ACTE III, SCKNIÎ VI
BRIDEL
Et à partir de ce moment, je ne pourrais pas vous dire ce qui s'est passé... il n'y a que Denoizeau qui le sache.
DENOIZEAU
Le combat a duré vingt-cinq minutes ; c'est très long... Brideln'apas reculé d'un pas. Use contentait de rompre de temps en temps, en tendant le bras, comme je le lui avais indiqué. Il était pâle, mais résolu. Le baron l'attaquait à petits coups, en battant le fer, et chaque fois qu'il essayait de le toucher, Bridel retirait son arme avec une adresse, un calme...
BRIDEL
Je ne savais plus oii j'étais...
DENOIZEAU
Vousavez l'instinctdel'épée. Avecle temps vous feriez un très bon tireur. Maintenant que vous vous êtes battu, il faudra prendre des leçons. — Enfin, le combat durait tou-
jours. Je regardais ma montre de temps en temps et je commençais à être inquiet. Tout à coup, je vois le baron qui abaisse son épée, et fait un pas en arrière. J'arrête le combat, je m'avance. — « Je crois avoir touclié monsieur Bridel, » — dit le baron.
BRIDEL
Je n'avais rien senti.
DENOIZEAU
Avec sa grande habitude du duel, le baron ne s'était pas trompé, il avait en effet touché Bridel au poignet. Le docteur se précipite, examine la blessure, appuie...
LE DOCTEUR, à part.
C'est-à-dire que, sans moi, ça n'aurait jamais fini.
Et nous nous retirons pour rédiger le procèsverbal. Inutile d'ajouter que les deux adversaires se sont réconciliés sur le terrain... Moi aussi, je me suis réconcilié avecles témoins.