‹ Petites et grandes misèresChapitre 48 sur 63 · III. — Il faut éviter l’biiiuidité · texte numérisé non relu

III. — Il faut éviter l’biiiuidité

L’humidité, qui disloque si souvent les plus belles machines, est un des plus grands ennemis de notre merveilleuse organisation ; non-seulement c’est une graine de rhumatisme, une source de refroidissements, une cause incessante de maladies; mais cette humidité, qui agit sur les organes internes, détraque, distend et boursoufle l’enveloppe humaine, et non-seulement la surface cutanée, mais le tissu et les couches graisseuses qui servent de doublures à la peau.

A qui n’est-il point arrivé, quand l’air est humide, quand le dégel ou la pluie vont arriver, de sentir ces petites maladies de l’épiderme que l’on appelle cors, se gonfler, se tuméfier et devenir douloureux.

J’ai parlé, dans l’exposé des faits, des cailles que le brouillard semblait engraisser en quelques heures, et qui se trouvaient alourdies par cet embonpoint, au point de ne pouvoir plus fuir le plomb meurtrier des chasseurs. Il en est ainsi des hommes en quelque sorte ; l’humidité les rend mal à leur aise. Au milieu de l’humidité les doigts, comme boursouflés, sont moins agiles, moins appréciateurs, et si 1 on ne combat 1 ennemi pai la course, la promenade, les mouvements, en un mot, par une gymnastique pleine d’activité, au milieu de l’humidité on se sent si appesanti, que l’on est à peu prés incapable.

Donc, aux personnes obèses, je donne le conseil d’évi-

L'ART DE MAIfiRlR.

ter la station dans des lieux humides 1 C’est bien pittoresque d’aller s’asseoir au bord d’une rivière; c’est bien poétique d’aller entendre gazouiller le ruisseau; la promenade du soir a quelque chose de romanesque ; la promenade dans le brouillard a quelque chose de mystérieux il semble qu’on marche dans les nuages, on va de découverte en découverte, on perd ou l’on allonge son chemin... Tout cela ne vaut rien pour les gens piédisposés à acquérir trop d’embonpoint.

Les gens obèses ou enclins àl’obesite doivent craindre les habitations situées au bord des rivières, doivent éviter l’habitation dans les rez-de-chaussée, toujours empreints d’humidité, et redouter les brouillards du soir et du matin.

IV, jjiie penser des bains tiëdcs et des bains un peu prolongés?

Ils sont mauvais, la chose est claire; la chaleur dilate; l’humidité distend et boursoufle toute l’enveloppe humaine , au point que, lorsque l’on sort d’un bain chaud, après y être resté un certain temps, la peau des doigts est toute ridée ; elle semble beaucoup trop large pour les petits organes qu’elle recouvre ; or, ce qui se passe au bout des doigts survient également sur tout le reste du corps; la peau s’élargit en quelque sorte, et la graisse qui se trouve au dessous, trouvant momentanémjent plus de place, entre en travail, s’accumule et tend à combler tous les vides.

Non-seulement ce phénomène a lieu par une action toute mécanique, mais il se passe encore quelque chose de physiologique et de vital qu’il est indispensable de faire comprendre. L’eau, composée d’oxygène et d’hydrogène, fournit deux des éléments constitutifs de la

graisse proprement dite, puisque la graisse humaine est composée de carbone, d’oxygène et d’hydrogène. Or notre surface cutanée, je l’ai dit dans mon Cours d’IItjgiène, est parsemée de petits suçoirs ou canaux absorbants, qui pompent les gaz et les liquides avec lesquels on les met en contact.

Un homme dans un bain se trouve entouré d’eau, et les suçoirs absorbants de sa peau en prennent, en attirent, en consomment tout autant qu’ils en veulent; ils en absorbent si bien , qu’un homme au sortir d’un bain prolongé est manifestement plus lourd qu’il ne l’était au moment où il est entré dans l’eau. Cette eau passe dans le torrent circulatoire, c’est vrai; mais il en reste une bonne partie dans les vaisseaux lymphatiques et dans le tissu graisseux. Avec le carbone que contient le sang veineux, le tissu cellulaire, déjà pourvu d’hydrogène et d’oxygène, forme promptement de la graisse, et c’est précisément le produit que les prédisposés à l’embonpoint doivent chercher à éviter.

Ainsi pas de bains trop fréquents ni trop prolongés.

