PRO DO 310 SUA
Pour sa maison.)
C'est le titre d'une des harangues de Cicéron. Un patricien nommé Glodius, ayant vu Cicéron déposer contre lui dans une affaire criminelle, jura de se venger. 11 se fit élire tribun du peuple, et proposa aussitôt une loi contre ceux cpii avaient fait mettre à mort des citoyens romains sans jugement préalable. C'était un coup poïté à Cicéron, qui venait de mériter le nom de Fére de la Patrie en frappant Catilina. Soutenu par le sénat et par l'ordre équestre, Cicéron aurait pu lutter; il préféra céder à l'orage et se retira de Rome. Non content de l'avoir fait exiler, Clodius s'était jeté sur sa maison du mont Palatin, y avait fait mettre le feu, s'était approprié la plus grande partie du terrain, et avait fait bâtir sur le reste im temple et une statue de la Liberté. Rappelé par les suffrages publics, Cicéron rentra à Rome après une absence de dix-sept mois ; son retour fut un "VTai triomphe. Jaloux de recouvrer au moins l'emplacement de sa maison, il plaida devant le tribunal des pontifes, et défendit sa propre cause avec autant de succès qu'il avait si souvent défendu celle des autres.
i-62 , FLORE LATINE.
TROU ruDon!
(0 boute!)
Exclamation qui sert à manifester un sentiment de profond étonnement, de vive indignation, niais qui, dans une phrase française, ne s'emploie guère que sur le ton de la plaisanterie.
APPLICATION
Dans les phrases ndvantes, Vélcve reiii'placera cha([ue tiret 'par l'une des locutions latines expliq^iiées ci-dessus.
Souvent après qu'une comète a paru dans le ciel, il arrive quelqu'un de ces accidents auxquels les hommes sont exposés : comme la peste, la famine... La comète n'a aucune li'àison physique avec l'événement; cependant le peuple en attribue la cause à la comète :
L'intérêt personnel fait des miracles : on a vu des hommes refuser le secours d'un avocat, plaider eux-mêmes, — , et sortir vainqueurs de la lutte après une plaidoirie qui étonnait les juges tt les assistants.
Le président d'une république, rentrant dans la vie privée après l'expiration de son mandat, n'est guère que — , malgré les privilèges attachés à sa dignité.
L'égoïste se donne facilement la préférence; il se croit en droit de commencer par lui-mêm.e, — , et il s'adjuge sans scrupule la meilleure part.
La femme chrétienne, même pour prévenir une mort douloureuse, ne pousserait pas son époux au suicide et ne lui tendrait pas le poignard en lui disant : — .
La plus admirable de toutes les campagnes de l'Empire, c'est celle que l'on a appelée campagne de France. Là nos pères combattaient — .
Il y a des hommes qui sacrifient leurs intérêts à ceux de l'humanité souffrante; ils thésaurisent pour l'éternité. D'autres prennent pour devise — , moi, toujours moi, et ils amassent des millions pour le présent.
Le vaudeville se termine d'ordinaire par un couplet dans lequel l'acteur principal demande au public des applaudissements et des bravos; cet usage remonte à l'antiquité^ c'est le — des Romains.
Ceux qui . pour tromper leur ennui ou chasser le spleen , courent de contrée tu conlrée, sont déyus dans leur attente : — .
Malgré l'opinion générale, la lune rousse n'exerce aucune maligne influence sur les jeunes pousses d'avril ; mais connue le rayonnement et la gelée qui en résulte ne peuvent scientifiquement se produire si elle ne brille de tout son éclat, on ci accuse la lune rousse et l'on dit : — .
Un envoyé se présente de la part des Gibelins, porteur de paroles de conciliation. Assez de guerre comme cela! Pour cimenter la paiXj il demande la main de Juliette pour Roméo. 11 va sans dire que cette proposition est repoussée. Un Guelfe s'unir avec un Gibelin ! — ! L'envoyé se relire avec des menaces, le poing sur la garde de son épée, comme il convient à sa dignité.
Les jours de représentation gratuite, les premiers entrés occupent les meilleures plLicos et les gardent; personne n'ayant payé, il n'y a d'autre distiiiclion que celle qui est due — .
Il y a des souvenirs que l'on ne peut fuir; ils nous assiègent îa nuit aussi bien que le jour; au milieu des fêtes et des festins ils nous poursuivent encore : — .
