‹ Petite histoire de ParisChapitre 33 sur 131 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Sommaire. — Mémento historique. — Le régent au Palais-Royal. — La banque de Law. — Les convulsionnantes de Saint-Médard. — Inscriptions indiquant le nom des rues. — Le méridien de Paris. — Le luxe sous Louis XV. — Édifices construits sous Louis XV. — La poste à Paris. — Les voitures publiques. — Théâtres.

127. Mémento liistori«nie.— Le règne de Louis XV fut un régne funeste pour La France. D'une indolence extrême, entouré d'indignes favorites qui le gouvernaient,

ce roi abandonna le pouvoir à ses ministres. Après quelques victoires brillantes mais inutiles, comme celle de Fnntcnoy (1745), arrivèrent les désastres de la guerre de Sept ans. terminée par le honteux traité de Paris (1763) qui cédait à l'Angleterre notre magnifique empire colonial du Canada et de l'Inde. Vers la fin du règne, le trésor fait banqueroute; la marine est ruinée, le peuple, accablé d'impôts. Le règne de Louis XV a pour effet de rendre la royauté impopulaire et de préparer la Révolution.

128. L-e régrent au Palais-Royal. — Louis XIV mourut le 1er septembre 1745 : l'héritier de la couronne, son arrière-petit-fils, qui fut Louis XV, n'avait alors que cinq ans et demi; Philippe, duc d'Orléans, fut nommé régent.

Les Parisiens surent grand gré au duc d'Orléans d'abandonner le séjour de Versailles pour venir s'installer au Palais-Royal. Le régent était un personnage très débauché : tant qu'il fut au pouvoir, Paris fut le théâtre de fêtes et de mascarades dont le Palais-Royal était le centre principal.

120. L<a Imiicine «le Law, rue t*iiîitcaiiti>oi.v. — La rue Quincampoix, étroite et sombre, dans un

des quartiers les plus populeux de Paris (Saint- Martin), fut, vers ce temps-là, le rendez-vous de toute la ville. Le fameux Law avait installé dansj3ette rue sa banque, si prospère d'abord, qui entraîna ensuite tant de gens à la ruine. La foule se ruait dans les bureaux de Law avec l'enivrement que donne la fièvre du jeu et de For.

130. Les couvulsiomiaires «le Saim>M<klar«l. — Dans les années qui suivirent la Régence, il se produisit à Paris un événement qui fait songer aux superstitions du moyen âge. Un prêtre, ou plutôt un diacre, appelé Paris, mort en 1727, avait été enterré au cimetière Saint-Médard1. C'était un janséniste passionné; après sa mort, on répandit le bruit que des miracles s'opéraient sur son tombeau. Ce fut comme un délire parmi les Parisiens; tous se portèrent en foule au cimetière Saint-Médard, les malades et les infirmes surtout; beaucoup étaient pris de convulsions nerveuses qui les firent appeler des convulsionnaires. Il fallut des mesures de police très sévères pour arrêter ces manifestations.

131. Inscription** in<li«iuantle nom«Ics rues; numérotage «les maisons. — Quand Louis XV se décida à gouverner en personne, il fit comme son aïeul Louis XIV et alla vivre au château de Versailles. C'est sous son règne qu'on eut enfin l'heureuse idée (1728) d'inscrire le nom des rues à leurs extrémités; ce nom fut gravé sur des cartouches de pierre qui sont encore visibles sur certaines vieilles maisons d'angle du vieux Paris2. On commença aussi à numéroter les maisons.

1. L'église Saint-Médard était alors entourée d'un cimetière réservé aux habitants de lu paroisse.

i. Il est regrettable que ces vieilles inscriptions aient été pour la plupart effac ées eu cachées smis l'inscription nouvelle. Parfois elles

132. L,e méridien de Paris. — C'est sous le règne de Louis XV que fut déterminé le tracé du méridien* de Paris, c'est-à-dire une ligne idéale qui va de l'Observatoire à Montmartre, en passant par Saint-Sulpice et le Palais-Royal.

Le point de départ de la méridienne avait été fixé à l'Observatoire dès le siècle précédent, lorsque cet édifice fut construit ; on en poursuivit le tracé à travers Paris, et l'Académie des sciences le marqua par divers points de repère, notamment à Saint - Sulpice (1744) où l'on voit encore l'obélisque portant l'inscription gravée à cet effet dans le transept gauche de l'édifice. De même fut ele- FlG t5 Le costume du temps de

vée dès 1735 Une Louis XV (Hait élégant mais trop re- . . , , cherché ; à l'immense perruque du règne

pyramide à peu près c]e Louis XIV succéda une perruque plus Semblable SUr le Ver- P^titeet terminée par une queue. Le vêtement eut moins d'ampleur. Les femmes Sant nord des OtlfteS revinrent aux anciens paniers, sorte de Montmartre, du CÔté jupe bouffante et déployant un grand luxe dans leur habillement.

de Clignancourt.

