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X. — Sagesse dans l’alimenfation

Je l’ai discuté dans mon Cours d’hygiène, Phomme est obligé de manger pour vivre ; perdant sans cesse par ses mouvements et son activité , il est obligé de combler les vides par une réparation alimentaire presque incessante.

On doit autant que possible manger sobrement et à heure fixe.

Comme le tube digestif est un maître, un tyran, que l’estomac est de tous nos organes le plus fantasque et la

plus capricieux, chacun doit étudier scrupuleusement, et les aliments qui lui conviennent, et les aliments qui lui sont contraires.

L’alimentation est sollicitée chez l’homme par un besoin que l’on appelle appétit et par une satisfaction physique qui! constitue un véritable plaisir. Or, il est trop de personnes qui abusent de cette satisfaction, et donnent à ce besoin plus qu’il ne leur demande. C’est là ce qui constitue la gourmandise et l’intempérance.

Il est d’autres personnes, au contraire, qui, par un bon sentiment, cherchant à amasser pour leurs enfants ou pour leurs vieux jours , se condamnent par économie à une sobriété désespérante ; peu de viande , mauvaise boisson, pauvres légumes, pain grossier!

Ces deux fautes , gourmandise et parcimonie alimentaire, doivent être scrupuleusement évitées tout le temps que dure une épidémie cholérique. Le choléra (je vous l’apprendrai dans ma seconde partie) frappe tout d’abord sur les organes de la digestion. La cholérine ellemême , premier degré du choléra , se dénonce par des évacuations multipliées et une inappétence singulière. Par conséquent, rien ne ressemble plus aux premiers symptômes cholériques que les accidents d’une indigestion.

Je vais plus loin : j’ai constaté nombre de fois que les indigestions provoquées par quelques sottises alimentaires appelaient en quelque sorte l’épidémie et occasionnaient l’explosion d’une maladie qu’on aurait peutêtre évitée.

« Oh! dans un temps d’épidémie, ai-je écrit dans la « Santé du peuple, rappelez-vous, je vous en conjure, « et mettez en pratique les quelques règles d’hygiène K que j’ai tâché de vous apprendre. 11 vous faut un ré-

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« gime alimentaire sain et régulier; et même, en temps « de choléra, il faut savoir faire pour votre nourriture « quelques légers sacrifices. »

Effectivement, pendant les épidémies cholériques que nous avons traversées, comme de faux avis avaient anathématisé les fruits et les légumes, et que toutes ces denrées étaient vendues à vil prix, j’ai vu bien des gens mourir par des indigestions de melons, de haricots ou de petits pois. Pourquoi! parce que la plupart du temps ces pauvres gens en avaient fait abus. Pourquoi? parce qu’il est certaines substances qui sont très-mal digérées par certains estomacs.

Je dois déclarer ridicule et dangereux le conseil, donné par certains médecins , de ne manger en temps de choléra aucun fruit, aucun légume. J’ai vu dans la classe opulente des personnes qui s’étaient conformées à cette recommandation et qui se mettaient en quelque sorte le feu dans les entrailles, parce qu’elles ne mangeaient que des viandes rôties ou bouillies, parce qu’elles ne buvaient que des boissons toniques et généreuses. Déjà des symptômes douloureux apparaissaient dans les intestins, et toute la famille s’effrayait et tout l’entourage était inquiet. Quand j’étais consulté en pareille circonstance, je recommandais quelques légumes, quelques fruits cuits, et cette simple précaution, rétablissant l’ordre et les digestions, mettait toutes les douleurs en déroute.

A chacun suivant ses facultés digestives ; celui-là ne digère bien que la viande, qu’il se tienne à un régime alimentaire exclusivement animal ; celui-ci a besoin de légumes, de quelques substances un peu rafraîchissantes, qu’il en prenne, qu’il les accorde au petit caprice de son estomac. Cet autre est accoutumé aux boissons toniques et fortement alcoolisées, qu’il garde ses habi-

tudes, mais qu’il ne dépasse pas la dose qui lui est réellement nécessaire.

