Tintérieur de feuilles roulées en spirale ; ils transportent dans ces étuis des boules de pollen dans lesquelles ils déposent leurs œufs, et ferment le tout avec d'autres morceaux de feuilles.

Les Pompiles, les Philanthes, les Bcmbex, etc, dont les larves se nourrissent de proies vivantes, en agissent un peu dififéremment. Les femelles déposent dans les trous qu'elles ont creusés dès Araignées, des mouches, des che-

nilles, etc., qu'elles ont paralysés sans les faire mourir, au moyen de l'aiguillon dont elles sont pourvues. Les jeunes larves à leur éclosion, se trouvent avoir de suite à leur portée des proies qu'autrement il leur serait impossible d'atteindre.

Etant à Maçon, Géorgie, en Mai dernier, nous remarquâmes un jour, jin Bourdon, qui s'enfonçait dans un trou percé dans une planche formant la couverture d'un puits qui se trouvait dans le jardin. Le lendemain voyant encore ce Bourdon — nous croyions que c'en était un — s'enfoncer dans le même trou, nous observâmes qu'il en renvoyait une certaine moulée à l'extérieur ; nous recon" nûmes de suite que ce devait être là un Xylocope, un

rig.2i.

Carpenter Bee, comme les appellent lesAméricains. C'était en efifet le Xylocopa melanocapra^ Fig. 21. î^ous suivîmes le travail de l'insecte pendant 5 à 6 jours, lorsque mesurant avec une paille la profondeur du trou, nous reconnûmes qu'il arrivait bientôt plein, et pour nous assurer un échantillon pour notre musée, nous saisîmes cette femelle

Fio. 21. — Xylocopa melanocapra, de grandeur naturelle.

dans notre filet. Ces insectes creusent ainsi des trous dans le bois pour y déposer leurs œufs dans des boules de pollen qu'ils y apportent. Ayant trouvé un autre de ces trous, quelques jours après, creusé verticalement dans une planche posée en travers au-dessus d'une porte de hangar, nous dégageâmes la planche pour l'examiner plus particulièrement. Ce trou, d'à peu près h fouce de diamètre, mesurait 8 pcs. de profondeur, et cela dans une planche de Pin résineux qui, sèche, était devenue aussi dure que du Chêne. Mais chose singulière ; l'insecte, à peu près au milieu de son travail, avait rencontré un clou, faisant alors faire une courbe à sa galerie, il avait continué sa route en demeurant toujours dans l'épaisseur de la planche qui était d'environ IJ- pouce. Le trou était en partie rempli par des boules de pâtée séparées les unes des autres par de la moulée.

C'est surtout chez les insectes vivant en société, comme les Fourmis, les Abeilles, les Termites, etc., que l'instinct et l'intelligence se montrent à leur plus haut degré. Il nous serait facile d'en citer ici une foule d'exemples, mais comme ce sont des faits pour la plupart connus de tout le monde, nous bornerons ici nos remarques à ce sujet.

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