CHAPITRE XIII
Sommaire. — Mémento historique. — Élections aux États généraux. — Affaire du faubourg Saint-Antoine.
— Serment du Jeu de Paume. — Prise de la Bastille.
— Journée du 5 octobre. — Fête de la Fédération.
— Journée du 10 août. — Massacres de septembre. — Procès de Louis XVI. — État de Paris en 1793. — Fin de la Terreur. — Constitution de l'an III. — Créations de la Convention. — Paris sous le Directoire. — Parisiens célèbres.
143. Méniento liistfoi-ique. — La Révolution marque rétablissement d'une société nouvelle sur les ruines de l'ancien régime. Elle proclame les droits de l'homme, l'égalité de tous devant la loi, et le droit de la nation à se gouverner elle-même. Elle peut se diviser en trois périodes qui en marquent le progrès, l'apogée et la décadence. La première s'étend de 1789 a 1792. C'est la période de la Constituante et de l'Assemblée Législative, qui reconnaissent encore l'autorité du roi. Avec la Conven-
tion arrive la deuxième période. Les dangers s'accroissent et se multiplient : au dehors, l'invasion s'avance menaçante, au dedans, les conspirateurs s'agitent. La Convention fait face à toul ; elle repousse les armées étrangères, écrase les rebelles de l'intérieur, et fonde réellement l'édifice de la société moderne. Mais, en même temps, elle ternit sa gloire par des exécutions sans nombre. C'est l'époque de la Terreur. La cbute des terroristes, en 1795, marque le commencement de la troisième période. Les troubles intérieurs sont apaisés, et la France peut tourner toutes ses forces contre l'étranger : c'est l'époque des guerres d'Italie, où un jeune général, Bonaparte, se couvre de gloire. Mais la foi républicaine s'est affaiblie à mesure que les dangers ont diminué et le Directoire se trouvera désarmé lorsque Bonaparte établira par la force le Consulat par le coup d'État du 18 brumaire 1799.
144. Elections aux Etats généraux. — Depuis les derniers États généraux, convoqués sous Louis XIII, en 1614, la population parisienne s'était singulièrement accrue, et un nouveau mode d'élection des députés fut reconnu nécessaire. C'est le 21 avril 1789 qu'on y procéda; les citoyens vinrent voter dans l'église de leur paroisse 1 de la façon suivante : la ville fut divisée en soixante sections, et dans chacune d'elles, les habitants âgés de 25 ans et payant une certaine somme d'impôt élurent un représentant pour cent électeurs. On constitua ainsi des assemblées primaires, qui eurent à désigner les députés définitifs au nombre de vingt-quatre pour Paris. Le clergé et la noblesse avaient voté à part.