‹ Petites et grandes misèresChapitre 4 sur 63 · VIII. - La rage est-elle giiérissableT · texte numérisé non relu

VIII. - La rage est-elle giiérissableT

Existe-t-il un remède etiicace contre la rage?

Oui et non.

Non, quand la rage est à sa dernière période, quand elle prend un malheureux à la gorge, quand elle lui torture tous les membres et qu’elle frappe coup sur coup On l’appelle alors la rage confirmée ; on devrait l’appeler l’agonie de la rage, et alors on ne s’effraierait plus en apprenant qu’à ce dernier moment la médecine devient impuissante.

Un architecte peut empêcher une maison de crouler, quand les premiers craquements, quand l’éboulement d’une muraille annoncent une ruine générale; mais, s’il arrive avec ses étais, ses maçons et ses charpentiers quand la catastrophe est à son dénoùment, quand la maison s’affaisse et tombe, il sera contraint d’assister, impuissant à un pareil désastre.

Il en est ainsi du médecin , non-seulement dans les cas de rage, mais dans la plupart des maladies.

Quand les accès nerveux de l’hydrophobie commencent, ils se succèdent, .se multiplient et tuent : ce sont les premiei’s râles d’une agonie impossible à arrêter.

Mais, si la rage est prise à temps, si elle est traitée sagement, énergiquement à son commencement, c’est-àdire au moment où le virus de cette affreuse maladie vient d’être inoculé, peu de temps après l’instant fatal où cette graine de tortures a été jetée dans une organisation vivante,

LA RAGE EST PARFAITEMENT GIERIS.SARLE !

DE LA RAÜE.

**•— rage reste locale pendant un temps siifllsant pour la traiter.

Je viens de comparer le virus de la rage à une semence jetée en terre, je suis dans la vérité, car il n’est point d’exemple que la morsure d’un animal enragé ait rendu quelqu’un immédiatement hydrophobe. Il faut à la graine le temps de germer, il faut au virus le temps de se mûrir. Le virus n’est pompé par l’organisme qu’après un certain nombre de jours d’incubation, et ce n’est point une heure, deux heures, c’est trois, six, neuf jours et plus; par conséquent on a le temps de l’extirper et de le détruire.

On raconte bien l’histoire de certains paysans qui ont été pris d’accès d’hydrophobie vingt-quatre heures après leur morsure; mais il y avait pour souffler sur le germe de la maladie la peur atroce que ces paysans avaient éprouvée; il y avait surtout la crainte terrible de devenir enragé le soir même. En sorte que je ne suis point éloigné de penser que chez ces pauvres gens la ausse rage, c’est-à-dire la fièvre nerveuse simulant l’hydrophobie, a précédé et hâté l’hydrophobie véritable Voyons donc le moyen de traiter la rage sur place et de la guérir immanquablement.

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