‹ Petite histoire des rois de France [microforme]Chapitre 4 sur 17 · LES CAPÉTIENS · texte numérisé non relu

LES CAPÉTIENS

Nous sommes donc à Hugues Capet, le fondateur de la troisième race des rois de France, et l'ancêtre direct du prétendant que Îles légitimistes d'Europe appellent Henri V, et que nos légitimeux d'ici appellent comte de Chambord.

Hugues Capet est le fils de Hugues, chef de la ligue contre Charles-le-Simple.

Ce fut un usurpateur, fils d’un conspirateur.

Son seul titre à la couronne — qui n’en était pas un du tout—était d’avoir épousé la sœur puînée de l'empereur Othon, c'est-à-dire d’avoir été le beau-frère de Louis d’Outre-mer.

Mais il paraît que la légitimité, cela peut se réduire à une question de mathématiques.

Ainsi Hugues Capet était un usurpateur, COMME Napoléon Ier ; mais son fils Robert commence déjà à avoir un grain de légitimité.

Son petit-fils Henri Ier devient un peu plus légitime encore.

Son arrière petit-fils Philippe suit la même progression.

Enfin la légitimité fait boule de neige, jusqu’à ce que, rendue au comte de Chambord, Dieu lui-même n’y peut plus porter atteinte, puisqu'elle est devenue droit divin!!!

Louis d'Outre-mer avait laissé deux enfants mâles, Lothaire et Charles de Lorraine.

Or Lothaire n'ayant eu qu'un fils, Louis V, qui ne règna qu’un an, la couronne revenait tout naturellement à l'oncle Charles de Lorraine.

Hngues Capet, suivant les chroniqueurs les plus accrédités, avait fait empoisonner Lothaire, de concert avec la reine Emme ; il ne devait pas hésiter devant un second crime, et fit empoisonner Louis V, —- avec cette différence que cette fois ce n’était plus à son mari, mais à son propre fils que l’horrible femme versait du poison.

Il ne restait plus entre le trône et Hugues Capet que Charles de Lorraine.

Avec l'intrigue et la violence, le premier réussit à se faire déclarer roi, au détriment de l'héritier légitime, qui fut jeté dans une prison avec sa femme et ses enfants.

Tous y moururent. C'était dan. les intérêts du vainqueur.

Charles de Lorraine ayant été vaincu, les lâches écrivains de l’époque l’accusent de tout : rien de plus naturel.

S'il eût été vainqueur, au contraire, Hughes Capet, au lieu d’être un grand et saint roi, n'aurait plus été qu'un abominable rebelle, et l’on aurait applaudi au bras du bourreau qui aurait fait tomber sa tête. C'est l’histoire de tous les temps.

Jusqu'à lui, les rois de France avaient été plus ou moins électifs ; il passa l'éponge sur les droits de la nation en faisant couronner son fils Robert de son vivant.

La monarchie héréditaire et dite de droit divin était fondée,—par l’usurpation, l’intrigue et l’assassinat.

Et c’est en vertu de cette usurpation et de ces crimes que le comte de Chambord est, de droit divin, roi de France.

Mais, me dira-t-on, Hugues Capet ne fut pas usurpateur : il fut l’élu de la nation.

Très bien, mais alors que deviennent les droits d’hérédité du comte de Chambord, puisque la volonté de la nation suffit pour les annuler ?

Une pauvre cause que celle qu’on ne peut défendre qu’en s'appuyant sur le principe même qu’elle est destinée à combattre !

Ïl

Robert-le-Pieux succéda à son pére Hugues Capet, qui l'avait, comme je l’ai déjà dit, associé à la couronne, cinq ans auparavant, c’est-à-dire en 988.

Il avait d'abord épousé une princesse italienne nommée Suzanne, qu’il répudia un an aprés être monté sur le trône, pour épouser sa cousine Berthe veuve d'Eudes, comte de Provence.

Toujours les mêmes !

Le pape Grégoire V, qui était moins indulgent que nos cléricaux, ne vit pas la chose du même œil. Ilordonna au roi de répudier la nouvelle reine, et le condamne à une pénitence de sept ans.

Robert ne voulut point se soumettre, et il fut excommunié avec toute sa cour.

C’est probablement pour cela qu’on le désigne sous le nom de Robert-le-Piewx :-—à moins que ce ne soit parce qu’il avait une belle voix, et qu’il aimait à chanter au lutrin avec les moines.

Quoiqu'il en soit l'excommunication ne s'arrêta pas au roi, à la reine et à la cour ; elle frappa même les évéques de France qui avaient autorisé le mariage.

Le pape mit tout le royaume en interdit. Le service divin fut défendu dans toute la France. “On ôta, disent

les chroniques, les sacrements aux vivants et la sépulture aux morts.”

Le monarque fut abandonné de tous, même de ses domestiques.

Il ne lui en resta que deux, “qui, disent encore les chroniques, regardant comme abominable tout ce que le roi avait touché, jetaient par la fenêtre les plats et jes autres vases dont il se servait à table, donnant aux chiens, ou jetant au feu tout ce qu’on desservait de devant lui.”

