‹ Petite flore latineChapitre 177 sur 254 · QUO NON ASCENDAM · texte numérisé non relu

QUO NON ASCENDAM

(Où ne monterai-je pas?

Devise de Fouquet, placée au-dessous d'un écureuil. Cette devise choqua vivement l'orgueil de Louis XIV, qui pensait qu'il n'était permis qu'à lui-même de dire : Quo non ascendam'?

QUORUM PARS MAGNA FUf-

(Oùje n'ai eu que trop de part.)

Énée commence le récit de la dernière nuit de Troie : « Tristes événements, dit-il, où je n'ai eu que trop de part. »

Al'PLICATION.

Dans ks phrases suioanUs, Vélèvc rem.'placera chaque tiret par Vune des locutions latines expliquées ci-dessus.

Si une comète venait à rencontrer la terré, — , il est impossible de calculer quels seraient les résultats d'un pareil choc.

La Providence se joue des vains projets des hommes, et souvent elle leur fait expier par des humiliations éclatantes l'orgueil de cette question audacieuse : — .

Un profond politique a dit : « La parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée. » A cette spirituelle paraphrase du — , combien n'est pas préférable cette autre maxime : La conduite la plus honnête est toujours la plus habile ?

Un chevalier disait à Richard Cœur-de-Lion, qui, malade en Palestine, éprouvait des scrupules à se faire soigner par un célèbre médecin arabe : « Les juifs sont infidèles aussi bien que les musulmans : cependant il y a dans le camp bien peu de médecins qui ne soient juifs, et l'on s'en sert sans scandale et sans crainte. On peut donc également se servir des mahométans : — . »

Les peuples qui ont contracté l'habitude des émotions de la vie publique sont avides d'événements et d'impressions. Démostlîène nous représente les Athéniens se promenant sur la place publique et se demandant des nouvelles de la santé du roi de Macédoine. Au Forum, les Romains ne s'abordaient pas sans se dire : — ?

A Austerlitz , les deux empereurs alliés engagèrent la bataille contre l'avis de tous leurs généraux. On ne pouvait que gagner à un retard ; mais non , il était décidé c[u'on se battrait : — .

Ce qui distingue les hommes de la haute société, c'est un tact exquis, un mélange inimitable de politesse et de dignité : dans les circonstances les plus délicates, ils savent toujours — .

En Russie, des milliers de paysans sont occupés à préparer les chasses impériales et à prendre vivants les bisons, ours, sangliers, loups, renards et taureaux sauvages qui doivent être tués par l'empereur. Mais de tels préparatifs coûtent la vie à un grand nombre de ces malheureux paysans : — .

Il n'est pas un lecteur qui, en prenant un journal, ne se fasse intérieurement cette question : — ? et qui ne repousse la pauvre feuille avec dédain, si elle satisfait mal ce besoin de nouveauté.

Napoléon, dictant le Mémorial de Sainte-Hélène, pouvait dire de tous ces grands événements qu'il raconte : — .

Les mathématiciens ont remis en usage cette formule que les sophistes d'une autre époque plaçaient à la lin de leurs ouvrnges pour se rendre hommage à eux-mêmes : — ; ce qui équivalait pour eux à une démonstration sans répUque.

Les écrivains qui s'abandonnent à leur imagination sans consulter le bon sens et la raison, en arrivent assez vite à exprimer indifféremment toutes les idées, sans se demander — .

Le récit des faits dont l'auteur peut dire : — , perd en impartialité ce qu'il gagne sous le rapport de l'authenticité.

Combien d'ambitieux ont gravé dans leur cœur, sinon sur leur écusson , la présomptueuse devise : — ?

Déchirée par les factions des Bourguignons et des Armagnacs, la France paya cher la démence de Charles YI; on peut dire de cette époque malheureuse : — .

Athalie est tuée dans la coulisse et non sur la scène ; Hippolyte ne meurt que dans le récit de Théramène ; il y a certains spectacles que l'on doit épargner aux spectateurs : — .

Le prince qui parle trop ouvertement de ses projets avant que l'exécution en soit même commencée, s'expose à les voir déjoués ou au moins combattus. C'est dans ce sens seulement qu'on doit comprendre la maxime : — .

LEÇON XXXYII.

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