‹ Petites chroniques pour 1877 [microforme]Chapitre 14 sur 25 · PES; À" MEN · texte numérisé non relu

PES; À" MEN

place d’un sentier pour les piétons. Comment fallaitil donc faire ?

C’est alors que M. Tremblay, l’ex-député de Charlevoix, conçut l’idée de proposer un changement complet au maître de poste, l’'Hon. M. Huntington. Ce changement consistait en ceci : la malle, au lieu d’être apportée par bateaux, le serait par le Grand Tronc jusqu’à la Rivière Ouelle, endroit de la rive sud qui se trouve presque vis-à-vis la Malbaie ; de la station de la rivière Ouelle, située fort avant dans les terres, un stage de la malle la prendrait et l’emporterait jusqu'au quai de St. Denis qui se trouve à sept milles de distance ; de là un bateau à vapeur la recevrait à son tour et la traverserait à la Malbaie, d’où elle serait expédiée à tous les bureaux de poste du nord par courriers spéciaux, sans délai et sans embarras. Ce plan a été réalisé en effet ; il est en pleine exécution depuis le commencement de l’été et il foncsionne excellemment, outre qu’il apporte un nouveau moyen de communication, et à heure fixe, au moyen duquel les deux côtes nord et sud se trouvent immédiatement reliées.

Le plus grand inconvénient ou désavantage (drawback en anglais) de la Malbaie était jusqu’aujourd’hui d’être isolée, de n’offrir aucun moyen d’en sortir au

voyageur qu’une affaire pressante rappelait à la ville et de l’ébliger, par conséquent, à attendre le retour du bateau. Aujourd’hui il peut traverser tous les matins à huit heures, s’il le veut, au quai de St. Denis, d’où il gagnera le Grand Tronc qui le mènera trois fois par jour dans la direction qu’il lui plaira. Le samedi, il traversera deux fois, car, ce jour là, le Rival, tel est le nom du bateau loué par le département des postes, fait deux voyages ; la traversée est de quatorze milles et se fait exactement en cinquante-cinq minutes.

Un autre désavantage de la Malbaiïe, c’est qu’il est à peu près impossible d’aller en voiture aux paroisses voisines, soit en descendant, soit en remontant le fleuve, à moins de se résigner à se faire broyer les os et à revenir en capilotade. Les côtes de ce pays sont effrayantes et on ne s’y hasarde, la conscience tranquille, que lorsqu'on est candidat libéral ou qu’on porte des pilules aux malades. Cependant, l’intérieur est fort praticable, quoiqu'il y ait aussi des montées et des descentes ; maïs elles ont un caractère humain, et le paysage qui les environne, avec son cadre de montagnes de toutes les hauteurs et de toutes les formes, est si beau, si varié, si abondant en aspects pittoresques ou saisissants, qu’il n’est pas de promenades plus connues par les touristes que celles qui mènent aux chutes Fraser, au Trou, au Grand Ruïsseau et au Grand Lac, endroits situés à une distanee variant de quatre à dix milles de la Pointe-à-Pic. Et combien d’autres lacs plus éloignés, à quinze, dix-huit

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