Enfin, Robert dut céder; et après avoir répudié Berthe, il épousa Constance d'Arles.

Cette dernière fut une reine cruelle et despotique. Elle commença par introduire à la cour de France ce luxe effréné, ces modes ridicules qui coûtèrent plus tard tant d'argent au pauvre peuple.

Elle rendit son mari malheureux au-delà de toute expression.

Il avait pour premier ministre et pour ami, Hugues de Beauvais. Constance, qui regardait ce dernier comme un censeur incommode, conçut une telle haine contre lui, qu’elle le fit assassiner sous les yeux mêmes du roi, et tellement près de lui, que le sang jaillit jusque sur son pourpoint.

Il faut avouer qu’un mari assez bête pour souffrir de pareils outrages est un peu digne de son sort.

A l'exemple de son père Hugves Capet, Robert fit couronner son fils ainé comme son successeur, en 1017.

Constance qui détestait le nouveau roi, lui fit subir de tels traitements que, sans argent, sans ressources et presque sans vêtements, il s'enfuit de la cour, et s'en alla errer à l'aventure, jusqu'à ce que Guillaume, comte de Perche, le fit jeter en prison pour un acte indigne, auquel il avait été entraîné par la nécessité.

Comme c’est touchant tout cela !

Ce jeune homme étant mort, Robert fit couronner son second fils nommé Henri

Cela ne faisait pas l’affaire de la charmante Constance, qui voulait absolument que son plus jeune enfant Robert montât sur le trône,

Pour parvenir à ses fins, elle ne recula devant rien. Elle bouleversa le royaume, y alluma le feu des guerres civiles, fit périr des milliers de Français, et tenta de démembrer l'Etat.

Heureusement qu’elle échoua.

Charmant régime, n'est-ce pas, que celui qui met ainsi le sort de tout un peuple aux mains d’une odieuse intrigante !

La cruauté sans nom de cette femme éclata surtout dans le procès et la condamnation qu’elle fit subir à son confesseur, un chanoine d'Orléans nommé Etienne, qui ne voulait pas se soumettre à ses exigences, et qu’elle accusa d’hérésie, pour se venger.

Une sainte femme, voyez-vous !

Le pauvre confesseur fut condamné au supplice.

Sa persécutrice assista au procès ; et, en sortant de l'église, ce monstre de férocité, insultant aux derniers r. nments d’un malheureux, s’avança vers Etienne, l’accabla d'injures, lui cracha au visage, et lui creva les deux yeux avec une baguette qu’elle tenait à la main!

Que diable, on n'est pas parfait.

Puis elle assista au supplice. Et quel supplice ! Le chanoine fut enfermé dans une chaudière, et rôti vivant !

Robert-le-Pieux mourut en 1031.

Voilà ce qui se passa sous ce régne de trente-quatre ans, qui est cependant rangé parmi les règnes les plus paisibles qu’ait eus la France !

O' royauté ! 6 monarchie ! comme on t'aime, lorsqu'on étudie tes œuvres !

O républicains, corme vous êtes criminels d’avoir

porté une main sacrilèse sur cette merveilleuse et subliblime institution |

À Robert-le-Pieux succéda, comme je l'ai dit plus haut, à Henri Ier.

Je passerai avec rapidité sur le règne de ce prince, dont les sèches chroniques du temps accusent la nullité et l’insignifiance.

Il commença par lutter contre sa mère, qui avait ameuté contre lui plusieurs des grands feudataires du royaume, et ne dut de conserver sa couronne, qu'à son alliance avec Robert de Normandie, mieux connu sous le nom de Robert-le-Diable.

En voilà un au moins de bien nommé,

Le reste du règne se passa en querelles obscures et en guerres intestines, où le sang français coula abondamment, comme toujours.

Ce roi dur, hautain, fourbe et vulgaire, laissa trois fils, entre autres Philippe Ier, qui fut couronné à l'âge de sept ans, en 1066.

Le nouveau roi fit preuve de la plus révoltante ingratitude envers Beaudoin V, comte de Flandre, qui avait été son tuteur, et qui avait gouverné assez sagement la France sous son nom pendant huit ans.

Beaudoin avait laissé déux enfants. Robert-le-Frison, leur oncle, voulut les dépouiller de leur héritage.

Philippe, comme leur souverain, était leur juge naturel, Que fait-il ? Il essaie d’attiser les dissentions, afin de mparer des Flandres à son propre bénéfice. L’histc. des deux plaideurs.

Robert s'adresse à lui, et lui permet beaucoup s’il veut lui aider à dépouiller ses neveux. Robert s’y engage.

Richilde, veuve de Beaudoin, arrive avec une grosse somme d'argent, pour l'engager à soutenir la cause de ses enfants ; Philippe prend l'argent, et--comme un

électeur de Trois-Rivières—se range du côté de Richilde.

Robert, trompé, lève une armée.

