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ENSEIGNEMENT. — BIBLIOTHEQUES

Sommaire. — L'enseignement autrefois. — L'enseignement aujourd'hui. — L'enseignement primaire. — L'enseignement secondaire. — L'enseignement supérieur. — Bibliothèques.

303. L'enseignement t autrefois.— Le principe de l'instruction indispensable à tous a été posé pour la première fois sous la Révolution. Il faut toutefois noter que, dès 1725, s'était fondé l'Institut des frères

des Ecoles chrétiennes, qui contribua à répandre quelque instruction dans les campagnes.

304. E/eiiscigrnemciit : a.ujour<l'litii« Enseignement primaire. — Depuis quinze ans, le Conseil municipal et l'administration préfectorale n*ont épargné aucun sacrifice pour répandre l'instruction. De toutes parts, des cours ont été ouverts, des écoles magnifiques et admirablement aménagées ont été créées, et, grâce à cette vigoureuse impulsion, Paris est aujourd'hui la ville d'Europe où l'instruction primaire est le plus libéralement distribuée.

L'enseignement primaire est sous les ordres d'un directeur qui a ses bureaux à la Préfecture de la Seine. Cet enseignement comprend trois catégories : les écoles maternelles, les écoles primaires proprement dites et les écoles primaires supérieures.

Les écoles maternelles, dirigées par des femmes, sont au nombre de 129 ; c'est le premier degré de l'enseignement ; elles reçoivent les enfants de 2 ;i 6 ans et leur donnent quelques connaissances élémentaires : un peu de lecture, d'écriture, de calcul.

Puis viennent les écoles primaires qui reçoivent les enfants de 6 à 13 ans ; elles se divisent en écoles de garçons et écoles de filles, et sont au nombre de :ii'>2.

Enfin, les élèves désireux de continuer leurs études après leur sortie de l'école primaire trouvent dans les cours des écoles primaires supérieures un précieux secours pour compléter leur instruction et même se préparer aux écoles municipales. Ces dernières sont au nombre de six pour lis garçons. Ce sont : l'École Turgot, l'École Colbert, l'École Lavoisier, l'École Diderot, l'École J.-B. Say et l'École Arago. L'école primaire supérieure des filles, rue de Jouy, est désignée sous le nom d'École Sophie-Germain.

Dans chaque école, il existe une bibliothèque scolaire composée de livres instructifs. Ces bibliothèques sont actuellement au nombre de 362 et renferment un nombre considérable de volumes qui augmente tous les jours.

L'administration parisienne a, en outre, organisé pour le soir des cours d'adultes, qui sont établis dans les locaux des écoles primaires ; ils se divisent en trois degrés : élémentaire, moyen, supérieur; ces cours sont aujourd'bui, tant pour les hommes que pour les femmes, au nombre de H6 et sont fréquentés par plus de 9 000 adultes.

A côté de renseignement municipal existe l'enseignement libre, tant laïque que congréganiste. Il comprend également des écoles primaires et des cours du soir gratuits, organisés par plusieurs associations: entre autres les associations philotechnique et polytechnique.

L'enseignement professionnel peut se rattacher à l'enseignement primaire, qu'il complète. Jusqu'à ces dernières années, il avait été entièrement négligé et ne comptait à Paris qu'une école, située rue Tournefort. Actuellement il compte 10 écoles tant pour les garçons que pour les filles.

305. Enseignement secondaire. — L'enseignement secondaire classique des garçons est donné, à Paris, dans des Lycées et Collèges. Cet enseignement prépare les jeunes gens aux examens du baccalauréat es lettres ou es sciences, ainsi qu'aux concours qui leur ouvrent les écoles supérieures du gouvernement. Paris compte actuellement six lycées dépendant de l'État. Ce sont : le lycée Louisle-Grand, fondé en 1560 et qui s'est successivement appelé Collège de Clermont et lycée Descartes; le lycée Saint-Louis, construit sous la Restauration, sur les terrains de l'ancien collège d'Harcourt; le lycée Henri IV, qui occupe l'emplacement de l'ab-

baye de Sainte-Geneviève ; le lycée Charlemagne, établi dans les bâtiments de l'ancienne maison professe des Jésuites; le lycée Condorcet, qui s*est appelé d'abord lycée Bonaparte, puis lycée Fontanes; il est situé dans les bâtiments d'un ancien couvent de Capucins, construit sous Louis XVI ; enfin, le lycée Janson de Sailly, ouvert depuis 1885, à Passy. De plus, il y a deux lycées de l'État situés dans les environs de Paris; ce sont : le lycée de Vanves et le lycée LakanaL à Bourg-la-Reine. Enfin, il existe encore à Paris d'autres établissements d'enseignement secondaire libre : le collège Stanislas, l'institution Sainte-Barbe et l'École Monge, qui ont à leur tête des administrateurs particuliers.

