‹ Petites gensChapitre 51 sur 56 · OSCAR · texte numérisé non relu

OSCAR

Compagnons de l'exil, quoi ! vous pleurez ma mort.

M. PLUMET. — Reprends du commencement pour la tante, mon petit homme.

OSCAR. — Oui, bon ami.

M. PLiMET. — Ta tante, que tu aimes bien.

MADAME TARDIF. — Saus complcr quc je lui rends bien, pauvre chou!iE//f cs$itic loie luniie.)

Qu'eiitenils-je? autour de moi l'airain sacré résonne ! Quelle foule pieuse en pleurant m'environne? Pourquoi ce cliant funèbre et ce pâle flamlicau ? 0 mort ! est-ce ta voix qui frappe mon oreille Pour la dernière fois? Eh quoi ! je me réveille Sur le bord d'un tombeau.

MADAME TARDIF. — Ab çà, uii instaiit. C'est à porter le diable en terre, ce que lu nous dis là. Je ne sais pas, mais ça me fait pleurer comme une Madeleine ; n'y a pas longtemps avec ça que nous avons dîné, nous sortons de table. J'aimerais mieux quelque cbose de plus gai.

MADAME DESHERBIERS. — Dls-nous ta fable, Napoline.

NAPoLiNE. — Oui, petite maman. — La Laitière et le Pot au. lait.

MADAME DESHEUBiERs. — Tâche de Ic la rappeler mieux que tantôt.

iVAPOLiNE. — Oui, petite maman.

Perrette sur sa tète ayant un pot au lait,

Bien posé sur un coussinet.

Prétendait arriver sans encombre à la ville. Légère et court vêtue, elle allait ù grands pas, Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,

Cotillon simple et souliers plais.

Noire lailièrc, ainsi troussée.

Comptait déjà, liaiis sa pensée.

Tout le prix de son lait, eu emploj ait Targent ; Achetait un cent d'œufs ; faisait triple couvée ; La chose allait à bien par son soin diligent.

« Il mest, disail-elle, facile D'élever des poulets autour de ma maison :

Le renard sera bien habile S"il nem"en laisse assez pour avoir un cochon. Le porc à s'engraisser coûtera peu de son : Il était, quand je l'eus, de grosseur raisonnable ; J'aurai, le revendant, de l'argent bel et bon. Ce qui n'empêchera de mettre en notre étable. Vu le prix dont il est, une vache et son veau. Que je verrai sauter au milieu du troupeau. » Perrette là-dessus saute aussi, transportée : Le lait tombe; adieu, veau, vache, cochon, couvée : La dame de ces biens, quittant d'un œil marri

Sa fortune ainsi répandue,

Va s'excuser à son mari.

Eu grand danger d'être battue.

Le récit en farce fut fait ;

Oh l'appela : le Pot au lait.

TOUTE L.i SOCIÉTÉ. — Ti'ès-bion, très-bien, trèsbien.

MADAME DESHERBIERS. — MaiS l)0aUCOUp tFOp

vite.

MAD.AME TARDIF.— A la bonnc beure! au moins, c'esl plus gai celte fois-ci. Pauvre enfant! elle est

LES ENFANTS PRODIGES. IGt

tout en dehors de son haleine, loul comme si qu'elle eùl couru. Monsieur Tardif, vois donc un peu dans ta culolte si ma bourse n'y sérail pas.

MADAME DESHERBIERS. — Ma tunle, jC VOUS CH

prie...

MADAME TARDIF. — Laissc-moi donc tranquille, mêle-loi un peu de tes affaires... Tenez, mes petits anges, pour vous acheter du bonbon.

LES EiVFANTs. — Merci, lonton! merci, tonton!

MADAME TARDIF. — Jc ne sais pas comment ça se fait, à présent, tout me fait pleurer. Donne-moi un peu mon mouclioir, monsieur Tardif, que je m'essuie les yeux.

MADAME DESHERBIERS. — Commcnl, ÉMsa, tU

nous quittes?

MADAME PATRAT. — C'CSl pOUT iC petit, dOUt

nous ne voulons pas changer les heures.

MADAME TARDIF. — Tlcns, uials ccst Vrai; à propos, conniienl va-t-il, ton pauvre chat?

MADAME PATRAT. — Vous êles trop bonne, à merveille.

MADAME TARDIF. — Est-ce qu'il n'v aurait pas moyen de le voir, ce chou-là ?

MADAME PATRAT. — Mais si fait : la nourrice va vous le monter.

MADAME TARDIF. — Pbs du touf, jc veux l'aller voir avec vous, ça me promènera ; j'ai mon dîner qui ne passe pas.

MAUAMK UESllERBIERS. à Nopoliue. — RCSlCZ,

madi'moiselle , nous avons encore à jouer du piano devant ma tante.

INTERIEURS DE MAIRIE.

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