Faut-il en conclure qu’on ne doit jamais laver la surface du corps? non; mais des bains froids, des lavages rapides et toniques, sont bien suffisants pour entretenir la propreté nécessaire à toute l’enveloppe humaine.

Va — IKécessité de Pexcreicc actif.

Il y a deux sortes d’exercices : l’exei’cice qui met en mouvement tous les membres, tous les muscles, qui fait entrer en action l’organisation tout entière, et que pour cette raison on appelle exercice actif.

Il en est un autre, au contraire, qui est le résultat d’un mouvement communiqué par l’ébranlement d’une voiture, d’un cheval ou de tout autre moyen de locomo-

L’ART DE MAIGRIR, tion. Cet exercice est appelé passif, et nous, en reparlerons un peu plus loin.

L’exercice actif est un des moyens les plus eflicaces à employer contre l’obésité. Je suis bien fi\cbé de le dire, mais enfin je dois à mes lecteurs la vérité tout entière : Toute personne disposée à l’embonpoint qui ne prend pas d’exercice, non-seulement devient obèse, mais le devient exagérément.

Je ne conseille point ici des tours de force, je ne veux pas que les personnes un peu grasses renouvellent chez eux la grotesque histoire des coureurs qui vont se dégraisser en huit jours en s’essoufflant au bois de Boulogne ; mais je conseille de faire chaque jour un exercice physique capable de mettre l’enveloppe humaine dans un état de bienfaisante transpiration.

— Guérissez-moi, docteur, me disait un client doué d’une face fort arrondie, de deux ou trois étages de menton, et d’un abdomen fort majestueux ; indiquezmoi quelque moyen de maigrir, je ne reculerai devant aucune espèce de drogue, je ferai tout ce que vous me conseillerez... à une condition...

— La médecine, monsieur, ne se fait point comme les affaires commerciales : il ne peut y avoir avec elle ni arrangement ni accommodement; une complaisance de sa part est souvent une cruauté. Quand on lui pose des conditions, on la rend muette, et le plus sage parti qu’elle puisse prendre est celui de ne rien conseiller du tout.

— Peste 1 vous voilà bien sévère, je me livre à vous pieds et poings liés; j’accepte d’avance toutes vos ordonnances, je n’y mets qu’une condition... une seule.

— Laquelle?

— C’est que vous no m’ordonnerez point de faire de l’exercice.....

Je haussai les épaules en souriant, et je crus inutile de donner le moindre avis à la personne qui me parlait de la sorte.

L’exercice, je le répète, est le meilleur remède contre l’embonpoint exagéré. Au moyen d’une gymnastique suffisante, on accélère toutes les fonctions du corps, respiration, circulation, vitalité proprement dite. Les chairs qui se meuvent, se nourrissent et deviennent plus compactes ; par conséquent, elles prennent au liquide sanguin et nourricier tout ce qu’elles peuvent lui prendre ; absolument comme les gens qui ont pris un fougueux exercice, en s’asseyant à une table, font honneur aux différents plats qui s’y trouvent servis. Qu’en résulte-t-il? C’est qu’il arrive un sang bien moins aqueux à la périphérie du corps ; c’est que le tissu cellulaire ne trouve plus, dans la circulation, les matériaux nécessaires pour faire de la graisse, et non-seulement il n’en confectionne plus que très-peu, mais, contraint de fournir à la dépense de la transpiration, il est obligé de diminuer son approvisionnement.

Les gens replets suent abondamment, ils suent aux moindres mouvements, et pour éviter cette transpiration, qui leur paraît désagréable, ils ne se meuvent qu’avec lenteur, en sorte qu’ils tombent dans un cercle vicieux déplorable. Ils suent parce qu ils ont de 1 embonpoint; ils se remuent très-peu dans la crainte de suer, et, se remuant très-peu, ils acquièrent un embon-' point plus considérable.

— Mais, monsieur, je ne puis sentir la promenade, je ne puis marcher pour marcher, sortir de chez moi sans motifs et sans but! et puis il fait trop chaud; ou bien, il fait trop froid; enfin j’ai des occupations qui me retiennent.

— Permettez! Si vous ôtes menacé d’embonpoint, si,

1,’AUT DE MAIGRIR

malheureusement pour vous, vous en êtes déjà passablement atteint, en sortant pour prendre de l’exercice, vous avez un but et un motif ; vous pouvez vous promener tout simplement pour vous dégraisser! Maintenant, si la promenade par elle-même vous fatigue et vous ennuie, il faut trouver chez vous un moyen quelconque de prendre l’exercice actif qui vous est indispensable. Avez-vous un petit jardin? un coin de terre? Piochez, bêchez, plantez, déplantez, replantez, sarclez les mauvaises herbes, maniez le râteau et la brouette, en un mot, faites-vous terrassier, puisque vous ne voulez pas être un promeneur.

