PROPOSITION DE M. RASPAIL
Attaquer la cause du mal , qu’on la croie animée du inanimée, dans son lieu d’élection; en poursuivre les ravages et les éteindre, pour ainsi dire, jusque dans les derniers replis de la circulation, voilà la formule générale, et en voici les ingrédients (la médecine officielle se
1)E LA RAGE
refusera peut-être à en faire l’essai ; mais, comme dans ce cas elle se déclare impuissante, qu’elle abdique en quelque sorte le monopole de son diplôme, j’ai le droit (le faire un appel au zèle éclairé des particuliers sans crainte de compromettre leur responsabilité).
Dès qu’une personne est mordue, on enveloppe la surface entamée d’une compresse imbibée d’une eau sédative forte pendant plusieurs heures ;
On fait avaler de temps en temps un verre d’eau sucrée avec une cuillère à café d’eau sédative ;
La personne gardera constamment dans la bouche un grumeau de camphre ;
Elle mâchera soir et matin un petit fragment d’écorce de grenade, et prendra de l’aloès tous les trois jours avant dîner.
Si la rage vient à se déclarer, à l’instant on plongera le malade dans un de mes bains sédatifs ; on lui arrosera le crâne d’eau sédative.
De force ou de gré on lui introduira dans la bouche une pâtée faite avec une gousse d’ail , une pincée de sel et une pincée de poivre, 25 centigrammes de camphre et 25 d’aloès, enfin la poudre d’un gramme d’écorce , non de racine de grenadier, mais de grenade, fruit du grenadier.
Au bout d’un quart d’heure, on sortira le malade du bain, et on le lotionnera d’eau sédative sur la poitrine, l’estomac, le dos et le crâne jusqu’à complète guérison, ce qui, j’en suis convaincu, ne tardera pas à se réaliser.
On pourra, pendant quelque temps, lui administrer par intervalles la même pâtée, qu’il se contentera de garder dans la bouche quelques instants sans l’avuler.
La cuillère à café d’eau sédative dans un verre d’eau
encyclopédie de la santé.
lui sera administrée par intervalles, même après la guérison.
Ce remède doit être considéré comme aussi efBcace chez les animaux que chez l’homme.
l’omelette antirabique.
Différents journaux ont publié récemment des remèdes contre la rage ; permettez-moi donc de vous faire part d’une découverte ad hoc, que mon ami et collaborateur, Albert Aillaud, et moi, venons de faire dans un ■papier public, comme on disait autrefois, de près de cent ans de date.
En prenant des notes à la bibliothèque de Rouen, voici ce que nous avons recueilli dans les Annonces, affiches et avis divers de la haute et basse Normandie, 52® feuille hebdomadaire du vendredi 27 mai 1763 :
Remède bien éprouvé contre la rage.
On prend le poids de deux liards de vermoulu de chêne sec et bien tamisé, et quatre œufs dont on ôte exactement le germe. On bat le tout ensemble pour en faire une omelette; on fricasse cette omelette dans la meilleure huile de noix, et on la fait manger à la personne ou à l’animal qui a été mordu.
Si la personne est un enfant en bas âge, il faut proportionner la dose à la faiblesse.
Il faut faire suer le malade afin qu’il opère par la transpiration.
On n’a point éprouvé ce remède sur des malades qui avaient eu des accès de rage, mais sur plus de deux
DE LA DAGE.
mille sujets qui avaient été mordus par des animaux réellement enragés. (Textuel.)
Je ne saurais vous certifier, Monsieur le Directem, que l’efficacité de la recette n’ait rien perdu de sa vertu depuis cette époque un peu reculée, mais je suis fermement partisan du principe ; Les remèdes les plus simples ont les meilleurs, et je n’ai point hésité à vous communiquer le précédent, dû à un prieur des environs de Châteauneuf en Thimerais.
Recevez, Monsieur, les salutations cordiales de votre bien dévoué, H. I.
DU CHOLÉRA