Philippe part en guerre de son côté ; et voilà les Français à S’entretuer encore pour les querelles de ces bons rois !... Admirable régime.

Philippe avait épousé Berthe, fille du duc de Frise. Il la répudia pour s'associér à Bertrade de Montfort, cb était déjà mariée au comte d'Anjou. C'était suivre les traditions de la famille.

La pauvre répudiée mourut dans la misère.

Les rois de France—si l’on en croit les programmeux —ont toujours été des enfants soumis de l'Eglise. Eh bien, qu’on en juge par celui-ci.

Après ce mariage scandaleux, on assembla un concile à Autum le 16 novembre 1094 Le roi ÿ fut excommunié.

Encore un !

Tout naturellement Philippe se moqua du concile d'Autun comme de sa première chemise, et continua à vivre avec sa reine de contrebande.

Le pape Urbain II écrivit une lettre circulaire à tous les évêques de France, leur enjoignant de réduire Fhilippe à la raison, sinon d'en user contre lui avec toutes les rigueurs des Canons.

Tout ayant été inutile, on convoqua un nouveau concile qui s’ouvrit à Clermont sous la présidence du pape lui-même. le 18 novembre 1098.

Le roi y fut de nouveau excommunié avec la reine, et la peine d'excommunication s’étendit même à ceux qui donneraient à Philippe le titre de roi, ou le reconnattraitent pour souverain.

Le bon roi s'obstina plus que jamais.

Le pape appela alors un nouveau concile à Tours, où les décisions d’Autun et de Clermont furent pleinement confirmées.

Craignant une révolte de ses sujets, Philippe fit semblant de plier, et assista à un nouveau concile tenu à Nîmes.

Il y reçut l'absolution du pape, après avoir juré publiquement de se séparer de sa chère Bertrade, que son premier mari réclamait à grands cris.

Va sans dire que ce n'était qu'une farce, et qu'au mépris de ce serment prêté solennellement dans un concile, Philippe retourna bientôt en riant sous cape se remettre aux pieds de la donzelle.

Les misérables républicains osent appeler cela un parjure. Dans certains endroits, les bons principes exigeut qu’on enseigne aux enfants à considérer à peine cela comme une /'aufe sans conséquence.

Il paraîtrait qu’il n’y a pas de mal à se parjurer quand on est roi. Mais en revanche qui racontent la chose sont des chroniqueurs scandaleux.

Le pape Pascal IT, qui succéda à Urbain convoqua un cinquième concile à Poitiers, où les deux coupables furent de nouveau excommuniés.

Pourquoi toutes ces excommunications les une sur les autres ? C’est plus que je n’ai jamais pu savoir.

Comme toujours, Philippe s’en moqua.

A Troyes, sixième concile où cette fois le roi et la reine sont tous deux présents.

Ils y jurent sur l’évangile, et pieds nus, de se séparer.

Nouvelle farce.

Ils ne se séparent pas plus que la première fois,

Enfin quelques historiens prétendent qu'ils finirent par obtenir une dispense quelconque. Plusieurs n’en croient rien.

Quant à cette charmante reine Bertiade, Yves de Chartres la traite de femme perdue. T1 l'appelle la /ézabel de la Francc. C'est l'opinion d'un évèque ; ce qui ne manquéta pas de scandaliser considérablement les cléricaux.

Orderic Vitalis en fait un portrait affreux dans son Histoire Ecclésiastique. I] accuse carrément d’avoir tenté à plusieurs reprises de faire assassiner et empoisonner Louis VI, surnommé le Gros, fils de son mari, dans le but d'élever son propre enfant sur le trône.

Le fait est confirmé par Mezeray.

Cette malheureuse est aussi accusée d’avoir fait tuer Geoffroy Martel, le fils de Foulques d'Anjou son mari légitime. Le motif était de faire passer le duché d'Anjou au fils qu’elle-même avait eu de Foulques.

Philippe ler mourut en 1108.

Après sa mort, les uns prétendent que Bertrade retourna à son premier mari, les autres disent qu’elle se retira dans un couvent. En tous cas, elle avait rudement besoin de faire pénitence.

Un fait.

Au concile de Poitiers, Guillaume duc d'Aquitaine s'éleva contre les légats avec tant de véhémence qu’il

entraîna avec lui plusieurs personnages puissants. Le peuple même se mit de la partie, et en vint jusqu'à la violence. On dispersa l'assemblée à coups de pierre.

Jugez maintenant si un pareil fait avait lieu sous la république |...

C'est sous le règne dece Philippe que les croisades ont pris origine, et que sont nées les dissentions séculaires entre la France et l'Angleterre, qui ont fait répandre tant de sang et causé tant de ruines.

Voici, suivant Lavicomterie, à quelle cause insignifiante toutes ces guerres, tous ces malheurs peuveut être retracés :

Robert et Henri, fils de Guillaume duc de Normandie, sont en visite chez Philippe Ier à Conflans. Les deux enfants s'amusent avec Louis, le fils dece dernier. A propos de jeu, une discussion s'élève, et Louis laisse échapper un mot offensant à l'adresse de Henri. Celuici se fâche ; on en vient aux coups, et le jeune Louis est rossé d'importance.

