VIEILLE RECETTE
1° Une demi-poignée de sauge ;
2° Une idem de rhue ;
30 Une idem de trèfle sauvage;
40 Cinq clous de girofle;
30 Uue demi-poignée de sel ;
6" de la poudre d’oranges amères (la pesanteur d’un louis de 24 fr. en grammes...);
70 Un verre de gros vin.
Les herbes qu’on emploie doivent être fraîches.
On doit broyer et pulvériser le tout ensemble ; le passer à travers un linge sec; garder le marc, <|u’on divise en neuf parties, et appliquer chaque jour, durant neuf jours, sur l’endroit mordu, une de ces parties en guise de cataplasme, ayant soin de l’humecter avec du vin.
Le malade doit être à jeun quand il prend la potion, et ne rien prendre après, durant trois heures.
La dose est la même pour les enfants et pour les grandes personnes.
Pour un bœuf ou un cheval, il faut quadrupler la dose.
DE LA RAGE
Le remède opère avec efticacité à huit jours de distance; il réussit quelquefois à une distance plus considérable, pourvu que la rage rie soit pas déclarée.
REMÈDE DE M. DOUDEAÜVILLE.
M. le duc de Doudeauville a rapporté d’Allemagne un remède contre la rage. Les effets merveilleux de ce remède lui ont été attestés par des personnes dont la parole, dit-il, mérite toute confiance. M. le duc de Doudeauville fait appel à la publicité pour vulgariser ce remède, aussi efficace que facile à se procurer. Nous nous empressons d’en donner la recette.
A la fin du mois de mai, au commencement de juin, ou bien au mois de septembre, il faut cueillir les quatre espèces d’herbes suivantes : — lo euphorbia villosa; —
2° veratrvm album; — 3<> polygonium hydropiper ;
4° helleborus vulgaris : c’est-à-dire, 1° l’euphorbe poilu , euphorbe officinal; 2» l’ellébore blanc; 3° le poivre d’eau; 4° l’ellébore ordinaire.
Ces plantes croissent habituellement dans les prairies marécageuses.
Pour s’en servir, on prend une forte pincée de chacune d’elles, on les met dans une théière, et on jette dessus de l’eau bouillante comme pour une infusion de
thé.
Après quelques minutes d’infusion, on en donne la valeur d un verre ordinaire à la personne ou au chien qui a été mordu par un chien, qu’on sait ou qu’on croit uvoir eu la rage.
Dans les premiers moments, on se contente de laver à plaie avec de l’eau et du vinaigre.
54 encyclopédie de la santé.
Il faut laisser écouler vingt-quatre heures pour un chien, et deux fois autant pour un être humain, avant de leur faire avaler le remède que l’on vient de décrire. Il a, outre l’avantage précieux de détruire les effets de la morsure, celui d’indiquer avec certitude si elle provient d’un chien effectivement enragé ou non.
Dans le premier cas, cette potion , qu’il faut prendre toujours à jeun, produira des vomissements violents, et on continuera à la donner jusqu’à ce que les vomissements soient entièrement calmés, ce qui arrive ordinairement après la troisième et au plus la quatrième dose, en en prenant une chaque jour. Si, au contraire, le chien n’était pas enragé, le malade ne vomira pas. Il suffit de l’essayer deux fois de suite; mais alors la frayeur serait dissipée, et on éviterait le danger qui provient d’une imagination frappée.
Après avoir passé par l’épreuve de ce remède, on peut, sans aucun inconvénient, conserver un chien qui aura été mordu et qu’on verra retrouver de l’appétit et recommencer à boire de l’eau comme de coutume, sans être sujet à aucune rechute ni incommodité ultérieure.