Vous n’avez ni les outils ni le petit terrain nécessaire à toutes ces manœuvres? En ce cas, courez à la cave ou au bûcher, prenez la scie et le merlin. Si vous aviez un rabot, et que vous ayez le courage de vous en servir,

1 expédient que je vous conseille n’en serait que plus efficace ; faites-vous scieur, raboteur, menuisier, et manœuvrez dans un des coins de votre appartement, de laçon à mettre en meuvent votre organisation physique tout entière.

Enfin, je suppose que vous ayez peur des outils; que vous ayez une aversion particulière, non-seulement pour la pronaenade, mais pour le jardinage ; dans ce cas, je veux bien consentir à vous laisser chez vous , mais il faut prendre un grand parti : il faut vous jeter’ dans les fatigues du ménage, et vous résoudre aux soins journaliers de la maison. Balayez, faites les lits, essuyez, frottez, frottez ferme ; faites mettre votre chambre en couleur^ et cirez-la convenablement. — Que de fois j’ai vu Récainier guérir des maladies chroniques qui paraissaient incurables, tout simplement en astreignant de riches malades à faire 1 office des frotteurs dans leurs somptueux appartements.

VB. — DO l’OTcrcicc paHsir. — Scs avantages et ses inconvénients»

J’ai dit CO qu’on entendait par exercice passif; il ne me reste plus qu’à l’envisager sous le point do vue de son opportunité dans les circonstances de l’embonpoint.

Eh bien! autant j’ai conseillé l’exercice actif, autant je dois mettre en garde contre l’exercice passif. Expliquons-nous bien.

Certainement, je ne viens point recommander aux gens de rester stationnaires ; certainement, les mouvements communiqués par une voiture ou par l’allure d un cheval sont préférables à l’immobilité paresseuse d’une personne étendue dans un grand fauteuil ou couchée mollement dans un bon lit; mais l’exercice communiqué retentit spécialement sur le tube digestif, sur le cœur, centre de la circulation, et sur la tête, reine et maîtresse de notre sensibilité. Les membres et toutes les parties musculaires, au milieu de ce genre d exercice, n’éprouvent qu’un ébranlement inefficace. Essayez d’un petit voyage dans une charette qui n’est point suspendue, et vous sentirez bientôt de la fatigue au creux de l’estomac, ou de la fatigue à la tête, ou de la fatigue au cœur. Tout le tube digestif se trouve spécialement secoué par les cahots successifs du véhicule qui vous traîne. Le tube digestif, secoué, prend plus d’activité ; absolument comme les bras des lutteurs grossissent sous l’influence d’une action journalière. Mais, si le tube digestif prend plus d’activité, il hâte la digestion , il escamote, en quelque sorte, le grand acte réparateur; il demande, par ses tiraillements, à manger plus souvent et plus copieusement qu’autrefois. En se remplissant davantage, le canal alimentaire, apres avoir pris plus de

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force, se dilate et fait dilater nécessairement le foie, la rate, en un mot, tous les gros viscères qu’il a sous sa dépendance; de là proviennent ces ventres exagérément arrondis, lesquels empêchent l’exercice actif, et sont les premiers symptômes d’un embonpoint général.

Voyez certains officiers de cavalerie, examinez certains personnages habitués à toujours aller en voiture, et vous les verrez replets, ventrus, et presque toujours atteints de tous les inconvénients de l’obésité. Encore une fois, je préfère que l’on prenne de 1 exercice passif plutôt que de n’en pas prendre du tout. G est par 1 exercice passif que nous recommençons dans toutes les convalescences. C’est par ce même exercice que l’on parvient à tempérer souvent les spasmes et la tyrannie du système nerveux. Mais je dois le dire, parmi tous^les moyens qui procurent cet exercice, il faut préférer les plus doux; la voiture bien suspendue, le cheval d’une allure supportable, sont excellents pour ramener aux exercices ordinaires et indispensables les gens qui sortent d’une longue maladie.

Ainsi peu d’exercice passif! En somme, cependant, cet exercice vaut mieux que la désolante stabilité des personnes trop casanières.

VI1« — niécessité d’nne ccintarc.