Philippe, pour venger l'affront fait à son héritier, prend Verson, dépendant de la Normandie. Robert, en revanche s'empare de Beauvais. Guillaume, roi d’Angleterre, envahit la Saintogne et le Poitou, et porte le ravage jusqu'aux portes de Paris.

Ce fut le commencement de sept siècles de guerres sanglantes.

Nos deux étourdis furent ainsi cause de la mort de peut-être cent millions de Français et d’Anglais qui ont péri sur les champs de bataille.

Il est vrai qu’ils sont morts pour leurs rois...

Un grand honneur !

. Seulement, dans notre siècle de positivisme, cet honneur-là n'est plus apprécié autant qu'il l'était alors.

Les peuples dégénèrent évidemment.

Dans cette longue suite de monstres, de brigands, d’assassins, d’adultères, de sodomistes, d’incestueux, de sacrilèges et d'excommuniés, que l’on appelle les rois de France, l'historien attristé se réjouit d'en rencontrer un de siècle en siècle qui ne soit point souillé de quelque crime qui déshonore l'humanité.

Or Louis VI dit le Gros est de ce nombre. On ne peut guère lui reprocher que d’avoir répudié sa première femme, Lusiane de Rochefort, parce qu'au siège de Montléry, le comte, son beau-père, avait laissé échapper certains prisonniers auxquels le roi tenait beaucoup, mais pas pour les pensionner sur sa cassette particulière.

On avouera que c’est bien peu, si on le compare avec ses prédécesseurs. Il semble qu’on doive tenir compte à un roi de n'avoir pas fat une dixaine de fois plus que les trois quarts des repris de justice qui peuplent nos pénitenciers,

C'est une fameuse note en faveur de l'institution !

Ce roi fut remplacé sur le trône de Frarice, en 1137, par son fils, Louis VII dit le /eune ou le Pieux.

Sa piété ne l’empêcha pas cependant de faire certaines fredaines avec une drôlesse du nom de Gif/e où Gillette. —Le fait est constaté par le P. Labbé et le P. Anselme.

Elle ne l’empêcha pas non plus de faire assassiner treise cents personnes à la fois.

Voici dans quelles circonstances :

En 1144, Albéric, archevêque de Bourges, étant mort, le pape Lucius IT, qui venait de monter sur le trône, le remplace sans consulter le roi. Celui-ci se fâche, et ne veut pas reconnaître le nouveau titulaire, qui appelle à son secours Thibault, comte de Champagne.

Le roi marche contre ce dernier, s'empare de Vitryle-brûlé, et commence un égorgement général.

Treize cents personnes, hommes, femmes et enfants, se réfugient dans une église. Louis-le- Pieux fait cerner le temple par ses piqueurs et ses halle bardiers, et fait mettre le feu aux quatre coins.

Pas un malheureux n’échappa ! et le bon roi eut l’a: vantage de pouvoir tout entendre et tout voir, du haut d’une tour voisine où il monta pour jouir du coup d’œil.

Et dire que cette pauvre France, aveuglée par les principes modernes, persiste à vouloir se priver de spectacles aussi intéressants !

Louis VIT était un imbécile ; simplicior quam deceret principem, dit Duchesne, et ce n'est pas peu dire. Aussi les fleurons de contrebande n’ont pas manqué à sa cou: rontie conjugale !

Il épousa— pour sa dot—-la fille de Guillaume X, duc de Guyenne qui s'appelait A/énor.

Le pauvre prince eut la malencontreuse idée de se faire suivre par elle dans la croisade qu'il avait entreprise

contre les Sarrazins, pour se faire pardonner sa petite hétacombe de Vitry-le-brilé.

Voyant le roi partir avec la reine suivie de toute une cour, —bel attirail pour partir èn guerre :-—]Jes hauts seigneurs, en fidèles imitateurs de leur SUZerain, voulurent emmener aussi leurs femmes. Les petits seigneurs en firent autant. Ce fut là une cause de désordres inouïs, qui entraînèrent les désastres que l’on sait,

Raymond de Poitiers, prince d'Antioche, était l'oncle de la reine, Louis se réfugia chez lui. Mal lui en prit, car la charmante Aliénor les rois et les reines de France n'ont guère reculé devant l'incestene cacha à personne ses relations criminelles avec son oncle... et avec d’autres,

Jean de Serres, Dupleix et Brantôme nous en content de belles sur les exploits de l'illustre aïeule.

‘* Cette femme, dit de Serres, accoutumée à la licence du temps et du lieu, s’était tellement abandonnée aux voluptés du Levant, que la fuanteur de son incontinance était répandue partout, avant que le roi s’en aperçût. Son impudence l’avait portée si avant qu’elle voulait effrontément demeurer à Antioche, et quitter son mari... Pléférant l'amitié d’un boufon nommé Saladin, d’engeance sarrasine, à la grandeur d’un roi de F rance.

