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La livre correspondait à peu près à notre franc

12d HISTOIRE DE PARIS.

moyen âge : la ville n'était pas assez grande pour que le besoin s'en fit sentir. Au seizième siècle, l'usage des carrosses était presque exclusivement réservé au roi ou aux dames de la Cour. Les grands personnages mêmes ou les gens très riches n'auraient pas osé s'en servir. Les magistrats allaient à cheval ou à dos de mule, comme ils persistèrent longtemps à le faire, même lorsque l'usage des voitures fut devenu général.

Au dix-septième siècle, on commença à employer des chaises à feras ou à porteurs, sorte de guérites portée? par deux hommes, et où une seule personne pouvait prendre place.

En 1650, apparaissent les premières voitures, dites de place ; on les appelait fiacres comme aujourd'hui ; mais on appelait également fiacre le cocher qui les conduisait. Cette entreprise eut tout de suite du succès et elle s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Elle fut dirigée à l'origine par des grands seigneurs, le duc de Givry, le duc de Roannez, qui obtinrent du roi les privilèges ou autorisations nécessaires pour l'exploitation.

En 1850, on ne comptait pas plus de 5 000 voitures de place à Paris; ce nombre est plus que doublé aujourd'hui.

137. Théâtres. — Pendant l'antiquité païenne, le théâtre avait été fort en honneur. Il subsista encore pendant les quelques siècles que dura la période galloromaine, puis disparut tout à fait sous les blâmes de l'Église qui y voyait un divertissement immoral.

Au moyen âge, à la suite des croisades, se manifesta un goût très vif pour jouer ce qu'on appelait les mystères, c'est-à-dire la représentation de scènes tirées de sujets religieux; il y avait des personnages qui représentaient l'un Jésus-Christ, l'autre la Vierge, l'autre tel ou tel saint, etc. Telle fut l'origine de notre théâtre moderne.

A Paris, des confréries de ji'iines gens obtinrent de Charles VI, en 1402, l'autorisation de donnerdes représentations de mystères; c'étaientles Clercs de la basoche, puis les Enfants sans souci et aussi les Confrèreé de la passion.

Au siècle suivant, les confrères de la Passion acquirent un terrain sur l'emplacement de l'ancien hôtel de Bourgogne*.

Ils s'y firent construire une salle et y jouèrent non plus seulement des mystères, mais aussi des pièces profanes qui s'appelaient dessous ou des moralités.

L'art dramatique se développa sous Louis XIII. et d'autres théâtres se fondèrent. Il y avait, outre celui de l'hôtel de Bourgogne, le Théâtre du Marais, situé rue Vieille-du- Temple, au coin de la rue de la Perle, puis, quand Molière commença â jouer â Paris, en 1658, le Théâtre du Petit- Bourbon. Ce dernier était situé en face du Louvre, près de Saint-Germain-l'Auxerrois, dans la grande salle d'un hôtel à demi-ruiné et qui tirait son nom de Petit-Bourbon de ce qu'il avait été la résidence du connétable de Bourbon, sous François Ier. Ce théâtre était en quelque sorte une annexe du Louvre et les ballets de la Cour s\ donnaient. Molière obtint du roi l'autorisation de jouer alternativement avec les acteurs italiens qui depuis cent ans étaient en possession de la scène; cependant la troupe de l'hôtel de Bourgogne fut toujours, jusqu'à sa disparition, en 1688, appelée troupe royale ou troupe des grands comédiens.

En 1660, l'hôtel du Petit-Bourbon fut démoli et la troupe de Molière transférée dans le théâtre dit du Palais-Boyal — anciennement Palais-Cardinal à cause du cardinal de Bichelieu, — ■ c'est-à-dire sur remplacement même où se trouve aujourd'hui leThéàtre Français. Elle n'y devait pas rester longtemps. Après les brillants succès des pièces que jouait Molière, quand ce dernier mourut, ses compagnons lurent forcés d'abandonner leur salle pour la laisser aux acteurs de l'Opéra. Ils s'installèrent sur la rive gauche, successivement rue Mazarine, puis rue Guénégaud, et finalement ils se construisirent une salle dans la rue dite alors des Fossés-SamtrGermain-des-Prés, et qui plus lard s'est

1. Il nous en reste encore la tour dite de Jean-sans-Peur. curieux monument de l'architecture du quinzième siècle, près de la rue Montorgueil.

appelée de l'Ancienne-Comédie on souvenir du Théâtre Français. Ils y reslèrenl < I > - 1 689 à 1776, puis allèrent dans un local des Tuileries et de là au théâtre del'Odéon que l'on venait de construire pour eux. Enfin, en 1799, ils prirent possession des bâtiments actuels de la Comédie-Française. Les usages, en l'ait de théâtre, étaient bien différents autrefois de ce qu'ils sont aujourd'hui. D'abord la représentation avait lieu dans l'après-midi; elle durait de quatre à huit heures environ. Ensuite, le prix des places était fort élevé, mais beaucoup de nobles ou de gens de la maison du roi bénéficiaient de leur qualité pour assister gratis aux représentations. Enfin la scène était encombrée de banquettes où s'asseyaient les spectateurs privilégiés. L'espace laissé libre aux acteurs était donc fort peu considérable ; il n'y avait presque aucun intervalle pour le marquer, ce qui nuisait beaucoup à l'illusion, et les personnes ainsi installées sur le théâtre n'hésitaient pas à faire du bruit et même du scandale, dès qu'un mot de la pièce les choquait, ou simplement pour se faire remarquer. Cette mode ridicule ne cessa qu'en 1759.

QUESTIONNAIRE

1. A i|ui fut confiée la régence "a la mort de Louis XIV? — 2. Où était située la banque de Law ? — 3. Qu'était-ce que la secte dite des convulsionnaires de Saint- Médard ? — 4. A quelle époque commença-t on à mettre des inscriptions indiquant le nom des rues, et à numéroter les maisons? — 5. En quelle année fut établie la méridienne de Paris? — 6. Ne

l'av ait-on pas déjà commencée avant Louis XV?— 7. Quels sont-les édifiées construits sous Louis XV ?— 8. A quelle époque iommença-t-on à se servir des carrosses ? — 9. Quel étuit le nombre des voilures en 18;io? — 10. Quels riaient les théâtres

avant la Révolution? — 11. Con rit se

donnaient 1rs représentations? — 12. De quelle année date la Comédie-Française?

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