OS HABENT, ET NON LOQUENTUR
( Ils out une bouche et ne parlent pas.)
Paroles tirées du psaume : In exitu Israël de Mgygio : « Les idoles des nations ne sont que de l'or et de l'argent, ouvrage de la main des hommes. Elles ont une bouche et ne parlent point.,. »
OS IIOMINI SUBLIAIE DEDIT.
(Il a donné à l'homme un visage élevé — vers le ciel.)
Ovide racontant le? merveilles de la création, arrive à l'homme. «A lui seul, dit le poète, Dieu a donné un visage qui s'élève vers les cieux, tandis que toutes les autres créatures inclinent la tète vers la terre. »
OS MAGNA SONATURUM.
(Bouche à la parole retentissante — éloquence suLlime.)
« Celiii qui a le génie , dit Horace, l'inspiration divine, l'éloquence suWime, celui-là mérite le noba de poète. »
Dans un passage célèbre de VÉnéide, Virgile a tracé une énergique peinture des fureurs de la Sibylle, luttant contre l'inspiration prophétique et contre le Dieu qui l'obsède. J.-B. Rousseau a heureusement imité Virgile dans une de ses odes :
Ou tel (jue d'Apollon le ministre terrible Impatient du dieu dont le souffle invincible
Agite tous ses sens, Le regard furieux, la tête échevelée.
Du temple fait mugir la demeure ébranlée
Par ses cris impuissants ;
Tel au5 premiers accès d'une sainte manie, Mon esprit alarmé redoute du génie
L'assaut victorieiu; Il s'étonne, il combat l'ardeur qui le possède. Et voudrait secouer du démon qui l'obsède
Le joug impérieux.
Mais sitôt que, cédant à la fureur divine, Il reconnaît enfin du dieu qui le domine
Les souveraines lois; Alors, tout pénétré de sa vertu suprême, Ce n'est plus un mortel, c'est ApoUon-lui-mème
Qui parle par ma voix.
La Harpe n'hésite pas à placer cette ode du lyrique français andessus de toutes les autres; on y trouve l'os mogna sonaUirum, qui, seuL selon le lyrique latin, annonce le poète.
APPLICATION
Lans les jphrases suivantes, VéUve remplacera chaque tiret 'par l'une d£$ locutions latines expliquées ci-dessus.
C'est surtout dans l'enseignement qu'il faut se souvenir du précepte d'Horace, et savoir rendre attrayantes des matières arides par elles-mêmes : — .
L'exagération a un attrait tellement séduisant qu'il est peu de personnes qui refusent de se prêter aux élans de l'invention, et qui puissent s'empêcher d'ajouter quelques broderies aux faits les plus précis : — .
FLORE LATINE. ïiO
Parmi les langues modernes, le français est la forme la plus nette qu'ait revêtue le verbe humain. C'est une langue telle que les anciens la rêvaient pour les dieux, qui parlaient sans grimace,
Les matelots et les pêcheurs se distinguent des autres liommes par k manière dont ils portent la tête haute en marchant. C'est pour eux, on le dirait du moins, qu'a été fait le vers du poète : — ...
Rollin comparait les ouvrages utiles aux arbres qui portent des fruits, et les ouvrages de pure imagination aux fleurs qui croissent et meurent si vite. La perfection consiste à joindre les fleurs aux fruits : — .
C"est le propre de l'esprit humain d'exagérer^ et c'est en ce sens qu'il est dit dans les psaumes : — .
Les Grecs, à qui la Muse avait donné de parler — , formèrent une langue harmonieuse dont toutes les syllabes pouvaient, par leur longueur ou leur brièveté, exprimer tous les sentiments calmes ou impétueux de l'âme.
On n'a jamais pensé à dire des femmes : — . C'est le sentiment de La Fontaine, qui connaissait « bon nombre d'hommes qui sont femmes. »
Les sciences, les arts, les connaissances administratives ou industrielles, voilà les véritables richesses, moins périssables que les autres, les seules qui permettent à l'homme de dire avec une juste confiance dans sa valeur : — .
Des milliers d'hommes ont été sacrifiés par les grands conquérants à l'établissem.ent de vastes empires, qui survivaient à peine de quelques années à leurs fondateurs : — !
En France, depuis quelques années, on déserte les campagnes au profit des villes, et nos paysans seraient bien étonnés si quelqu'un allait leur dire : « — ?»
Dans la prose française, dans les Martyrs de Chateaubriand, par exemple, on trouve le grandiose, îe sublime, V — du poète.
Un pharmacien homéopathe peut dire, grâce au peu de place que tiennent les globules : —, je porte dans mon gousset toute une pharmacie, mais une pharmacie à guérir une armée de 600,000 soldats, qui seraient tous à l'hôpital.
ioO FLORE LATINE.
Parmi les nomÎ3reiise3 preuves que l'on a données de rexislence de Dieu, la plus évidente est celle que l'on tire du consentement unanime des peuples. En tous lieux, en tous temps, — , l'Être suprême a été adoré.
Bien souvent on entend les habitants des villes soupirer après le calme des champs : — ! s'écrient-ils, et ils ne sont pas plus tôt à la campagne qu'ils regrettent la ville.
Quand Bossuet se faisait entendre du haut de la chaire de vérité, on voyait rayonner sur son visage une sorte d'ardeur surhumaine qui rappelait à tous 1' — , l'orateur sublime animé par une inspiration divine.
Le chanteur qui veut monter jusqu'à des notes impossibles reste en route et la bouche ouverte, il ressemble aux idoles dont parle le Psalmiste : — .
Jésus-Christ est venu dans le monde pour que chaque jour il y ait un plus grand nombre d'honnnes qui deviennent dignes du nom d'hommes, pour que chaque jour plus de regards s'élèvent vers ie ciel ; car telle est notre destinée : — .
La religion est, — , indispensable à l'existence des sociétés.
La révolution d'Angleterre força la reine à se réfugier en France, et l'on vit celle qui s'était assise sur le trône à côté de Charles I®"^, souffrir les privations de la plus obscure misère — .
LEÇON XXXîI.
O TE3fP0RA! O mores!
(O temps! ô mœiirs!)
A propos de Catilina, Cicéron s'élève éner.dquement contre la complicité morale de la société de son temps , qui permettait d'oser les plus énormes attentats. « Dans quel siècle vivons-nous ! s'écrie l'orateur, 0 tempora ! o mores ! »