A ces grands établissements, il convient d'ajouter les collèges municipaux Chaptal et Rollin. Leurs élèves y suivent des cours d'enseignement classique spécial, et y sont préparés aux écoles du gouvernement.

L'enseignement secondaire des filles, récemment organisé, compte le lycée Fénelon, pour la rive gauche, et le lycée Racine, pour la rive droite.

306. Enseig-neiiieait supérieur. — L'enseignement supérieur de l'Université est représenté à Paris, en premier lieu, par les quatre Facultés : la Faculté des Lettres, la Faculté des Sciences, toutes deux à la Sorbonne, la Faculté de Droit et la Faculté de Médecine.

L'École supérieure de Pharmacie, avenue de l'Observatoire et rue d'Assas, le Muséum d'Histoire naturelle, au Jardin des Plantes, le Collège de France, rue Saint-Jacques et rue des Écoles, enfin l'École normale supérieure, rue d'Ulm, destinée à former des professeurs de l'enseignement secon-

daire et supérieur, complètent le haut enseignement universitaire.

Ajoutons à cette énumération l'École pratique des Hautes études, annexée à la Sorbonne, où les lettres, les sciences et l'histoire sont étudiées au point de vue de l'érudition pure dans ce qu'elle a de plus minutieux et, en même temps, de plus élevé.

L'École des Chartes, aux Archives Nationales, applique les mêmes procédés d'étude à l'histoire de France, d'après les pièces d'archives et les textes anciens. Elle forme des archivistes, des bibliothécaires, et en général, des érudits.

En dehors de l'Université, l'enseignement supérieur est encore donné dans des écoles dites spéciales, qui préparent les jeunes gens à certaines carrières publiques.

En tête de ces écoles, il faut citer l'École polytechnique destinée à former des ingénieurs des ponts et chaussées, des mines et des tabacs, des officiers d'artillerie et du ^énie ; elle fournit même quelques ingénieurs ou officiers à l'armée de mer. L'École supérieure des Mines, boulevard Saint-Michel, et l'École des Ponts et Chaussées, rue des Saints-Pères, donnent aux premiers élèves sortant de l'École polytechnique et à quelques élèves libres, spécialement autorisés, l'instruction technique se rapportant à ces deux carrières.

L'École des Langues orientales, rue de Lille, est destinée à l'étude du turc, de l'arabe et du grec moderne, dont la connaissance est exigée de ceux qui aspirent aux fonctions diplomatiques et publiques dans nos colonies de l'Orient.

L'École centrale des Arts et Manufactures, rue de Turbigo, est une sorte d'École polytechnique civile qui forme des ingénieurs pour les grands travaux de l'industrie.

L'École des Beaux-Arts, qui occupe, rue Bonaparte, un palais construit sous la Restauration, prépare les jeunes

gens aux différents arts de la peinture, de la sculpture et de l'architecture.

Le Conservatoire de musique et de déclamation, rue du Faubourg-Poissonnière, a pour luit de former des artistes des deux sexes pour nos théâtres subventionnés ; mais il possède, en outre, des classes de composition, d'harmonie, de piano et autres instruments à cordes ou à vent.

Enfin, l'École libre des sciences politiques, située rue Saint-Guillaume, offre des cours d'histoire, de géographie, d'économie politique, de droit des gens, de diplomatie, etc., aux étudiants qui se préparent aux examens du conseil d'État, aux fonctions diplomatiques et à certaines carrières administratives.

307. Bibliotbèciues. — Les bibliothèques et les musées de Paris renferment d'inestimables trésors, accessibles à tous.

La Bibliothèque nationale (rue de Richelieu) comprend quatre groupes appelés départements : imprimés, manuscrits, estampes, médailles. Au département des imprimés se rattache la section des cartes et plans. Le nombre des livres, brochures, plaquettes, journaux, etc., que possède la Bibliothèque est incalculable.

La Bibliothèque de l'Arsenal est située près du pont de Sully. Elle possède environ 300000 volumes. — La Bibliothèque Sainte-Geneviève a été constituée en partie avec la bibliothèque de la riche abbaye de Sainte-Geneviève. Le bâtiment actuel, qui peut être considéré comme un modèle pour les constructions de ce genre, a été élevé en 1850. — La Bibliothèque Mazarine fut créée par le cardinal Mazarin et installée dans le collège des Quatre-Nations, qu'il avait également fondé et qui

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