Jean Bouchet, dans ses Annales d'Aquitaine, affirme même qu’elle conspira pour livrer son mari aux Sarrasins |

En voilà encore une dont le comte de Chambord doit être fier !

Pour ramener sa femme en France, le grand roi fut obligé de la faire enlever de force de chez son oncle,

À son retour,—usant d'un privilège tout royal, le saint roi divorce ; et, pendant que sa femme va se remarier avec le duc de Normandie, qui fut depuis roi d’Angleterre, il épouse Constance de Castille, puis Adélaïde de Champagne. 8

Enfin Louis III fait couronner son fils Philippe, surnommé Auguste, et meurt l’année suivante, en 1180, après avoir, par son divorce, perdu le Poitou et la

do PETITE HISTOIRE

Guyenne, et trainé la France dans toutes sortes d'aven-: tures sanglantes avec l'Angleterre.

Philippe-Auguste-—encore un qui a été excommunié pour ses fautes et ses faiblesses !—monta sur le trône en 1180, et commença son règne par d’odieuses persécutions contre les juifs, qu’il fit chasser impitoyablement de tout le royaume, aprés avoir confisqué la plus grande partie de leurs biens.

Un an après, il signe une ordonnance contre les blasphémateurs.

Très bien ! maïs quand le blasphémateur était noble, il en était quitte pour une amende, tandis que les rotutiers étaient impitoÿablement noyés.

Dame, il paraît que plus on se rapproche de la royauté, et plus on jouit du benéfice de ses privilèges. Et l’on sait qu'un des privilèges de la royauté c’est de pouvoir commettre les plus grands crimes du monde, tout en n'étant coupable que de fautes de faiblesses !

Un roturier c’est autre affaire !

Ce Philippe-Auguste fut un excellent mari ; seulement —pour suivre les traditions de la famille probablement— il aimait la nouveauté.

Aussi il répudia sa femme Ingelberge ; et probablement ne se serait-il pas arrêté en si beau chemin, si le pape ne lui avait pas barré la route par une excommunication en règle.

Entre parenthèse, j'espère que l’on compte tous mes excommuniés ; car, comme la liste en est longue, on pourrait s'embrouiller dans le tas.

Un bon matin, Philippe part pour les Croisades, en compagnie de Richard, roi d'Angleterre, avec qui il se lie d'amitié et d'intérêts.

Quelques temps après, il s’en revient seul, après avoir

juré à Richard qu'il n’entreprendrait rien contre les Etats de ce dernier pendant son absence.

Or il n’est pas plus tôt rendu en France, qu'il trahit son serment, et, allié à Jean, frère de Richard, il s’empare de Gisors et de toutes les villes du Vexin.

Richard accourt, se raccommode avec son frère, et, unis à quelques seigneurs mécontents, ils saccagent les villes et les campagnes de France, qui paient ainsi pour le parjure de leur roi.

Il serait trop long pour le cadre que je me suis fixé de rapporter, même en abrégé, les excès, les horreurs, les indignités, que ce roi fit subir aux Languedociens ou Albigeois. Les assassinats commis par ses ordres se comptent par milliers.

Il fit saccager Toulouse, Carcassonne, Alby, Castelnaudary, Narbonne, Béziers, Lavaur, Saint-Gilles, Moissac, Arles ét Avignon. A Béziers seulement, on égorgea plus de soixante mille personnes.

Des ruisseaux de sang coulèrent dans les rues.

Ce saint roi eut un fils naturel qui fut évêque de Noyon.

Enfin, Philippe-Auguste fut un monarque fourbe, avare, cruel et impudique. Il fut excommunié une fois, et une autre fois menacé de l'être.

Et on l'appelle Auguste !

Et c’est là un des rois de France les plus vantés !

Hélas !

Son fils, Louis VIII, fut un pauvre sire dépourvu d'intelligence et de caractère, qui, dans un règne de trois ans seulement, trouva le moyen, par ses injustices, ses persécutions et ses cruautés, de prouver qu’il était bien le fils de son père.

Son seul mérite est d’avoir eu pour épouse Blanche de Castille, qui fut une noble et sainte femme, et pour

fils Louis IX, qui dérogea au point d’être un excellent roi et un grand chrétien.

Oui, par une exception extraordinaire, on trouve dans la liste des rois de France un homme qui fut bon, doux, secourable, humain, législateur paternel, souverain intègre, fils, époux et pére sans reproche.

Quand on appartient à une famille comme la sienne surtout, c’est un grand mérite.

Aussi l'Eglise, qui avait excommunié ses ancêtres pour leurs crimes, canonisa Louis IX, pour ses vertus.

Hélas ! il n'avait guère suivi l'exemple de ses pères ; ses enfants ne suivirent guère son exemple non plus.

Louis IX étant mort de la peste au siège de Tunis, en 1270, son fils fut proclamé roi par les débris de l’armée, et gouverna pendant quinze ans sous le nom de Philippe III surnommé le Æardi.

