SÉPARATION DE LA HAUTE ET DE LA BASSE-NAVARRE
Henri fut le second prince de Béarn de la maison d'Albret. Sa première préoccupation fut de revendiquer la Navarre. Jamais affaire ne fut plus plaidée et replaidée, mais Henri comprit que la force seule pouvait assurer ses droits et, en 1521, il envahit ce royaume avec l'aide d'une armée envoyée par François Ier et commandée par André de Foix, frère de Lautrec.
Cette expédition ne fut pas plus heureuse que lajprécédente, malgré le concours prêté par l'amiral Bonnivet en Guipuzcoa. Après avoir repris Pampelune, André de Foix subit à Noain un échec qui l'obligea à évacuer la Haute-Navarre (1521). Cette dernière resta indissolublement liée au royaume d'Espagne et Henri d'Albret ne conserva plus que la Navarre Française. Cependant il persista à porter le titre de roi de Navarre qui passa a ses successeurs.
Les domaines qui lui restaient n'étaient pas négligeables : ils comprenaient le pays d'Albret qui s'étendait de l'Adour à la Garonne et dont Nérac était la capitale, le Béarn,la Soûle, la Bigorre et le pays de Foix. En 1527 une partie de l'ancien comté d'Armagnac fut ajoutée à ses états, lors de son mariage avec Marguerite de Valois, sœur de François Ier.
Bien que chacun de ces pays eût ses états et son organisation
(1) Cette place fut évacuée quelques années plus tard, mais le roi d'Espagne conserva aux habitants de la Basse-Navarre les prérogatives des sujets espagnols dans leurs relations avec l'Espague. Cet état de choses cessa au traité des Pyrénées (1660).
propre, l'histoire de la Basse-Navarre, comme celle de la Soûle, est liée à celle du Béarn. Pau devint Tunique capitale des états d'Henri d'Albret et conservera cette prérogative jusqu'à l'avènement d'Henri IV au trône de France. Mais l'époque des grands faits historiques est passée. Henri d'Albret se consacra à l'administration de ses états ; il favorisa l'agriculture, l'industrie et ses sujets connurent une période de prospérité inconnue jusqu'alors, tandis que Marguerite de Valois réunissait autour d'elle tout ce que le pays comptait d'hommes de lettres, d'artistes et de théologiens.