VI. — l.a rage ne me Iranimiet pan «le l’bomnio b l’homme
Onvanteetl’on admire lecouragedeshommesqui osent approcher des personnes atteintes d’hydrophobie. Effectivement, quand un homme est atteint de la rage, chacun le fuit, tout son entourage s’épouvante. Or, il est bon de faire remarquer que, si la rage se transmet du chien à l’homme, du chat à l’homme, il n’est point d’exemple authentique, dans les différents traités dont je parlais plus haut , de la rage communiquée par la morsure d’un homme enragé. La bave d’un hydrophobe contient bien le virus de la rage; mais ce virus est tellement affaibli que, après des incisions faites sur les animaux, incisions dans lesquelles on insérait de petites éponges imbibées de la bave en question, on n’a pu que deux fois déterminer la rage, encore a-t-il fallu coudre, chauffer, soigner, agglomérer une foule de précautions.
La transpiration d’un homme enragé ne contient point le virus de la rage, car il n’est point un seul exemple de médecin ou d’infirmier, lesquels sont si souvent obligés de saisir à pleines mains des hydrophobes en transpiration, qui aient été atteints de cette terrible maladie.
Il court de par le monde les histoires les plus grotesques et les plus dangereuses. Les uns racontent qu’un homme atteint d’hydrophobie voulut, avant de mourir, embrasser ses sept enfants, et que les sept enfants moururent de la rage. Les autres rapportent qu’une malheureuse mère mourut hydrophobe pour avoir embrassé son pauvre enfant que venait de mordre un chien enragé, et mille billevesées de cette espèce. A tous ces ra-
DE LA RAGE
conteurs je donne le démenti le plus formel. La rage n’est pas transmissible de l’homme à l’homme; d’ailleurs le virus de la rage ne réside que dans la salive, et ne peut éclore que s’il tombe sur une surface dénudée, c’est-à-dire notablement écorchée.
Vll> — Toutes morsures des animaux enragés ne sont pas aas.si dangereuses les unes que les autres.
Il est important de faire remarquer que Je chien , le loup ou le chat enragés peuvent mordre sans déposer, dans la plaie produite, le virus de leur maladie.
Je dis que la chose est importante, non pas que je veuille trop rassurer les personnes mordues et les empêcher de recourir à des moyens énergiques, mais tout en employant ces moyens, elles pourront se dire : « Je prends toutes ces précautions pour être en règle, néanmoins, parce que j’ai été mordu par un chien hydrophobe, il n’en résulte pas que je doive devenir nécessairement enragé. »
Expliquons-nous bien.
ün animal qui mord plusieurs personnes de suite n’en mord que deux ou trois dangereusement. La première morsure est terrible, mais à mesure qu’il mord, son venin s’use, sa bave devient moins dangereuse, et il arrive que sa morsure peut être à peu près innocente.
Quand un homme est mordu sur ses vêtements, il a grande chance d’échapper au venin. Je suppose un habit d’étoffe ou une culotte de toile : la dent de l’animal qui les perce s’essuie forcément au contenant pour déchirer le contenu. 11 ne faut donc pas se croire irrévocablement atteint du virus de la rage, parce qu’on a été mordu par un animal vraiment enrcigé.