J’appuie là-dessus, parce qu’on a beaucoup vanté, comme moyen préservatif du choléra, l’usage des boissons alcooliques. On a recommandé du punch, du rhum, du madère ou du malaga. J’admets ces boissons comme remèdes efficaces quand la maladie est déclarée; mais je trouve fort imprudent de s’y adonner à l’avance, d’annihiler ainsi un moyen en réserve. N’est-ce point, à la veille d’une bataille, jeter sottement sa poudre aux moineaux ?

XI, — Sagesse dans les vêtements.

Chacun sait que, pour se défendre contre les vicissitudes atmosphériques , pour résister à l’intempérie des climats, l’homme est contraint de se vêtir, c’est-à-dire de garantir toute sa surface cutanée par des espèces de boucliers à forme variable , par des égides de toile de laine ou de coton.

La laine est, de toutes les substances consacrées aux vêtements, la plus efficace, la plus évidemment préservatrice, et les raisons en sont toutes physiques :

10 La laine, éminemment poreuse et sèche, est comme un gosier qui a soif et boit avec avidité toutes les humidités avec lesquelles on la met en contact;

2° La laine, douée de qualités spéciales, est un isolant calorique. Expliquons-nous ; pour peu que vous ayez la moindre notion de physique , pour peu que vous ayez remarque et étudié les nombreux phénomènes qui se passent autour de vous, vous savez et vous avez pu vous convaincre par de quotidiennes expériences que le calorique est un de ces corps fantastiques, — corps impondérables, comme disent les savants, — (lui sont soumis à

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des lois imprescripbles, se comportent par conséquent d’une façon identique et ne sont en réalité connus que par leur manière d’agir, que par leurs effets. Or, le calorique a des goûts'iort démocratiques ; il veut l’égalité, il tend sans cesse à l’équilibre. Un corps chaud mis en contact avec un corps froid s’empresse bien vite de donner à ce dernier la moitié de sa chaleur. Cette tendance a son bon côté, mais aussi elle a ses inconvénients. Quand j’ai froid et que je m’approche d’un bon feu , je n’ai point à me plaindre de la douce sensation que me communique le calorique du foyer, qui tend à se mettre en équilibre avec moi. Il ne faudrait point aller jusqu’à l’équilibre parfait bien entendu, car il m’en cuirait, comme on dit vulgairement, c’est-à-dire que je serais brûlé. D’un autre côté, quand je suis en quelque sorte suffoqué par les fulgurantes chaleurs d’un soleil incandescent, il me plaît beaucoup d’arriver dans un milieu rafraîchi; car, dans ce milieu , tout mon calorique tendant à se mettre en équilibre avec l’atmosphère qui m’entoure, j’éprouve un sentiment de bien-être, une douce sensation de fraîcheur. Malheureusement, si cette sensation devient du refroidissement, c’est-à-dire si elle est trop brusque, je cours le risque d’un de ces désordres vitaux que l’on appelle maladies. Or, pour m’empêcher de me brûler au coin d’une cheminée, pour me garantir d’un refroidissement intempestif dans un milieu plein de fraîcheur, le moyen le plus efficace est le vêtement de laine. En voulez-vous la démonstration ? Voyez comment on conserve la glace au milieu des chaleurs de l’été, en l’environnant de laine ou de paille. La laine empêche le calorique extérieur de venir fondre le liquide congelé. Par opposition, voyez comment on retient la chaleur dans des linges que l’on vient de chauffer en les mettant dans un jupon de laine ou dans une vieille couverture faite de

®î ENCYCLOPÉDIE DE LA SANTÉ.

laine aussi. — Il en sera de même pour un corps qui a besoin de rester avec sa chaleur naturelle et normale; la laine l’empêchera de se refroidir, la laine l’empêchera dr.? se griller.

Je vous donne tous ces détails, parce qu’en France la plupart des gens les ignorent. On sait très-bien que les vêtements de laine sont bons en hiver ; mais on s’imagine que les vêtements de toile ou de coton sont préférables pour l’été. D’accord! quand les populations ne subissent point une influence épidémique ; notre climat français est tellement bénin et gradué, qu’il permet les pantalons de nankin et les vestes de toile; mais, dès qu’il s’agit de se mettre sérieusement à l’abri de toutes les variations atmosphériques, il faut prendre les habits d’hiver, c’est-à-dire les habits de laine; les pantalons de drap et les gilets de flanelle deviennent de véritables préservatifs.

