REMÈDE RUSSE
Dans le gouvernement de Saratow, dans la Russie méridionale, où la rage sévit très-souvent, un habitant du pays a préconisé le remède suivant.
Il recherche, au printemps, au fond des fourmilières de la formica rufa, Linné, des larves blanchâtres appartenant à la cetoniaaurata, Linné; il les conserve, avec la terre dans laquelle elles ont été prises, jusqu’à leur dernière transformation, qui a lieu au mois de mai. Les in-
DE LA RAGE
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sectes parfaits sont tués immédiatement par la chaleur, puis desséchés, et les individus sont mis dans les bocaux, qu’on ferme hermétiquement, puis gardés dans des flacons pour conserver l’odeur forte qui leur est propre, surtout au printemps, car c’est à ce principe qu’on attribue les effets du remède.
Quand un cas de rage se présente, il réduit en poudre un certain nombre de ces insectes, étend cette poudre sur du pain couvert d’une couche de beurre, sans sel, et le fait manger de suite au malade. Toutes les parties de l’insecte, sans exception, doivent composer cette poudre grossière.
Pendant le traitement, le malade doit boire le moins possible, et s’il en éprouve trop impérieusement le besoin, on ne doit lui donner qu’un peu d’eau pure, mais il peut manger.
Ordinairement, le seul effet de ce remède est de donner un sommeil plus ou moins long. Il faut alors abandonner le malade à ce sommeil, qu’on a vu se prolonger jusqu’à trente-six heures, après quoi, le plus souvent, il est complètement rétabli.
Quant au traitement des morsures , il recommande en outre de ce remède, les moyens ordinaires.
La dose de cette poudre que doit prendre le malade fiepend du développement de la maladie et de l’àge de mr ividu . à un individu adulte, immédiatement après a morsure, on donne de deux à trois cétoines, en deux >u trois doses dans la même journée; à un enfant, de
individu chez lequel la maladie s’est ej.i fortement développée, de quatre à cinq.
On agit de même pour les animaux.
Si le remède est donné à un individu .sain, il n’en résulte pour lui aucun danger. Dans le cas où quelques symptômes de la maladie se présenteraient, même plu-
Sieurs jours après, on pourrait recommencer; mais, en general, la première dose suffit.
M Motschoulsky, naturaliste russe, a été à même de venfier en partie ces faits. En 1846, un de ses chiens ayant été mordu par un chien enragé, étayant une blessure saignante, il lui fit prendre le remède que nous venons d indiquer, composé de deux cétoines, en deux prises, et l’animal ne mourut pas et ne fut pas enragé* mais, chaque année, à l’approche de l’époque où il avait ete mordu, il montrait une tristesse qui semblait provoquée par des crampes dans l’estomac, et durait quatre à cinq jours.
En 1847, deux enfants furent mordus par un chien enragé, dans le voisinage de l’habitation de l’entomologi.ste russe; il leur donna à chacun une cétoine et demie, ce qui les fit dormir, et ces enfants n’ont montré depuis aucun symptôme de rage.
Pour ce traitement, M. Motschoulsky a employé des cétoines dorées qu’il avait prises sur des fieurs, et conservées en plein air; cependant la poudre avait une odeur particulière, odeur que M. Guérin-Meneville a également trouvée en écrasant des individus conservés depuis longtemps dans sa collection.
Plus récemment, M. le docteur Mandileny a rapporté aussi quelques faits analogues, observés en 1817 dans le gouvernement de ïchornigof, et, en 1830, dans celui de Saratow. Il parle de la confiance illimitée qu’ont les habitants pour ce remède, et croit devoir en conclure qu’il y a au moins présomption d’efficacité.
l’alcali volatil ex boisson.
On nous adresse, dit le Journal de /iennes, pour le pu-
DK LA UAGL.
blier, le remède suivant contre la rage. L’honorable correspondant qui veut bien nous faire cette communication affirme qu’il a par-devers lui l’expérience que ce remède préservatif agit d’une manière infaillible.
Sur plus de trois cents personnes à qui on l’a administré, aucune n’a eu d’attaque d’hydrophobie.
On peut aussi le faire prendre aux animaux mordus par un chien enragé avant qu’ils n’aient eu la gourme.
Nous croyons que ce remède n’est pas inconnu; toutefois nous pensons qu’il n’est point inutile de lui donner une nouvelle publicité , c’est rendre service à la société que de chercher à prévenir les terribles effets de cette affreuse maladie.
Un homme fort prendra trois jours consécutifs de l’alcali volatil fluor, ou ammoniaque liquide , dans un petit verre d’eau, savoir :
Le premier jour, 20 gouttes le matin et autant le soir, une heure avant de manger;
Le deuxième jour, il diminuera l’alcali de 4 gouttes le matin et de même le soir, toujours dans la même quantité d’eau ;
Le troisième jour, il ne prendra plus que 12 gouttes le matin et le soir, conservant la même quantité d’eau.
Une femme ou un homme qui ne serait pas fort, ne prendra le premier jour que 16 à 18 gouttes d’alcali, suivant sa force, et ne diminuera chaque jour les gouttes que de 2 au lieu de /»- comme ci-dessus, toujours dans un verre d’eau.
Les enfants de Ui. à 13 ans ne prendront que Ui. à 16 gouttes, ou moins s’ils étaient faibles. Au-dessous de cet âge, on diminue l’alcali proportionnellement.
Pour tout remède extérieur, on met sur les plaies des compresses imbibées dans un mélange de 6 parties d’eau et 1 partie d’alcali. On a soin de les tenir toujours hu-
mides pendant les trois jours, et de brûler les linges qui ont touché les plaies. On les soigne ensuite comme toute âutre plaie.
Pendant les trois jours de ce traitement, le malade ne mangera aucun fruit ni légumes crus, aucune espèce de laitage, ne boira autre chose que de l’eau, et évitera soigneusement tout ce qui pourrait renfermer de l’acide.
Les personnes mariées se sépareront pendant quelque temps.
On se servira pour ce remède de l’alcali le plus violent, autrement il serait sans effet.
Nota. Le régime n’est obligatoire que pendant les trois jours du traitement ; on vit ensuite h son ordinaire.
REMÈDE DE MADAME EOtOUET.
Je connais un remède efficace contre la rage, même après les premiers accès. Le succès m’en est garanti par une expérience de soixante ans. Ma fortune ne me permettant pas les frais d’impression nécessaires pour le propager, j’ai recours aux colonnes de votre journal pour le porter à la connaissance de tout le monde.
Dès que l’on est mordu par un chien , il convient de laver la plaie et les parties voisines avec du lait de vache bouillant, au moins pendant neuf jours.
La cautérisation par le fer chaud ou le nitrate d’argent n’offre pas de garanties suffisantes, parce qu’elle n’agit que sur la partie blessée, et que la bave déposée autour, s’infiltrant peu à peu, suffit seule pour amener l’hydrophobie. Il est plus sûr de laver la plaie comme je viens de le dire.
On prendra également, tous les matins, à jeun, et en-
DE J. A HAGE.
core pendant neuf jours, un verre tiède de la potion suivante ;
10 Racine d’angélique en poudre, 30 grammes ;
20 Racine de gentiane en poudre, 30 grammes ;
30 Thériaque fine de Venise, 30 grammes;