LEÇON XLIII
TIMEO nOIIIVEM UNIUS LIBRI.
(Je crains l'homme d'an seul livre.)
Pensée de saint Thomas d'Aquin.
C esl-à-dire nn homme qiii n'a lu qu'un seul livre, mais qui le possède bien. En effet, il y a toujours plus de vraie science dans celui qui n'a lu qu'un bon livre, mais qui l'a bien lu, que dans celui qui en a lu beaucoup sans se donner le temps de les méditer.
Sénèque compare bigénieusement le lecteur superficiel qui passe incessaiLment d'un hvre à un autre sans en approfondir aucun, à un voyageur qui, étant, pour ainsi dire, partout et nulle part, se fait beaucoup de connaissances et pas nn ami, mulia hosiAtia, nullas umicilm.
Quelquefois on donne à cette phrase un autre sens : Je crains un homme qui a choisi un livre, qui s'en tient à l'opinion, à la manière de voir d'un auteur, et se montre trop exclusif.
TO liE OR NOT TO BE.
(Être ou ne pas être.)
C'est le premier vers du fameux monologue d'Hamlet, un des héros de Shakespeare :
To be or net to be , that is the question.
Être ou ne pas être, cela est la question. Voici la traduction de ce passage par Ducis :
Je ne sais que résoudre... Immobile et troublé... C'est rester trop longtemps de mou doute accablé : C'est trop .souffrir la vie et le poids qui me tne. Eh ! qu'offre donc la mort à mon âme abattue ? Un asile assuré , le plus doux des chemins Qui conduit au repos les malheureux humains. Mourons. Que craindre encor quand on a cessé d'être ? La mort... c'est le sommeil... c'est un réveil peut-être. Peut-être !.., Ah ! c'est ce mot qui glace épouvanté L'homme au bord du cercueil par- le doute arrêté. Devant ce vaste abime, il se jette en arrière, Ressaisit l'existence et s'attache à la terre. Dans nos troirbles pressants , qui peut nous avertir Des secrets de ce monde où tout va s'eugloutir ? Sans l'effroi qu'il inspire , et la terre sacrée Qui défend son passage et siège à son entrée , Combien de malheureux iraient dans le tombeau De leurs longires douleurs déposer le fardeau ! Ah ! que ce port souvent est vu d'un œil d'en-sie Par le faible agité sur les flots de la vie ! Mais il craint dans ses maux , au delà du trépas , . Des maux plus grands encore , et qu'il ne connaît pas. Redoutable, avenir, tu glaces mon courage !