Si vous n’êtes point habitués à la flanelle, et si vous redoutez d’en prendre l’obligation, du moins recouvrez le ventre tout entier d’une forte ceinture de laine, et je vous certifie que vous n’aurez point à vous en repentir.

C’est à la fin du printemps, c’est au milieu des premières chaleurs , qu’ont éclaté en France les deux grandes épidémies du choléra; moi, j’ai la conviction que l’une des raisons, sinon de l’épidémie, du moins de sa férocité, a été la fatale habitude de toutes les classes, riches ou pauvres, de quitter les vêtements de laine dès qu’arrivent les premiers beaux jours. Personne n’ignore que , dans le plus grand nombre des cas , les petits refroidissements portent spécialement sur les entrailles. Ayez les pieds mouillés, et le soir, si vous n’avez pris aucune précaution pour combattre ce refroidissement des pieds, vous ne vous étonnerez pas d’éprouver quelques coliqnes. Que de gens sont pris de diarrhée pour avoir af-

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fi-onté les courants d’air ou pour avoir subi pendant quelque temps une pluie fine et glaciale.

En temps de choléra, retenez-le bien, tout ce qui frappe sur les entrailles, tout ce qui détermine des troubles digestifs prédispose les gens à devenir les victimes

du fléau.

XII» — Soin» des logements.

L’habitation est pour ainsi dire le vêtement de la famille , la maison est une sorte de cloche sous laquelle chaque habitant doit pousser et vivre.

L’homme qui veut se bien porter a besoin de respirer un air vivifiant et nourricier; l’homme qui veut échapper aux épidémies, à la fièvre typhoïde, au choléra, doit veiller à ce que son logement soit exempt d’humidité et parfaitement aéré.

irait-on que la bêtise de certaines gens a été jusqu’à leur faire penser que les hideuses exhalaisons des latrii;i:s étaient un moyen préservateur de l’épidémie ; franchement, il y a de quoi non-seulement faire hausser les épaules, mais encore mettre en colère l’homme le jjIus flegmatique ; c’est à prendre en horreur l’ignorance et la pi dité.

Les odeurs émanées des lieux d’aisance non-seulement sont pernicieuses à la santé, mais portent leurs effets délétères précisément sur les entrailles. — Or, je vous l’ai dit à propos des vêtements et de la nourriture, tout ce qui impressionne défavorablement les entrailles prédispose au choléra. (Voyez ma leçon sur les habitations, (Xins les volumes de V Encyclopédie , intitulés ; Cours d’hygiène populaire.)

xm. — Il faut éviter tnnto fatigue intellectuelle et phyaique.

Sans doute les paresseux vont être bien contents de ma prescription ; mais comme je ne veux point que leur joie soit trop forte, je veux les avertir bien vite qu’en défendant tout excès de travail, je recommande aussi d’éviter la nonchalance et l’oisiveté.

^ La nonchalance amollit, c’est-à-dire qu’elle ôte à 1 homme vivant une partie de sa vigueur, une portion de sa résistance, par conséquent la nonchalance jette sans armes à l’ennemi les malheureux qui subissent sa loi.

On a dit que l’oisiveté était la mère de tous les vices, c’est pourquoi l’oisiveté mène à l’intempérance et à une foule de fautes hygiéniques -, mais en temps d’épidémie, l’oisiveté mène surtout à la peur, l’esprit ne peut rester inactif, l’imagination, toute folle qu’elle est, a besüia d’aliment et de pâture, et dans un temps de choléra, quand on n’a en tête aucun travail intellectuel, il est tout à fait impossible que l’on ne s’occupe pas, que l’on ne se préoccupe pas, que l’on ne s’épouvante pas de la maladie régnante. — Que messieurs les paresseux veuillent bien mettre ces deux ou trois réflexions dans leur poche.

Mais si je ne veux point de paresse, je dois dénoncer aussi les dangers des excès contraires , danger des trop grandes fatigues physiques, danger des trop grandes fatigues intellectuelles.