Le courage militaire a besoin de témoins : demandez à un soldat d'accomplir un acte de dévoùment que personne ne connaîtra; vous pouvez être sûr que son ardeur se cahnera; il veut bien mourir, mais d'une mort qui dise à tous : — !
C'est surtout lorsqu'il est luiniême son client, lorsqu'il plaide — , que l'avocat doit avoir de l'éloquence.
Dans les gymnases ou lycées d'Allemagne, il règne une certaine égalité entre les professeurs et le chef de l'étabUssement, ea sorte que ce dernier n'est guère que — .
C'est l'honneur de la Roumanie d'avoir gardé son christianisme sous le poids des tempêtes qu'elle a subies. Depuis la première invasion des hordes barbares, que de fois ses vertes vallées ont été
arrosées de san^! que de fois la pauvre contrée , ouverte à l'invasion, a dû combattre — .
Le jour où un homme a ensemencé un champ pour la première fois, il a dit : Ce champ est à moi ! Telle est l'origine de la propriété : — .
Le jeune homme doit se défier de ces prélenJus amis qui cherchent à l'entraîner dans le désordre et qui, pour l'étourdir sur les suites funestes du vice, prêchent d'exemple et lui disent : — ,
LEÇON xxxy.
PULCHRE, BENE, RECTE!
(Bien, très-bien, parfait!)
Horace conseille aux auteurs de se défier d'un critique trop hienveiliant, qui ne fait entendre que des exclamations louangeuses. Boileau a dit :
Un flatteur aussitôt cherche à se récrier; Chaque vers qu'il entend le fait extasier; Tout est charmant, divin; aucun mot ne le blesse; Il trépigne de joie, il pleure de tendresse.
PITNICA FI DE S.
(Foi punique.)
C'est-à-dire foi équivoque, mauvaise foi. perfidie; telle était, chez les Romains, la réputation des Carthaginois. Mais les Romains étaient à la fois juges et partie, et la perfide Carthage ressemble beaucoup à la perfAe Albion. Peut-étrC; le mot de foi romaine avait-il chez les Carthaginois le même sens que celui de foi imnique chez leurs ennemis. Mais les Carthaginois n'ont pas eu le bonheur d'avoir un Tite-Live. « Ce ne fut que la victoire, dit ^Montesquieu, qui décida s'il fallait dire la foi romaine ou la foi punique. » Ah ! si mes confrères savaient peindre, s'écrie le lion de la fable en voyant le tableau qui représente un des siens terrassé par l'homme !
FLORE LATIME. 165
QUyERENS QUEM DEVORET.
(Cherchant quelqu'un à dévorer.)
Expression de saint Pierre pour caractériser le démon:
« Tenez -vous sur vos gardes, car le démon, votre ennemi, tourne
autour de vous comme un lion rugissant, cherchant quelqu'un à
dévorer. »
QVJE SUNT CiESARIS, CiESARI.
(Il faut rendre — à César ce qui est de César.)
Paroles tirées de l'Évangile selon saint Matthieu.
« Les Hérodiens demandèrent à Jésus s'il fallait payer le tribut à César; Jésus leur dit : — JMontrez-moi la pièce qu'on donne pour le tribut. Ils lui présentèrent un denier. — De qui est cette image? — De César. — Rendez donc à César ce qui est de César et à Dieu ce qui est de Dieu. »
QUALIS AB INCEPTO.
(Tel qu'au début.)
« Que vos personnages, dit Horace, conservent jusqu'au bout le même caractère, et qu'au dénoùment ils soient tels qv'au début. »
Servetnr ad imum Qualis ab incepto processerit, et sibi coustet.
Le principal intérêt du Misanthrope, dit M\ Géruzez, est dans le développement, la vérité, le contraste et les nuances des caractères. La misanthropie d'Alceste est relevée par l'indulgence de Philinte, et la coquetterie de Célimène par la sincérité d'Eliaiite Acaste et Clitandre n'ont pas le même genre de fatuité, et Oronte ajoute aux travers généraux de l'homme de cour la manie des petits vers, qui surexcite la vanité. Arsinpé, par désespoir de coquetterie, s'est retran chée dans la pruderie, qui est une curieuse variété de l'hypocrisie. Tous ces personnages agissent et parlent selon leur nature^ sans se démentir, selon le précepte d'Horace,