TESTIS UNUS, TESTIS NULLUS
(Témoin seul, témoin nul.)
Adage de jurispmdence aui s'emploie pour faire entendre que le témoignage d'un seul ne suffît pas pour établir en justice la vérité d'un fait. Autrefois, on avait en quelque sorte plus d'égard à la quantité des témoins qu'à la qualité : un témoin ne faisait qu'une dem> preuve, deux témoins formaient la preuve entière. Cette législation a bien changé, et depuis Tius'itution du jury, les jurés, qui sont juges de fait, ne doivent pas soccuper du nombre des témoins, mais seulement de ce qu'ils déclarent, ils doivent peser la valeur de ces déclarations, et se demander ensuite si elles ont produit en eux la conviction. Vingt témoins ne suffiront pas quelquefois pour la donner, et, souvent, un seul l'établit.
Au point de vue du témoignage historique, la maxime testis unus, îestis nullus, est toujours rigoureusement applicable.
thalassa! thalassa!
(La mer! la mer!)
Cette exclamation rappelle l'étonnante série de marches militaires qu'on a nommée la retraite des Dix-Mille, et dont Xénophon fut le capitaine et l'historien.
Partis du champ de bataille de Cunaxa, oîi s'était brisée la fortune de Cyrus le Jeunp, les dix mille auxiliaires grecs que ce prince avait pris à sa solde pour combattre son frère, exécutèrent leur retraite en bon ordre, malgré les attaques continuelles des barbares, et après une marche de seize mois à traA'eis les déserts et les montagnes de l'Asie, jIs arrivèrent épuisés au sommet de la montagne de Thechès, d'où ils aperçurent le Pont-Euxin. Jamais naufragés ne poussèrent le cri de terre! avec plus d'ivresse que les Grecs n'en ressentirent à la vue de ces flots qui allaient enfin les conduire dans leur patrie. La vvr! la mer! s'écrièrent-ils eu s'embrassant et en versant des larmes de joie. Il leur fallut cependant combattre encore à travers les montagnes de la Colchide, et ce ne fut qu'après de nouvelles fatigues et de nouveaux dangers qu'ils purent s'enil)arquer pour retourner eu Grèce.