‹ Petite flore latineChapitre 12 sur 254 · AD HOMINEM · texte numérisé non relu

AD HOMINEM

(Contre la personne.)

Dans l'argument personnel, ou ad hominem, l'orateur emprunte àPadversaire des armes pour le combattre; il le confond en lui opposant ses propres paroles ou ses propres actes. Dans les assemblées politiques de tous les pays, il n'est pas rare de voir un homme changer d'opinion; ses adversaires, pour combattre ses paroles du jour, lui rappellent son langage d'autrefois, l'opposent ainsi à lui-même, et le battent par un argument personnel, ad hominem.

Voici un exemple célèbre d'argument ad hominem : Cicéron plaidait la cause de Ligarius, accusé par Tubéron de s'être battu contre César en Afrique. « Mais, je le demande, s'écrie Cicéron, qui donc fait un crime à Ligarius d'avoir été en Afrique? C'est un homme qui luimême a voulu aller en Afrique, un homme qui a combattu contre César lui-même. En effet, Tubéron, que faisiez-vous, le fer à la main, dans les champs de Pharsale ? quel sang vouliez-vous répandre ? dans quel flanc vos armes voulaient-elles se plonger? contre qui s'emportait l'ardeur de votre courage? Vos mains, vos yeux, quel ennemi poursuivaient-ils? Que désiriez-vous ? que souhaitiez-vous? » Plutarque rapporte qu'à ces mots. César laissa tomber en frémissant les papiers qull tenait à la main, et qui renfermaient l'acte de condamnation : l'éloquence avait triomphé, grâce à l'heureux emploi de l'argument ad hominem.

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