A toutes les personnes atteintes d’un trop formidable embonpoint, je conseille l’usage quotidien d’une ceinture abdominale. Quand une branche de pommier ou de prunier se trouve trop couverte de fruits, il est nécessaire de la soutenir à l’aide de fourches appropriées, au moyen de piquets assez adroitement placés pour amortir les effets d’une trop grande pesanteur. Autrement, en effet, les fruits, en grossissant, non-seulement

feraient plier la branche, mais pourraient bien la faire casser. Eh bien! chez un homme obèse, le ventre, entraîné dans la portion déclive par le poids du tissu graisseux, va s’élargissant toujours. Dans un ventre élargi, les viscères se distendent nécessairement, et comme tous nos viscères se trouvent en quelque sorte accrochés par des ligaments aux parois résistantes de la cavité abdominale, quand cette cavité est augmentée, ils y ballottent, ils s’entre-choquent et ils y déterminent de véritables inconvénients. Nos bandagistes ont fait des ceintures qu’ils ont appelées antiobésiques , que je recommande.

— nùgimc alimentaire*

C’est là vraiment le point essentiel , le centre et le cœur de la question qui nous occupe, et à ce sujet je suis de l’avis d’un auteur moderne ; Tous les conseils donnés aux gens atteints d’obésité (conseils qui ont rapport au régime alimentaire) peuvent se résumer dans cet axiome :

Se nourrir convenablement, mais sous le plus petit volume possible.

En d’autres termes :

11 faut choisir parmi les aliments ceux qui sont doués de qualités alimentaires incontestables, incontestées, et préférer, parmi ces derniers aliments, ceux qui sous un petit volume contiennent le plus de propriétés nutritives.

Ainsi il est incontestable qu’un morceau de viande est plus nourrissant qu’un morceau de fromage à la crème; il est évident qu’une tasse de bouillon est plus nourrissante que trois ou quatre tasses de thé. Il faudra donc préférer la viande au fromage, et le bouillon à

I/ART DE MAIGRIR

l’espèce de tisane dont les Anglais l'ont une si grande consommation.

Voilà donc, en général, ce qu’il faut choisir, et voici, en particulier, ce qu’il faut éviter :

— Les corps gras. J’ai déjà fait remarquer que les abeilles les plus productives en cire et en miel étaient les abeilles auxquelles on en laissait précisément manger un peu. La graisse animale a la même composition que la graisse humaine. Sans doute la graisse que l’on mange se trouve décomposée dans le travail de la digestion ; mais il n’en est pas moins vrai qu’elle jette dans le canal digestif, qu’elle procure à notre organisation tous les éléments nécessaires pour faire de la graisse. Vous détestez le civet et vous défendez au cuisinier de vous en faire? Bien; mais il y a un moyen beaucoup plus simple, ne donnez pas de lièvre au cuisinier ! — Refusez à votre organisation, refusez autant qu’il vous sera possible les aliments qui contiennent tous les éléments de la graisse, et vous arrêterez, j’en suis certain , votre disposition à l’obésité.

— Les farineux. J’ai dit, dans mes remarques, que les fécules analysées parles chimistes se trouvaient composées des deux éléments principaux de la graisse : le carbone et l’hydrogène. En conséquence, les gens qui craignent l’embonpoint devront (d’après le raisonnement que je faisais tout à l’heure) éviter le plus possible tous les aliments qui contiennent des fécules ; ils mangeront peu de pain, peu ou point de pommes de terre, de châtaignes, de haricots, de lentilles, etc., etc.

Les légumes herbacés, les fruits juteux et très-sucrés Évitez-les, et cela pour la môme raison que les corps gras et les fécules : les légumes herbacés , en eflét , contiennent très-peu de principes nutritifs, mais en revanche ils contiennent une grande quantité d’eau. Or l’eau

nous l’avons dit, renferme deux des principaux éléments de la graisse-, d’un autre côté, comme ces aliments ne nourrissent pas beaucoup, il est nécessaire pour en être rassasié d’en manger une grande quantité, par conséquent d’en remplir l’estomac outre mesure. En remplissant l’estomac outre mesure , on le dilate ; non-seulement on dilate l’estomac et les intestins, mais on ouvre par cette distension toutes les portes des vaisseaux absorbants, dont un bon nombre seraient restés- fermes par les plis et replis du canal alimentaire; en un mot, on arrive d’une certaine façon à ressembler aux ruminants, dont nous avons admiré le tube digestif, et que, pour cette raison , nous avons remarqués si disposés à l’embonpoint.

