‹ Petite flore latineChapitre 210 sur 254 · TOLLE ET LEGE · texte numérisé non relu

TOLLE ET LEGE

(Prends et lis.)

« Prends et lis; » ces mots décidèrent la conversion de saint Augustin, ainsi qu'il le raconte lui-même dans ses Confessions. Agité par les remords, lié fjar l'habitude, entraîné par la crainte, subjugué par la passion, il veut et ne veut pas. Un jour enfin^ livré aux plus violentes agitations, il avait fui la compagnie de quelques amis fidèles pour aller chercher sous un bosquet de son jardin la solitude et le calme qui manquaient à son cœur; il invoquait, bien que confusément, le secours du ciel; tout à coup il croit entendre sortir comme d'une maison voisine une A^oix qui lui disait : tollé et lege, pi-ends et Us. Surpris, se demandant de quel endroit est partie cette voix, et smiout quelle lecture lui était indiquée, il court retrouver Alype, son ami : un liATe était placé sous ses yeux, c'étaient les épîtres de saint Paul; Augustin l'ouvre au hasard et tombe sur ce passage de l'apôtre: Ne passez pas votre vie dans les festins et les plaisirs de la table... mais revêtez-vnus de votre seigneur Jésus-Christ, et gardez-vous de satisfaire les désirs déréglés de la chair. Augustin n'eut pas besoin d'en lire davantage; un rayon de lumière avait dissipé les ténèbres de son intelligence et embrasé son cœur d'une flamme toute céleste.

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