Il rentra en France avec les cendres de son père, de sa femme, de son oncle, de sa tante et de son cousin, tous victimes de la croisade entreprise par Louis IX.

Bientôt aprés, il épouse Marie de Brabant.

Suivant plusieurs historiens, ce fut une empoisonneuse. Elle fit empoisonner Louis, le fils aîné de son mari.

Ce crimé lui fut reproché publiquement par Pierre Labrosse, le favori du roi.

Philippe, qui aimait sa femme, et qui possédait toutes les qualités d’un nigaud fieffé, ne voulut pas sévir contre elle, sans faire consulter d'abord une béguine de Nivelle, qui prédisait l'avenir, et connaissait par conséquent tous les secrets. |

Or cette prophétesse était sujette du duc Henri, père de l’accusée. On conçoit qu’eile s’'empressa de déclarer

Vaccusation calomnieuse, et la reine blanche comme neige.

Le brave mari fut pleinement satisfait de cette justification, et. Marie de Brabant continua de règner glorieusement sur la France et sur le cœur du naïf monarque,

Quant à Pierre de Labrosse, ce fut une autre affaire. Comme il n'était ni roi ni reine, il fut tout simplement pendu à Montfaucon.

C'est sous ce règne que tous les Français qu'avait entraînés en Sicile Charles d'Anjou, frère de Louis IX, furent massacrés par les Siciliens, que la tyrannie de ce prince avait exaspérés.

Cette horrible boucherie est connue dans l’histoire sous le nom de Yôpres siciliennes.

Philippe s'empressa de lever une armée pour défendre la cause de son oncle, La chose est toute naturelle : le vil peuple n'est-il pas né pour se faire tuer à première demande dans les intérêts de ces bons rois ?

Il y réussit mieux que jamais dans cette circonstance: car, soldats ou officiers, pas un seul ne revint, Ils périrent tous par le fer, la famine et la peste. Ce fut le digne pendant des Vèpres siciliennes.

Mais en revanche, le bon roi, lui, dormait sur ses deux oreilles,

Ce qui ne l’empêcha pas de mourir à Perpignan, en

Son fils, Philippe ÎV dit le Ze/ lui succéda.

Ce Philippe fut un des tyrans les plus lâches et les plus fourbes qui aient jamais honoré la profession.

Il fut avide, cruel, sans conscience, persécuteur de l'Eglise, faux monayeur et -excommunié !

Le comte de Flandre allait en Angleterre marier sa fille avec le prince de Galles. Philippe le persuada de passer par la cour de France ; et, à propos de rien, le traître fait jeter la jeune fille dans un cachot.

Elle y mourut de misère et de chagrin. Elle n'avait commis qu’un seul crime, celui de vouloir faire un mariage qui n’était pas dans les intérêts du despote.

Cette abominable trahison attira sur la France une guerre longue et sanglante, où les malheureux payèrent encore de leur sang, l'honneur d’être gouvernés par ces excellents rois.

Quelque temps après, le comte de Flandre se jeite encore dans un autre piège que lui tend /’#//ustre aïeul du comte de Chambord, Confiant dans les promesses du roi, il arrive à Paris avec trois fils, et à peine y a-t-il mis le pieds, qu'ils sont tous les quatre arrêtés et chargés de chaînes.

Les Flamands indignés se lèvent contre la France, et à la journée de Coutrai quarante mille Français sont massacrés en punition de la perfidie sans parallèle de leur digne monarque. Quant au vrai coupable, lui, il se la coulait douce.

Pour faire face à toutes ses dépenses, le bon roi avait besoin d'argent. Vite, il lève des impôts exorbitants, établit des maltôtes, force les serfs à racheter à beaux deniers sonnants un semblant de liberté, met les titres de noblesse aux enchères, oblige ses sujets à lui sacrifier toute leur vaisselle d’or et d’argent, et enfin fait fabriquer de la fausse monnaie à plusieurs reprises différentes.

Va sans dire que les juifs ne furent pas épargnés plus que d'habitude. On chassa de nouveau tous ceux qui étaient rentrés en France, et cette fois ils durent partir sans un sou vaillant, On leur avait tout pris. Il est vrai qu'ils ont tâché de se refaire depuis ce temps-là.

On sait que ces bons rois de France ont tous été des enfants soumis de l'Eglise, protecteurs du clergé et des communauté religieuses si odieusement persécutés par la république. Cependant comme il y a gwe/ques excep-

tions, j'en réclame encore une en faveur de mon ami Philippe-le-Bel.

Tâchons de classer cela avec un peu d'ordre :

10 Par une ordonnance, en 1288, il exclut tous les ecclésiastiques du parlement.

Oh! oh!

20 Par la même ordonnance il défend cu':.ucun juif puisse être arrêté sur la simple réquisition d’un moine.

Ah!ah!

