OSCAR
fil se place au milieu du salon, se recueille, puis coinmeuce son récit.)
QuVnfends-je? autour de moi l'airain sacré résonne ! Quelle foule pieuse en pleurant m'environne? Pourquoi ce chant funèbre et ce pâle flambeau? 0 mon I est-ce ta voix qui frappe mon oreille Pour la dernière fois? Eli quoi ! je me réveille Sur le bord d'un tombeau !
(Le petit bonhomme saisit un mouchoir que lui tend M. Plumet et le passe sur ses yeux.)
0 toi, d'un feu divin, précieuse étincelle,
De ce corps périssable, habitante immorlelle,
tes rtllTES CE>S. 11
Dissipe ces terreurs : la mori vient l'afTrancliir ! Prends Ion vol, oraon âme, et dépouille tes chaînes : Déposer le fardeau des misères humaines, Est-ce donc là mourir?
TotTE LA SOCIÉTÉ. — Tiùs-bien, très-bien, à merveille !
Oui, le temps a cessé de mesurer mes heures. Messagers rayonnants des célestes demeures. Dans quels palais nouveaux allez-vous me ravir? Déjà, déjà je nage en des flots de lumière ; L'espace devant moi s'agrandit, et la terre Sous mes pieds semble fuir.
TOUTE LA SOCIÉTÉ. —Admii'abie, admirable, fort joli.
• PATRAT. — C'est de...?
MADAME PATRAT. — Coiiimenl, iiionsieur Patrai, peux-tu faire une semblable question, quand nous avons ses ouvrages à la maison?
PATRAT. —Je n'y pensais plus; tuas raison.
M. PLtMET. — Vous connaissez sans doute l'auteur?
PATRAT. — .le connais ses ouvrages : quant à lui. je ne le connais pas; je ne l'ai jamais vu.
M. PLiMET. — J'ai eu ce bonlieur une seule fois, sur le boulevard Monlmarlre. Quelqu'un me dit ; « Voici railleur des Harmonies. C'est un Botir-
guignon, v II esl de la Bourgogne, je lui en fais mon compliment.
PATRAT. — Ah ! oul-da î
M. ptiMET. — Vous voyez j monsieur, que ce pays-là ne produit pas seulement de bon vin.
Maisq«"enlen(ls-je?aii moment où mon àme s'éveille, Des soupirs, îles sanglots, ont frappé mon oreille. Compagnons de...