‹ Petites et grandes misèresChapitre 49 sur 63 · I. — dnci'i'o h certaines annonces · texte numérisé non relu

I. — dnci'i'o h certaines annonces

— Eh quoi ! vous prenez le langage et la rubrique de tous ces négociants qui dépensent des milliers de francs chaque année pour arriver au débit de leurs marchandises , mais vous allez vous faire traiter de charlatan et d’entrepreneur, on va s’imaginer que vous avez un médicament à vendre, une marchandise pharmaceutique quelconque à placer !

— On croira ce que l’on voudra; on s’imaginera tout ce qu’il plaira à la malice, elle aussi cette folle du logis, d’insinuer et de prétendre. — J’ai pour habitude, quand j’entre en guerre contre n’importe qui, de prendre ses armes, de choisir sa manière de faire et d’adopter, nonseulement son langage, mais ses habits. — Quand j’ai voulu combattre de mon mieux et m’opposer aussi efficacement que possible — aux bataillons fournis du charlatanisme, au feu quotidien des annonces et au torrent des almanachs, — j’ai pris le jargon et la grosse caisse

des charlatans émérites, je me suis élancé dans le chemin coûteux do l’annonce, j’ai opposé le bon marché au bon marché, la popularité à la popularité, l’almanach aux almanachs. J’ai été trop bien récompensé par le succès, pourabandonner cette façon d’agir.

Chaq e jour, je lis à la quatrième page des journaux. Constipation détruite; et à la suite de ce titre provocateur, je trouve l’énoncé, tantôt de pilules , tantôt de fécules soi-disant délayantes, tantôt de bonbons prétendus rafraîchissants.

Au moment d’aborder dans un ouvrage sérieux et que je crois utile, le chapitre important de cette maladie chronique que l’on nomme constipation, je mets en tête de mon article le môme titre, la même réclame. Je ne veux pas vendre les remèdes destinés à combattre la constipation, mais je veux renseigner sur les meilleurs moyens à prendre pour la prévenir, pour la combattre, pour la guérir. J’ai donc cent fois le droit de crier comme tous ces messieurs : — Constipation détruite!

J’ai la prétention d’être peu méticuleux en affaires scientifiques; plus que la plupart des médecins, je pardonne les annonces, et je suis du petit nombre des praticiens qui admettent, comprennent par conséquent et approuvent les moyens de publicité qui restent dignes, honorables et vrais. Je n’ai jamais admis les récriminations de ces écrivassiers grognons, qui déblatèrent contre les annonces uniquement parce qu’elles sont fort chères et qu’ils n’en peuvent point user.

Un épicier met une enseigne sur sa boutique; un négociant met son nom sur ses magasins et sur ses circulaires, et sur ses factures ; le notaire fait attacher au dessus de sa porte des écussons qui indiquent son logis et sa qualité. — Nos oûicines les plus modestes sont bien obligées de se faire connaître par une inscription, une

LA CONSTIPATION DÉTRUITE

devanture, une espèce d’étalage. Pourquoi refuserionsnous aux vendeui's de médicaments , aux auteurs scientifiques, aux médecins que personne ne connaît, la permission de faire savoir — qu’ils vendent telle ou telle drogue ; qu’ils ont fait paraître tel ou tel ouvrage; qu’ils demeurent là, à telle rue, tel numéro et qu’on peut les trouver chez eux de telle heure à telle heure. — Charlatanisme! charlatanisme! crient les gros bonnets de l’espèce ; c’est ravaler la médecine, c’est insulter à la science, c’est entacher l honorabilité 'professionnelle!

Ces messieurs ne s’aperçoivent pas qu’eux, aussi, ont leur publicité, leur grosse-caisse et leurs annonces. — Quand je dis qu’ils ne l’aperçoivent pas. J’entends qu’ils font semblant de ne pas l’apercevoir. Car, ils ont bien soin d’encombrer leurs cartes de tous leurs titres et qualités.

Pourquoi ont-ils tant intrigué et travaillé aux moyens d’être nommés de l’Académie, parce que le titre d’académicien est une annonce. Pourquoi tant de démarches pour des décorations, des missions ou des places honorifiques, parce que ces décorations, ces missions et ces places sont des enseignes.

Aussi se gardent-ils bien d’empêcher un éditeur d’annoncer leurs ouvrages. — On se dévouera pour la science, et l’on permet à un marchand d’exposer publiquement son nom entre celui de messieurs tels et tels, entre les pipes néogènes et le papier sérofuge. Soyez donc logi* ques, Messieurs les aristarques, et n’accusez point d’intempérance des gens qui ne mangent, hélas ! que les miettes de vos grands re

Donc, je permets les annonces, mais je les veux consciencieuses. Je permets à un homme de dire *. Je vends de la graine... de montai de; je déliite... de la farine de

lentille..., j olliea tous ceux ijui veulent en faire usage, des provisions de pilules aloétiques, etc.; mais je ne veux pas que le marchand de moutarde prétende qu’il vend un moyen de purifier le sang, un remède contre toutes les maladies.

De même, je trouve ridicule et dangereuse la promesse de ceux qui annoncent, comme moyen de détruire irrévocablement toute constipation, des fécules, plus ou moins laxatives, ou des purgatifs plus ou moins dangereux.

La constipation détruite l Oui, nous allons étudier ensemble les manœuvres hygiéniques et les moyens les plus efficaces à opposer à la constipation, mais je compte bien aussi vous faire comprendre que les causes de la constipation étant multiples , les remèdes à y opposer doivent varier suivant les circonstances ; que si , parfois, la constipation est cause, bien souvent elle n’est qu’un effet, et que par conséquent pour la combattre, pour tenter de la guérir, il est urgent d’attaquer les désordres vitaux qui en sont le principe, les dispositions organiques, qui peuvent en être la source.

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