3° En 1291, il ôte aux prêtres le droit de recevoir par legs ou donations pour au-delà d’une certaine valeur

Hi! hi!

4° Il se fait payer des subsides par le clergé qu’il force de contribuer aux dépenses de l'Etat.

Hu ! hu!

5° Il fait saisir anx frontières les décimes que le pape Boniface VIII prélevait en France.

Aïe! aïe!

60 Il se moque publiquement de la bulle C/erseis laïcos, qui le frappait d'excommunication mineure.

Eh ! eh!

7° Ifait brûler par les états généraux la bulle 4sse/ta fil, lancée contre lui par le Saint-Siége…

Voyez-donc !

8° Il convoque un concile à Lyon, pour déposer le pape.

Diable !

9° Il est excommunié comme un chien.

Il ne l'avait pas volé.

10° Enfin il envoie Nogaret en Italie pour s'emparer du pape.

Rien que ça!

Le pontife, surpris dans Agnani, fut fait prisonnier.

Au bout de trois jours, ses neveux le délivrèrent, mais le choc avait été tel que le pauvre pape en mourut trente-cinq jours après |

Ah! si la République en faisait autant... mon Dieu!

L'altération que le roi faisait à chaque instant subir à

l'argent monnayé finit par soulever des séditions elles furent noyées dans le sang et étouffées dans les suppli- ces.—Si l’on en faisait autant à ceux qui conspirent aujourd’hui contre la République !

On brüûla des hérétiques et des sorciers par hécatombes. On dut quadrupler le nombre des bourreaux.

En ane seule fois, on exécuta cinquante-six tompliers sous les plus futiles prétextes, mais dans le but véritable de s'emparer de leurs immenses richesses ; et le bon roi eut bien le soin d’ordonner qu’on les fit rôtir lentement, en commençant par les pieds et les jambes.

Cela les faisait crier beaucoup plus longtemps ; et l'illustre aïeul du comte de Chambord aimait cela.

La femme de ce bon roi était digne de lui.

Elle s'appelait Jeanne de Navarre, et c'est encore là une #//ustré aïeule dont l'enfant du miracle a raison d'être fier. |

On connaît l’histoire de la tour de Nesle, tant exploi:tée par les dramaturges et les romanciers.

Cette tour était un grand bâtiment dont les hautes fenêtres surplombaient au-dessus de la Seine, C’est là que la noble reine attirait des jeunes gens, des adolescents, des écoliers, presque des enfants ; et après avoir assouvi son épouvantable lubricité, les faisait poignarder et jeter à l’eau, pour s'assurer de leur discrétion.

Tous les jours, on repéchait quelques-uns des cadavres ; des centaines de jeunes gens périrent de cette façon.

Oh ! la sainte monarchie !.…

C'est de cette sanglante Messaline que prste Brantôme, dans ses Dames Galantes.

Faisant allusion au libertinage de certaine femme, il dit : |

. “Si est-ce que cette dame ne peut encourir tel bldrne, que ceée reine, qui se tenait à l’hôtel de Nesle à Paris, laquelle’ faisant le guet aux passans, et ceux qui lui revenoient et agréoient le plus, de

quelque sorte de gens que ce fussent, les faisoit appeler et venir À soi ; et après en avoir tiré ce qu'elle en vouloit, les faisoit précipiter du haut de la tour, qui paroît encore en bas en l’eau, et les fai. soit noyer.”

Ce fut le célèbre Buridan,—on connaît le Sophisme de l'êne de Buridan,—qui révéla l'horrible secret, après avoir lui-même échappé à la mort que lui avait préparée l’odieuse reine.

Plusieurs écrivains n'attribuent pas ces beaux exploits à cette dernière, mais à sa bru, Marguerite de Bourgogne. Cependant Villon, qui était presque contemporain, est positif à mettre ces horreurs sur le compte de Jeanne de Navarre.

Marguerite de Bourgogne, dont je parlerai bientôt, en à assez pour, son propre Compte. Du reste, reine Pour reine, peu importe » Pourvu que le fait soit avéré.

Et puis, quand une femme à le courage de faire persé- Cuter et accabler d'impôts toute une ville, pour se venger de ce que les femmes y ont des toilettes aussi belles que les siennes, cette femme doit être capable de bien des choses. Et c’est ce que Jeanne de Navarre fit pour les habitants de Bruges,

Philippe-le-Bel mourut, exécré par tout son peuple, et fut remplacé par son fils, Louis X ou le Hutin.

Ce dernier succéda à son père en 1314, et mourut en

I ne règna par conséquent que deux ans ; mais il eut le temps d'exercer le Pouvoir avec une royale discrétion.

Il commença d’abord Par faire étrangler sa femme. Une faiblesse /

Puis, comme son prédécesseur, il força les serfs à se

sés.

C'est ce qui s'appelle faire flèche de tout bois.

