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4 Au siècle procliain, les stvañts ténteront peut-être de éracér la complexe généalogie des Highlanders de. Fraser à celle des Pictes ou des Lapons.... ” Tracer une généalogie à....,4 c'est dé l'anglais, to trace to j mais laissons de côté les anglicismes qui, dans un pareil morceau, semblent véniels. Allons toujours,
Il n’y aura qu'un reeton qui fleurira vivace jus- . qu'à la fin des siècles ; la tribu des charretiers, race démoralisée par ses exactions et sa soif homériqué pour les spiritueux.”—Lorsqu'il n’y aura plus que des charretiers dans la Malbaie, on ne se hasardera guère à les appeler romanesques habitants : toutefois, s'ils habitent le flanc des précipices sur précipices on se logent sur la cîme des pics qui se perdent, ça pourra encore passer. En attendant, je me sens le devoir de réclamer en leur nom contre la mauvaise réputation qui leur est faite. Les charretiers de la Malbaie sont tout ce qu’il y a au monde de moins exigeant ; ils vous feront faire trois milles pour trente sous et vous donneront une journée entière pour un dollar einquante. Iln’y a pas là de quoi démoraliser, même des indigènes. En cutre les charretiers de la Malbaie sont remarquablement sobres ; tout le monde’ peut leur rendre ce témoignage. C’est rare, si l’on veut, tout-à-fait dérogatoire à leur noble profession telle que l’entendent les cochers urbains, mais c’est le cas, et il n’y a rien à dire contre le fait.
Passons au dernier coup de pinceau, et lé lécteur sera soulagé.
‘ La Malbaiïe renferme quatre ou cinq grands hôtels, eapables de contenir six à sept cents touristes, (vient l'énumération) avec Palais de Justice, prison, une belle église catholique, une chapelle anglicane, un juge résident, un shérif, un greffier, deux médecins. .” Jugez un peu de ce que peuvent bien être quatre ou cinq hôtels qui renferment tous et chacun à la fois le même Palais de Justice, la même prison, la même église, les deux mêmes médecins et le même juge! Une pareille merveille ne peut exister que dans un endroit étonnant à tant d’égards, comme on l’a vu plus haut. Ce qui n’étonne pas moins, c’est que le premier venu puisse se la payer pour une piastre et demie par jour, avec beefsteacks, saucisses, omelettes st cornichons.
Voilà un livre qui devrait être sévèrement prohibé. Il n’est pas plus permis d'écrire de pareilles choses dans un pareil langage que de faire de la fausse monnaie. Quand on possède, surtout comme l’auteur de lAlbum, une belle campagne, avec pare, serrechaude et vignoble, on a des devoirs envers ses semblables, et le premier de ces devoirs est assurément de ne pas massacrer leur.langue sans nécessité ; le deuxième serait bien de laisser le champ de la litté-
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rature aux pauvres diables qui n’en ont pas d'autre et qui pourraient en tirer quelque chose, s’il n’était pas envahi par les plantes destructives.
Nous n’avous besoin de personne en Canada qui fasse concurrence au style de Gagne, et le moins que nous puissions réclamer de ceux qui prennent une plume, c’est qu'ils aient quelque notion de grammaire jointe à un peu de sens commun, et qu’ils ne torturent pas sous nos yeux la pauvre langue échappée à la conquête, consolation et espoir des canadiens depuis plus d’un siècle. Le moins que nous puissions réclamer du président d'une société littéraire, d’un homme dont le nom paraît à tout bout de champ: dans les journaux comme auteur, tantôt d’un livre, tantôt d’un mémoire, tantôt d’une brochure, tantôt : de çi, tantôt de ça, d’un homme qui va jusqu’à revendiquer au nom de la langue française et se constituer comme son chevalier, voire même comme son protecteur en Canada, d’un homme qui a été appelé charmant écrivain par Mr. Gaïllardet qui ne soupçonnerait même pas encore son existence, si le complaisant et perfide Mr. Chauveau ne la lui avait révélée, d’un homme enfin qui ne peut se résoudre à écrire deux lignes sans en faire part: au public, le moins, dis-je, que nous puissions réclamer de lui serait, bien modestement, de connaître la signification des mots les plus ordinaires ec ne pas les entasser pêle-mêle, sans construction, sans raison, sans à-propos ni convenance, comme s’il en étäit le maître et qu’il pât les arranger à sa guise.
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Dés volumes comme l’ATBum du Touriste dénatureht le français etilya ‘dé la perfidie à les écrire. C’est’ se montrer en public avec la défroque d'un vêtement élégant changé en oripeau, et' continuer à l'appeler paï son nom. De pareils livres sont une apostasie dissimulée de notre langue; ils l’avilissént par leurs’ embrassements funestes et lui font produire des êtres tellement difformes qu’en la prend en dégoût. Ils nous dépouillent de notre figure propre, nous enlèvent la sève gauloise et nous anglifient er français. Ils font plus contre notre langue que vingt conquêtes saxonnes, puisqu'ils la retournent contre elle-même et la rendent méconnaissable avec ses propres expressions. (C’est grâce à eux que tant de canadi ns sé réfugient dans la langue anglaise et proclament qu’il vaut mieux ne connaître et n’écrire qu'elle, plutôt qu'un français aussi baroque et aussi repoussant.
Or, ce sont là des prévarications. Nous n’admettons pas que la conscience doive être plus absente d’une manière d'écrire quelconque que de tout autre acte de la vie. Ecrivez comme un bûche.on si bon vous semble, mais n’essayez pas de faire prendre la cognée pour une plume. Rejeter sur notre langue des énormités comme l’ Album du Touriste, cela équivaut à faire facx en écritures publiques, à commettre un attentat
à la pudeur sous le nom d’un autre.
Il est temps que ces productions innommables cessent de voir le jour; il estrtemps qu’elles cexsent de s’imposer au public comme à un esclave qui añne sa
chaîne ; il est temps que tont ce qui a quelque souci de la littérature s'insurge contre elles, sans quoi on en serait inondé et le temple serait livré aux saturnales. Finissons-en ; repoussons l'invasion barbare, si nous voulons a et ne permettons pas enfin qu’on nous étouffe dans le germe sous prétexte de nous embrasser,
Maintenant, je ne saurais finir sans dire un mot de la double appellation qu’on donne à l’endroit qui est le sujet de ce chapitre. On l’appelle indifféremment Malbaie où Murray Bay. Il y à pourtant une différence ; en quoi consiste-t-elle ? ‘ Malbaie ” est un nom fort ancien ; il remonte à 1608, aux premiers temps de la colonie, et a été donné par Champlain lui-même. Plus tard, après la conquête du Canada, le général Murray, commandant des forces anglaises, divisa en 1762 la seigneurie de la Malbaie en deux parts dont il concéda l’une, appelée Mount Murray, à Malcolm Fraser, l’autre, qui prit le nom de Murray Bay, à John Nairn, tous deux officiers du régiment écossais des Highlanders. Les Canadiens ont fait de ‘ Mount Murray ” le fameux Cap à V’Aigle, connu de tous les voyageurs du continent, et ils laissent les anglais et les américains appeler à leur guise Murray Bay toute la partie ouest de la rivière qui comprend le village proprement dit et la Pointe-à-Pic.