Dès qu’un cheval a trop travaillé , aussitôt qu’il se trouve fourbu, vous le voyez pris tout à coup des maladies contagieuses qui régnent dans la contrée.

Bien plus, il arrive souvent que des troupeaux de

bœufs se trouvent surmenés, fatigués outre mesure, et alors, bien qu’il n’existe aucune épizootie, ces troupeaux deviennent le foyer d’une maladie épouvantable, qu on appelle le typhus.

Eh, mon Dieu! sans aller chercher tous ces exemples, il ne s’agit que de réfléchir un peu : un homme arrivé à un excès de fatigue physique se trouve dans une telle prostration vitale, que non-seulement il n’a pas la résistance nécessaire pour se défendre contre les causes de maladie qui l’environnent, mais c’est à peine s il peut manger et dormir, et il faut que le trouble s apaise avant qu’il puisse suffisamment réparer.

D’un autre côté, voyez l’homme terrassé par un excès de fatigue intellectuel : lui non plus ne peut ni dormir ni manger; son cerveau qui bouillonne ne pense point à aller vivifier l’estomac, son intelligence exaspérée ne lui permet qu’un mauvais sommeil ; s’il mange, il digère mal; s’il dort, il a des cauchemars; et de toute cette fatigue résulte une prédisposition évidente à toutes les maladies qui peuvent se présenter.

En vérité, messieurs les ouvriers de l’esprit, vous devriez vous servir un peu de votre logique avant de la prodiguer aux autres ; vous savez très-bien qu’un arc ne peut pas toujours rester tendu, et qu’un travail intellectuel trop prolongé ôte aux facultés vitales leurs forces et leurs ressorts. Et puis. Messieurs, il faut dormir, le sommeil est tout aussi obligatoire que l’alimentation, le repos de la nuit est plus réparateur souvent pour vous que des repas pris à la hâte et que vous digérez toujours plus ou moins mal. En temps ordinaire, je ne me récrierais pas tant contre vos dangereux excès, mais l’ennemi est à la porte. Si vous travaillez d’une main, il faut vous défendre de l’autre, c’est-à-dire prendre des précautions. Vous serez bien avancés, quand, pour avoir

travaillé huit jours, quinze jours, vous serez pris du choléra, et vous ne pourrez plus travailler de longtemps, peut-être, hélas! plus du tout...

— Soin* dcfi petites indispositions.

Supposez une barque engagée en pleine mer avec des matelots inhabiles. Tant que la brise est calme et les Ilots gracieux, on peut faire quelques fautes sans danger. Ainsi ; aller à droite quand on voudrait aller à gauche, tendre la voile quand elle est parfaitement inutile, diriger le gouvernail sans avoir une connaissance particulière de cet important instrument; mais vienne l’ouragan, il faut de l’attention, de l’expérience, et un véritable pilote ;

Une des rames casse, vite il faut savoir faire une rame improvisée ;

Le gouvernail s’ébranle, bien vite un clou, une vis, un tasseau ;

Les voiles flottent inutiles, à bas les voiles !

Elles sont nécessaires, allons, tout au vent!

Mais encore un coup, de la prudence, pas de secousses, de la présence d’esprit.

Tout cela veut dire qu’en temps d’épidémie, dès qu’on se sent mal à son aise il faut prendre les conseils d’un homme expérimenté ; il faut avoir recours au médecin, attendu qu’un pompier éteint plus vite le feu qu’un homme inexpérimenté, qu’un voisin ou un concierge; attendu que, pour arrêter une maladie, ceux qui savent agissent cent fois mieux que tous ceux qui ne savent pas.

XV. — PrécaiiilionN ù prcntlro quand on «oigno de* clioiériqncN.

J’ai dit que le choléra n’était pas, à proprement parler.

contagieux; mais enfin il est épidémique, et bien que nous ne sachions pas positivement comment il se transmet, nous croyons en savoir assez pour indiquer les précautions nécessaires à ceux qui, par dévouement ou par devoir, se trouvent près d’un malheureux atteint du choléra.