Toujours comme son prédécesseur, il guerroÿa, où plutôt fit guerroyer à tort et à travers. Il fut battu, et et pour se refaire et se consoler, il écrasa Île peuple d'impôts. C'est généralement de cette manière que les rois se consolent. ;

Un des grands actes de ce règne stupide et honteux fut l'exécution d'Enguerrand de Marigny, ancien ministre de Philippe-le-Bel, qui fut accusé de sorcellerie et pendu, d’après les ordres de Louis-le-Hutin, sans aucune espèce de procès. 1

Il est vrai que, pris de remords, le bon roi réhabilita sa victime, mais cela ne lui rendit point la vie. (Cela ne Jui rendit pas même son argent, qu'on avait eu soin de confisquer.

Marguerite de Bourgogne, sa femme fut célèbre. par ses débauches.

La cour de France était alors une espèce de lupanar, où le libertinage le plus éhonté trônait au grand jour.

On n’a qu’à lire Guillaume de Lorris et Jean de Meung pour en avoir une idée.

Avec Blanche et Jeanne de Bourgogne, ses deux belles sœurs, la femme de Louis-le-Hutin se livra à des immoralités telles que deux de leurs galants, Philippe et Gautier d’Aulnay, subirent le dernier supplice, après avoir été torturés, cruellement mutilés, et écorchés vifs sur une place publique.

Plusieurs autres personnes, qu'on soupçonnait du même crime, furent aussi torturées. On pendit même un moine de l'ordre des frères précheurs !

Ah ! si la République pendait les moines |...

La reine et les deux belles-sœurs du roi, épouses de ses deux successeurs, furent jetées dans dés cachots.

C’est là que le roi, qui voulait se remarier, fit étrangler la sienne avec une serviette.

Triste fin d’une triste vie!

Tout naturellement, Louis-le-Hutin Chassait de race

€ Son côté. Il eut, entre autres enfants naturels, une

fille nommée Endeline, qui fut religieuse, et qui, dit le

pape Jean XXII, dans un bref adressé à elle-même,

efaça la tache de sa naissance Dar la sainteté de ses mœurs et l'éclat de sa vertu.

Dans les familles royales, on en est arrivé à considérer comme rien ou presque rien, ce qui constitue une tache scandaleuse chez les simples citoyens de notre temps.

Remarié à Clémence de Hongrie. Louis-le-Hutin mourut, empoisonné suivant les uns, pris d'un refroidis- Sement subit suivant les autres.

Il laissa un enfant posthume, Jean Ier, qui fut empoi- Sonné, lui aussi, par la comtesse Mahaut, belle-sœur de Philippe V qui devait lui succéder. Ce fut l’un des rois auxquels la France a le moins à reprocher : il n'avait vécu que cinq jours.

Ce Philippe V dit le Zong, l'heureux mari de Jeanne de Bourgogne, dont j'ai parlé plus haut, second fils de Philippe-le-Bel, hérita de la couronne,

Aussitôt monté sur le trône, roi bonasse et prédestiné, il retira sa femme de prison, et vécut avec elle en mari content.

En revanche il fit subir aux juifs, à qui son frère avait vendu le droit ae vivre en France, les persécutions les plus affreuses,

Il n’est resté célèbre que pour ses extorsions, ses exactions et les brigandages qui s’exercèrent en son nom par tout le territoire.

Il meurt sans enfants, et c'est son frère, Charles IV dit le Zez, l'époux fortuné de Blanche de Bourgogne, l'une des trois grues mentionnées plus haut, qui lui succède.

Ce fut le dernier roi de cette branche des Capets. Il règna six ans, de 1322 à 1328.

Spoliation, pillage et violence furent les mots d'ordre de ce règne.

Le bon roi, pour dépouiller l'intendant des finances, qui s'était enrichi sous le règne de son frère, le fit mourir dans les plus épouvantables tortures.

Lui aussi se fit faux monnayeur, après avoir confisqué les richesses des banquiers italiens, et chassé plusieurs seigneurs de leurs domaines, sans le moindre prétexte, et toujours pour s'emparer de leurs biens.

Il ne prit même pas la peine de cacher ses brigandages et sa malhonnêteté. On disait de lui : Voleur comme le roi.

Il répudia sa femme, Blanche de Bourgogne,—ies rois ont toujours eu ce droit-là,—et se remaria avec Marie de Luxembourg. Celle-ci mourut avec son enfant au bout d’un an. Froissard donne à entendre qu’ils furent empoisonnés tous les deux. Un mal de famille.

Jeanne d’Evreux fut la troisième femme de Charlesle-Bel. Elle ne lui donna qu'une fille posthume.

Ce roi, comme la plupart de ses prédécesseurs, fit plusieurs guerres. Il s’attaqua principalement aux Flamands, aux Anglais et à la noblesse de Gascogne.

Il envoya aussi des secours à sa sœur Isabelle révoltée contre son mari, Richard II.

Toutes ces guerres n’eurent pour résultat que de faire verser le sang français, et de donner de nouvelles occasions à ce bon peuple de se laisser égorger pour /ewr souverain.

Son successeur fut Philippe de Valois.

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DES ROÏS DE FRANCE si

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