Plus récemment, on a placé dans le jardin du Palais-Royal un petit canon qui se trouve également dans l'axe de la méridienne et que le soleil fait détoner à midi juste.

fournissaient une indication utile, lorsque le nom de la rue a été changé. Ainsi par exemple la rue duJPrévot, aboutissant rue Saint-Antoine, où on lit encore l'ancienne inscription^ rue Percée. 11 y en a plusieurs autres dans ce même quartier.

133. Accroissement «In luxe» — Sous la Régence et sous Louis XV, le luxe s'accrut d'une manière effrayante; la Cour et la Ville, suivant l'exemple du roi, se ruinèrent en fêtes scandaleuses. Les choses arrivèrent à un tel point qu'on fut obligé de rendre un édit qui rappelait les anciennes lois somptuaires*.

134. Edifices construits sous Liouis XV» — Les principaux furent l'École militaire, fondée en 1751, pour y faire donner l'éducation militaire aux jeunes gentilshommes orphelins ou sans fortune; elle fut bâtie par l'architecte Gabriel et existe encore.

L'hôtel des Monnaies, quai Conti, construit par l'architecte Antoine sur l'emplacement de l'hôtel de INesle et de sa fameuse tour; c'est dans cet hôtel que furent établis, en 1768, l'administration des Monnaies, les ateliers de fabrication, de contrôle, et un précieux musée contenant une collection de monnaies et de médailles françaises et étrangères.

Le Garde-Meuble, situé place de la Concorde.

A cette époque, fut ouverte cette même place Louis XV — devenue place de la Concorde, — pour y recevoir une statue monumentale du roi. Le Champ de Mars fut affecté, en 1770, aux manœuvres de cavalerie de l'École militaire. Enfin, en 1757, fut commencé le Panthéon, et, en 1763, Louis XV posa la première pierre de l'église de la Madeleine, qui ne devait être achevée que soixante ans plus tard, sous le règne de Louis-Philippe.

135. 1.,» poste à. Paris. — Ce n'est que deux cents ans après Louis XI qu'on trouve la première ébauche d'une poste spéciale pour Paris. En 1653, un industriel eut l'heureuse idée d'établir dans chaque quartier des boites d'où les employés retiraient les Ici très trois fois par jour pour

les porter aussitôt à leur adresse. Ou no se servait pas de timbres, mais bien d'une sorte de bande achetée à l'avance, portant la mention : Port payé, sur laquelle on inscrivait le nom et la demeure de la personne à laquelle on l'adressait. Cette innovation fut abandonnée, faute de lettres à transporter.

Il faut attendre jusqu'à 1760 pour trouver la poste parisienne établie définitivement. Dès lois, il y eut trois levées par jour, à buit heures, à midi et à cinq heures ; le tarif était de deux sols ou de trois sols suivant le poids des lettres ou des paquets'. Pour la banlieue cette taxe était augmentée d'un sol. Sous la Révolution les taxes de la petite poste (c'est ainsi qu'on l'appelait) furent singulièrement élevées, car le prix d'une lettre simple pour Paris atteignit quinze sous et pourla banlieue une livre3 dix sous.

Aujourd'hui les services de la poste parisienne sont aussi parfaits que possible ; de plus, on a inventé le système des dépêches qui, circulant dans des tubes pneumatiques*, peuvent être remises au destinataire dix minutes après leur expédition. Enfin le téléphone*, annexé aux bureaux de poste, permet de causer avec les personne- à qui l'on a affaire.

L'Hôtel central des postes de Paris lut d'abord situé dans la rue des Poulies, qui se trouvait en face de la colonnade du Louvre, puis, en 1757, dans un vaste hôtel de la rue Jean-Jacques-Rousseau. L'importance des services de la poste augmentant chaque jour, il a fallu construire des bâtiments beaucoup plus vastes, qui s'élèvent sur l'emplacement de l'ancien hôtel et des maisons environnante-.

136. Les voitures |>nl>Ii<|iies, chaise* et carrosses. — Les voitures et les omnibus n'existaient pas au

1. La ville était alors moitié moins grande qu'elle ne l'est aujourd'hui et les affaires commerciales bien moins importantes. On n'écrivait pas non plus aussi souvent que maintenant, car les lettres étaient presque toujours longues et d'un style recherché, et l'on avait l'habitude de les communiquer à ses amis.

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