‹ Petite histoire de GeneveChapitre 9 sur 26 · OO · texte numérisé non relu

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lac en formant comme une pointe, un promontoire d'où lui est venu son nom (du latin moles, digue).

On ne commença, d'une manière un peu générale, à paver les rues de la ville que dans le courant du XV"*'" siècle. En 1474, le Conseil fit une collecte pour avoir de quoi paver la place de la Fusterie. En 1490, on pava le chemin qui allait de la Maison de Ville à Plainpalais.

C'était l'usage, dans toutes les fêtes publiques, de jouer en plein air des sortes de comédies, tirées soit de l'histoire sainte, soit de quelques traditions populaires. Le peuple aimait beaucoup ces spectacles, et le Conseil, pour lui plaire, en faisait souvent les frais. Les acteurs étaient généralement des artisans; les ecclésiastiques prenaient part à ces divertissements, et permettaient qu'on élevât des théâtres provisoires à l'entrée des églises ou des chapelles.

Le peuple aimait aussi la danse et les mascarades ; mais elles donnaient souvent lieu à des désordres ; aussi le Conseil dut-il les interdire, ainsi que le port des masques et des faux nez. En 1484, il défendit à tous les habitants, sous peine de trois coups de corde, de porter des armes offensives, et d'aller de nuit dans les rues.

Le métier des armes et les exercices militaires étaient en grand honneur. L'arc, l'arbalète et plus tard Tarquebuse, furent les armes les plus recherchées. Il y avait déjà de grands tirs à la cible, où des prix, offerts par la communauté, étaient disputés par les plus habiles.

QUATRIÈME LEÇON Genève au XV'"® siècle

Au commencement du XV"^ siècle, Genève était fort prospère au point de vue commercial. Il s'y tenait, quatre fois Tan, des foires renommées, qui attiraient beaucoup de marchands venant de France, de Suisse et de Savoie. Il s'y faisait beaucoup d'affaires, et les habitants en retiraient de grands avantages pécuniaires (voir 8'"^ récit).

Nous avons déjà dit que la maison de Savoie désirait posséder Genève, et en faire une des principales villes de ses Etats. Les citoyens s'y opposèrent et durent soutenir une longue et pénible lutte, qui dura plus de deux cents ans et qui leur coûta beaucoup de sang et de sacrifices de toutes sortes.

Pour se venger des habitants et peut-être pour essayer de les gagner par l'intérêt, un des ducs résolut de les ruiner. D'accord avec son gendre, Louis XI, roi de France, il interdit à ses sujets de se rendre aux foires de Genève ; même défense fut faite aux Français par Louis XI, qui institua les foires de Lyon pour remplacer celles de Genève.

Toutes les démarches tentées pour faire révoquer cet ordre demeurèrent infructueuses. Les foires ne furent fréquentées que par un nombre toujours plus restreint de marchands et perdirent toute importance.

Pendant les guerres de Bourgogne, les Genevois, à l'instigation de l'évêque, avaient dû accorder des secours aux alliés de Charles le Téméraire, et encoururent ainsi la colère des Suisses. Une armée de Confédérés marcha sur notre ville, laquelle, pour éviter un siège ou un assaut, dut payer une forte rançon, qu'il fut bien difficile de se procurer,

Vers la fin du siècle, une disette effroyable se fit sentir dans presque toute l'Europe. A Genève le prix du pain fut si élevé que les riches seuls pouvaient s'en procurer ; beaucoup de gens moururent de faim.

En outre, une peste terrible s'abattit sur la ville et fit des milliers de victimes. Le nombre des malades fut tel qu'on dut construire un hôpital pour les pestiférés, en dehors de la ville, sur l'emplacement du cimetière de Plainpalais. Pas une famille qui n'eût perdu plusieurs de ses membres; aussi les syndics défendirent-ils, vu la désolation générale, de jouer aux cartes et aux quilles, et de se livrer à aucun jeu bruyant en public.

Mais, malgré toutes ces calamités, les Genevois avaient confiance dans l'avenir. Leur constante préoccupation était de conserver leurs franchises et leur liberté. Il ne reculèrent devant aucun sacrifice pour maintenir intacte leur indépendance.

9™e Récit. François de Versonnex. Grand incendie.

Le 30 janvier 1429 fut instituée par François de Versonnex, riche marchand, avec l'approbation de l'évêque, des syndics et des chanoines, une école permanente, soit

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