‹ Petite flore latineChapitre 204 sur 254 · TA>'T^ MOLIS ERAT ROMANAM CONDERE GE>TE3I · texte numérisé non relu

TA>'T^ MOLIS ERAT ROMANAM CONDERE GE>TE3I

(Tant il était difficile de fonder Tempire romain.')

Troie est renversée, la colère de Junon est satisfaite; mais la déesse apprend qu'une race de guerriers, sortie du sang troyen, fondera un jour une ville puissante, que ce peuple roi sera le suprême arbitre du monde ; sa haine endormie se réveille : « elle repoussait loin du Latium les Troyens, jouets des flots, tristes restes de la furem^ des Grecs et de l'impitoyable Achille. Depuis sept ans, poursuivis par le destin, ils erraient sur toutes les mers, tant il était difficile de fonder l'empire romain ! »

' Tantœ molis erat romanam condere gentem !

Ce vers, d'une harmonie et d'une noblesse imposantes, termine admirablement le magnifique tableau de la haine de Junon.

Delille Ta traduit ainsi :

Tant dut coûter de peine

Le long enfantement de la grandeur romaine.

Ces mots se disent de toute entreprise difficile et qui a demandé de longs efforts.

TANTyE NE ANIMIS COELESTIBUS IRiEl

(Tant de ressentiment peut-il entrer dans l'âme des dieux!)

Homère et Virgile nous ont montré les dieux de l'Olympe soumis aux passions qui agitent les siinples mortels. Des dieux impassibles ne sont pas épiques; ils peuvent être imposants, mais non intéressants. Au début de son poème, Virgile ne pouvait manquer de nous montrer Junon gardant contre les Troyens le même courroux, le même ressentiment. Elle n'avait pas oublié le jugement de Paris.

Boileau a imité Virgile dans ce vers du Lutrin : Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des dévots !

TARDE VEMENTIBUS OSSA.

(Ceux qui viennent tard à table ne trouvent plus que des os.)

Ces mots s'emploient au propre et au figuré. Dans ce dernier cas, ils s'appliquent à tous ceux qui, par négligence ou par oubli, manquent une bonne afiaire.

Page 1