‹ Petites chroniques pour 1877 [microforme]Chapitre 12 sur 25 · PA · texte numérisé non relu

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les patates sont grosses comme Je pouce, les grains n’ont pas de paille, les épis sont gros comme des fraises, les animaux vont crever ; qu'est-ce qu’on va devenir ?”..,.Ce que vous allez devenir ? Vous allez rôtir, aussi vous, et devenir gros comme une pomme ; car, je le dis en vérité, un canadien est incontentable. Pour lui, il n’y a jamais de bonnes années ; pour lui, les averses ne sont que des feux de paille, et le déluge viendrait-il encore une fois inonder la terre qu’il tendrait la langue et supplierait le ciel de lui envoyer une goutte d’eau pour calmer sa soif brûlante.

On dit que les travailleurs de la terre, qu’ils s’appellent paysans où habitants, sont partout les mêmes, qu’ils se plaignent par routine, absolument comme ils cultivent, et que, jamais, depuis que le premier 80€ à creusé le premier sillon, ils n’ont adressé au ciel patient autre chose que des récriminations et des doléances, Classe paisible, heureuse, sans souci, qui mange du lait caillé et du lard, tant qu’elle en veut, qui atteint les limites extrêmes de la longévité, qui a l’air d’être parfaitement satisfaite de son sort et qui, cependant, ne l’est jamais du temps qu’il fait! Vous trouvez cela étrange et rien ne l’est moins. De quoi l’habitant aurait-il donc à se plaindre si ce n’était du cçjel, du ciel qui le comble ou l’appauvzit indifféremment ? Pour lui le temps est toujours un ennemi déguisé, parce qu’il le redoute toujours. Quand il fait beau, c'est de la pluie qu’il faudrait, parce que les champs ont soif; et quand il pleut, il pleut toujours trop tard

ou pas assez. Vouloir satisfaire un habitant avec du soleil ou de la pluie, c’est vouloir contenter un oppositionniste avec un gouvernement modèle, ou le Nouveau-Monde avec le massacre de tous les libéraux, martyrs de la foi dans quelque contrée sauvage.

Cette année, donc, pour en revenir où nous en étions tout-à-l’heure, la pluie, le vent, le brouillard et la brume se sont disputé le ciel pendant toute la première quinzaine d'août. Les étrangers ont fui, et surtout les jeunes femmes, les jeunes filles, comme des volées d’hirondelles effarées, surprises par lautomne avant que les petits n'aient encore d'ailes. Beaucoup sont restés tout de même, ceux qui ont Joué pour la saison, ceux qui ont pris feu et lieu, les mères qui n’ont pas de grandes filles, les pères qui ont des sinécures, et les hardis, les intrépides baïgneurs et baigneuses qui se sont fait une loi de prendre un bain tous les jours, quelque temps qu'il fit, quoiqu'il arrivât.

De toutes les places balnéaires, la Malbaïe est celle qui a conservé le plus de son publie ancien ou nouveau. On ne vit jamais pareille invasion, pas même à Cacouna, le resort autrefois sans rival, où se faisaient des courses, et dont le grand hôtel a compté jusqu’à six cents pensionnaires pendant plusieurs semaines d’un même été. La Malbaie à été littéralement encombrée cette année-ci ; ses hôteliers ont été sur les dents, et ses nombreux caléchiers n’ont pas connu le chômage un seul jour. Commençons donc par

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