H» — Modération dan.s les boissons»

Il existe deux genres de boissons : l’eau, cet admirable liquide que l’on vendrait bien cher si la Providence ne nous en avait pas donné une si grande quantité, et puis les boissons fermentées et alcooliques, telles que le vin, le cidre, la bière, etc.

Les personnes disposées à l’embonpoint ou atteintes d’obésité doivent se garder de boire beaucoup! Certes! je ne veux infliger la pépie h personne : la soif est quelquefois un besoin plus impérieux que la faim, mais aussi ie trouve inutile d’engloutir des carafes tout entières, je trouve imprudent de fêter la bouteille depuis le goulot

jusqu’au fond. , , j

Monsieur, j’ai soif, je me passerai plutôt de manger que de boire.

En ce cas, mon cher monsieur, gardez votre embonpoint et votre rotondité !

J’ai cité le fait de certaines femmes du monde qui ,

L'ART DE MAIGRIR

dans l’cspérancc de maigrir, réduisaient leurs alimenls d’uno manière problématique ; les unes ne mangeaient que du potage, les autres se condamnaient à quelques gâteaux ; une d’entre elles en était arrivée à deux ou trois marrons glacés par jour, et cependant ces dames gardaient leur désolante corpulence, parce que, s’imaginant que les liquides n’étaient pas capables d engraisseï , elles buvaient sans frein et sans logique. C’était de 1 eau , du thé, du lait; quelques-unes y mêlaient du vin, cpelques autres se saturaient de champagne. Or, je l’ai déjà expliqué, mais je ne saurais trop le répéter, car on n’enfonce point un clou avec un coup de marteau, l’eau est composée d’oxygène et d’hydrogène, c’est-à-dire de deux des éléments constitutifs de la graisse.

Les boissons alcooliques et fermentées mettent en cravail et en fermentation tous les liquides du tube digestif, tels que la salive, la bile et le suc pancréatique. Il en résulte une décomposition chimique qui fournit tous les éléments nécessaires au produit graisseux.

Une dernière remarque : c’est que , s’il est utile de boire en mangeant afin de délayer les aliments et les liquides nutritifs qui doivent servir à leur transformation, à moins d’une chaleur tropicale, à moins d’une fièvre factice déterminée par une gymnastique forcée ou par des circonstances qu’il serait oiseux d’énumérer ici, il est inutile de boire entre scs repas! — Je désire que tous les buveurs retiennent ce conseil et le mettent en pratique. Le nombre des gens obèses, j’en suis sûr, diminuerait au moins de moitié.

X., — Existc-t-il fICM antigraiflseux? Avons-nous «les médicaments capables d’cmpëchor la formation du la graisse?

Je ne le crois pas. J’ai fait là-dessus ma profession de

foi , en commençant cet article : je considère l’obésité comme une maladie, mais comme une maladie chronique et constitutionnelle , que l’on ne saurait traiter par des drogues et des médicaments.

On a proposé des purgatifs. Bien des médecins ont employé un médicament fort connu que l’on appelle iodure de potassium. Bien des gens du monde , désolés de leur embonpoint, ont tâché de se faire fondre en avalant des acides, sirop, citron ou vinaigre! tout cela est resté inefficace, et tous ces moyens , poussés jusqu’à l’exagération, ont déterminé des Maladies.

Sans doute les corps gras se combinant avec les acides, peuvent leur faire subir une transformation qui les rend plus liquides et plus faciles à éliminer ; sans doute, l’iodure de potassium, que nous administrons souvent dans certaines maladies , détermine quelquefois un notable amaigrissement; sans doute, enfin, les purgatifs, entraînant une grande quantité des sucs digestifs, affaiblissent momentanément et amaigrissent légèrement ceux qui les prennent, parce qu’ils entravent le grand acte de la nutrition, autrement dit de la réparation alimentaire! Mais on ne peut habituer les intestins à des purgatifs sans tomber dans une servitude déplorable et sans exposer le canal alimentaire à de véritables dangers! On ne peut faire abus des acides ni de l’iodure de potassium! Les buveuses de vinaigre devenues phthisiques et les jeunes gens devenus étiques après avoir pris, et pour cause, ce poison chimique qu’on appelle iodure, démontrent jusqu’à l’évidence que mon aversioD contre ces deux moyens n’a rien que de rationnel.

IA CONSTIPATION DÉTRUITE

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