Récamier a écrit, dans le petit ouvrage qu’il publia en 1849, sur la conduite à tenir dans de traitement du choléra :

« S’il est vrai que des personnes examinant un cholérique de trop près aient reçu à la gorge et à l’estomac, par la déglutition de la salive, une impression fâcheuse, causée par l’odeur métallique de l’haleine d’un agonisant cholérique, il est évident que la contagion a eu lieu par ce moyen, et ce fait est aussi certain pour moi que quelque autre qu'on puisse signaler en médecine. »

L’illustre professeur avait payé suffisamment cher la certitude dont il nous parle. Dans l’épidémie de 1832, après les fatigues inhérentes à pareille circonstance, un matin, le vieux praticien, qui observait tant et toujours, en examinant un cholérique avec cette attention et cette sollicitude que tout le monde lui connaissait, sentit au fond de la gorge cette impression métallique qu’il n’avait point encore remarquée. Rentré chez lui , il éprouva et sentit les premiers symptômes de l’épidémie. Malgré tous les moyens employés, il lui fallut subir le choléra et ses différentes phases, et dans cette circonstance on vit ce que peuvent le courage et le désir d’instruire. Tandis qu’on le médicamentait, Récamier dictait à l’un de ses élèves toutes ses impressions, toutes ses sensations. Aussitôt un remède employé, il en décrivait les résultats, et de tout ce travail, qu’il repassa plus tard au creuset de son expérience, il retira plusieurs recommandations précieuses, dont l’une des principales est celle-ci:

— « Quand on soigne un cholérique, il faut bien se garder de mettre sa bouche en face de celle du malade. C’est par la respiration que, dans le plus grand nombre des cas, la contagion se propage. »

Donc avis aux parents, avis aux médecins, avis aux bonnes sœurs, etc.

Il est facile, quand on approche d’un cholérique, d’en détourner le visage, et cela sans la moindre affectation. Il est bien permis, quand on vient de parler d’un peu près au malheureux atteint du choléra, de rejeter à l’extérieur la salive qu’on a dans la bouche. Je recommande même aux gardes-malades, aux confesseurs, aux parents qui ont senti le goût métallique que nous dénoncions tout àl’heure, dese laver les narines en reniflant un peu d’eau fraîche , et de se gargariser la bouche et la gorge avec de l’eau légèrement vinaigrée.

Dans le même ouvrage, Récamier dit encore :

« On doit faire exporter avec soin les déjections, dont l’odeur trahit les propriétés nuisibles. »

Et vraiment la recommandation est importante; les liquides fournis par les vomissements et les gardes-robes sont des produits tout spéciaux et véritablement cholériques. Un homme du monde, un des élèves les plus distingués de l’École polytecnique, s’est ingénié à établir dans une longue dissertation que l’odeur des gardes-robes rendues par les gens atteints du choléra était évidemment le germe empesté qui propageait la maladie. L’Académie de médecine n’a pas voulu tenir compte de cette observation ; l’Académie de médecine connaît trop bien cet axiome : nul n’aura de l’esprit que nous et nos amis... Mais le fait n’en demande pas moins d’attention, et, pour quiconque raisonne un peu, l’allégation, j’en suis certain, paraîtra des plus plausibles.

Que faire, par conséquent?

Faut-il, comme l’indique l’auteur dont je parlais tout à l’heure, s’astreindre à porter dehors chaque garderohe aussitôt qu’elle est rendue, pour aller la jeter dans an trou spécial et profondément creusé, dans une fosse que l’on doit recouvrir de terre, au fur et à mesure qu’on remplit. Cela peut se faire sans doute à la campagne, et quand on n’a pas d’autres moyens.

Mais nous possédons, grâce à nos chimistes, un désinfectant efficace que l’on appelle chlorure de calcium j chlorure de chaux, et que l’on connaît encore bien mieux sous le nom de Liqueur de Labarraque.

Ayez une ou deux bouteilles de cette liqueur ( à notre chapitre Pharmacie, je vous donnerai les moyens de la préparer), et chaque fois qu’on rendra un vomissement, une évacuation, jetez-y environ une cuillerée de la liqueur désorganisatrice ; de cette manière, j’en ai la conviction, vous préviendrez bien des accidents.

SECONDE PAJITIE.

I91ÉDEC1IVE.

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