Histoire des guerres civiles de France de 1559a
HISTORIQUES ET LITTERAIRES. ijj
26 novembre par le traité de Fleix. Ce n'était pas la paix : pendant près de vingt ans encore, de nouvelles tempêtes devaient éclater.
Le maréchal de Cossé-Brissac (1507- 156 3) avait d'avance fait ressortir à sa manière l'inutilicé des luttes entre les catholiques et les protestants en disant : Si Dieu est dans l'hostie. ils ne l en osteront pas ' s' il «'y est point, nous ne l'y mettrons pas.
Tertullien ' avait dit sur un autre ton : Sanguis martyrum semen chnstianorum (le sang des martyrs est une semence de chrétiens ; et Shakespeare, dans une de ses comédies, adressait ces paroles aux fanatiques de son temps : « C'est le brûleur et non le brûlé qui est hérétique. C'est celui qui allume le bûcher qui est sacrilège, et non pas celui qui est la proie des lîammes. » Conte d:hiver: act. II, se. iv.)
Tout cela était résumé dans un proverbe vainement répété au xvie siècle : Le couteau n'apaise pas l hérésie.
Que celui qui a peur s'en aille ! — Henri III avait interdit au duc de Guise l'entrée à Paris; mais Bellièvre, chargé de l'ordre royal, l'avait mal exécuté.
Pendant ce temps, les Seize tramaient leur complot contre le roi, et la lutte se préparait. Le moment étant venu d'agir, la présence de Guise à Paris devenait nécessaire ; de son côté, la reine mère, trahissant son propre fils, faisait tout pour encourager le duc à venir. Guise se décida : il partit le 8 mai 1588 et entra dans Paris le lendemain, vers midi, par la porte Saint- Martin.
La nouvelle de son arrivée s'étant répandue en quelques instants, la foule se précipita sur ses pas, criant : Vive Guise! Il exerçait sur tous, sur les huguenots eux-mêmes, disait-on, une véritable séduction : 1 La France, écrivait Balzac au siècle suivant, étoit folle de cet homme-là, car c'est trop peu dire amoureuse. 1 Ceux qui pouvaient l'approcher baisaient ses ha-