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un collège, où l'on devait enseigner les arts libéraux\ « dans l'opinion où je suis, dit le fondateur, que l'étude « des belles-lettres est une œuvre bienfaisante, parce « qu'elle chasse l'ignorance, dispose à la sagesse, forme « les mœurs, donne des vertus et favorise ainsi la bonne « administration des affaires publiques. »
Il bâtit donc une maison belle et spacieuse, entourée d'un grand jardin, s'étendant jusqu'au lac. Elle était située près de la rue qui porte actuellement le nom de rue Versonnex. C'est là que la jeunesse genevoise a été instruite jusqu'à ce que Calvin eût fondé le Collège actuel. Versonnex voulut que toutes les leçons fussent gratuites.
Il fonda aussi deux hôpitaux, dont l'un fut destiné à recevoir les malheureux qui, d'une position aisée, étaient tombés dans l'indigence ; l'autre à recevoir les pauvres mendiants.
En 1430, un troisième grand incendie désola la ville. Le feu, qui avait pris près du lac, fut porté jusque dans le haut delà ville par une bise violente. Une partie de Saint- Pierre fut détruite; un clocher s'effondra dans le brasier et deux cloches furent fondues.
L'église de la Madeleine fut aussi fort endommagée.
(D'après Julien).
10 »»e Récit. Amédée VIII de Savoie.
Amédée VIII, duc de Savoie, était un homme bien singulier. Quoique possesseur d'un vaste duché, respecté de ses voisins et allié aux plus puissants princes de l'Europe,
* Nom qu'on donnait, au moyen âge, aux branches d'études enseignée» dans les collèges. L'origine de cette dénomination est dans l'ancien préjugé contre le travail manuel, regardé indigne d'un homme libre.
il prit tout à coup l'étrange résolution de se faire ermite. Il mit ses aôaires en ordre, puis, un beau jour, il disparut, et alla s'enfermer, avec six seigneurs de son âge et de sa cour, dans le couvent de Ripaille, près de Thonon.
Là, il ne dit pas adieu à tous les plaisirs mondains, si l'on en croit l'expression de faire ripaille.
Cependant, entouré du respect et de l'admiration de ses contemporains, Amédée, de fond de sa retraite, surveillait ses intérêts. Il était apparenté avec presque tous les princes de la chrétienté. En ce temps-là, un schisme divisait l'Eglise. En 1440, le Concile de Baie nomma notre ermite pa2)e sous le nom de Félix V. Une grande députation de vingt-deux évêques et abbés, qui avec leur suite formaient un cortège de deux cent soixante-dix cavaliers, passa par Genève, venant lui annoncer la décision du concile.
Cependant le nouveau pape ne conserva pas longtemps sa dignité. Peu à peu les princes de l'Eglise l'abandonnèrent, et Félix V abdiqua, ne gardant que l'administration des évêchés de Genève et de Lausanne. On remarqua alors avec étonnement qu'il confirma les Franchises d'Adhémar Fabri, et que ce même Amédée, qui, étant duc de Savoie, avait fait tous ses efforts pour s'emparer de la juridiction de Genève, la défendit avec un zèle extrême dès qu'il fut nommé lui-même aux fonctions d'évêque de Genève. Il mourut en 1451.
(D'après Julien).