‹ Petites et grandes misèresChapitre 47 sur 63 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

B. — Don fli'ogiics n’ont pas grande crOcncité dan« lc!« nialadicf) clironûiuc.'y.

Nous tenons à suivre la méthode et la logique de notre illustre maître Récamier ; nous cherchons à suivre de notre mieux les traces glorieuses de ce praticien, qui, de tous les médecins du monde, était un des plus habiles à combattre les maladies chroniques.

Les maladies ou habitudes maladives doivent être combattues par des habitudes hygiéniques ! Voilà le principe.

Des habitudes pharmaceutiques deviennent dangereuses ou inefficaces ; c’est ce que démontrent le raisonnement et l’observation l'^Nos entrailles ne sont point faites pour recevoir sans inconvénient le choc d’un purgatif hebdomadaire ; notre système nerveux, qui se tait si facilement sous les premières étreintes de l’opium et de tout autre antispasmodique, se regimbe et se révolutionne si on l’enchaîne trop souvent par ces médicaments; la saignée, qui fait tant de merveilles dans les affections aiguës et franchement inflammatoires, devient

une cause de désordre et de faiblesse quand on la renouvelle trop souvent.

Or, 1 obésité est une maladie lente et chronique s’il en fut jamais, puisqu on la voit durer souvent pendant la vie entière des individus qui la portent. Ce n’est donc ni par des moyens violents, ni par des moyens médicamenteux, qu’il s’agit d’attaquer un trop formidable embonpoint.

Nous allons décrire le traitement qui nous a paru le plus rationnel, et qui nous semble la conséquence des faits et remarques que nous avons énoncés dans les deux premières parties de ce travail.

— Do l’habitation nécessaire aux personnes obèses.

On choisira un logement bien aéré, et l’on se gardera de coucher dans une chambre trop petite.

Expliquons ce premier conseil.

Nos faits et nos remarques ont dû le faire pressentir. Nous avons montré l’air nécessaire à la combustion, l’air indispensable à la respiration, qui n’est en quelque sorte qu’une combustion vitale , et nous avons expliqué comment la respiration de plusieurs personnes dans un petit appartement, comment la respiration d’un seul individu longtemps prolongée dans une chambre dont l’air n’est jamais renouvelé, charge l’atmosphère d’un gaz acide carbonique, qui fournit à notre organisme une des trois parties constituantes de la graisse, et prédispose ainsi à l’exagération du produit huileux qui constitue l’obésité.

Donc il faut de l’air, de l’air souvent renouvelé; on doit craindre ces chambres plus ou moins spacieuses éclairées par une espèce de trou qui prend bien insolemment le nom de fenêtre, et le meilleur moyen d’aéra-

L’ART DE MAIGRIR

tion est de disposer les ouvertures du logement, portes ou fenêtres, de telle manière que, les ouvrant ensemble, on puisse établir presque instantanément ce qu’on appelle des courarits d’air.

Je n’engage personne à se placer au milieu de ces courants d’air, car dans mes leçons d’hygiène j’ai eu l’occasion d’en dénoncer tous les dangers ; mais, quand on quitte une chambre après y avoir séjourné quelque temps, on peut, au moyen de ces courants d’air, dans lesquels il est inutile de rester, renouveler toute l’atmosphère du plus spacieux logement.

L’air est nécessaire d’abord dans la chambre à coucher, où l’on passe forcément un bon tiers de son existence; et je ne puis admettre, pour les personnes disposées à l’embonpoint, des alcôves fermées, ni même des lits entourés de trop épais rideaux.

L’air est nécessaire dans le cabinet de travail, et, comme souvent on n’a qu’un seul logement pour dormir et pour travailler, l’aération de ce logement n’en est que plus indispensable.

Aux gens qui travaillent de tête dans de petits cabinets sombres, à l’abri de tous les bruits, je recommande d’ouvrir leurs portes ou leurs fenêtres.

Aux religieux, aux religieuses qui méditent dans leurs cellules, aux ecclésiastiques assez heureux (au point de vue spirituel) pour être contraints de s’enfermer longtemps dans leur confessionnal, je conseille d’imiter ces plongeurs qui reviennent de temps en temps à fleur d’eau pour faire leur provision d’air. Si la porte des cellules doit être fermée, la petite fenêtre, je le pense, du moins, a le droit de rester ouverte; si le confessionnal est étroit, il faut avoir soin que la porte en soit parfaitement à jour, et je conseille aux ecclésiastiques atteints des inconvénients de l’obésité, d’adopter des confession-

KNCYGLOPÉDIK DK LA SANTÉ.

naux qui n’aicnt point de portes du tout, des confessionnaux où l’air puisse arriver par le haut comme par la porte. On dit, et l’on a raison, que le confessionnal engraisse; pourquoi? parce qu’on y prend bien rarement les précautions que je viens d’indiquer

Page 1