TRADUCTION
La chaleur fut fort grande, chacun fut baigné de sueur
De sueur et de sang la terre fut arrosée.
A ce bon samedi Beaumanoir avait jeûné.
Le baron eut grand'soif, il demanda à boire.
Messire Guitfroi de Boves lui répondit aussitôt:
« Bois ton sang, Beaumanoir la soif te passera;
Ce jour nous fera honneur; chacun y gagnera
Vaillante renommée qui jamais blâmée ne sera. »
Le vaillant Beaumanoir alors s'évertua,
11 eut tel deuil et telle fureur que la soif lui passa.
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lui répond : « Besoingnez, Beaumanoir, car bien besoingneray. » Il se précipite au galop sur les Anglais, rompt leur ligne, en renverse sept, et les autres, découragés, sont faits prisonniers.
La légende a conservé les noms des neuf chevaliers et des vingt et un écuyers bretons qui prirent part à cette lutte. Chevaliers : Jean de Beaumanoir, Guy de Rochefort, Jean Charruel, Robin Raguenel, Huon de Saint- Yves, Caro de Bodegat, Olivier Arrel, Geoffroi deBoves, Jean Rousselet. — Ëeuyers : Guillaume de Momauban, Allain de Tinténiac, Tristan de Pistivien, Allain de Keraurais, Olivier de Keraurais, Louis Goyon, Geoffroi de la Roche, Guyon de Pontblanc, Geoffroi de Beaucorps, Maurice Duparc, Jean de Serent, Fontenay, Hugues Trapus, Geoffroi Poulard, Maurice de Tronguidy, Gestin de Tronguidv, Gille de la Lande, Olivier de Monteville, Simon Richard, Gilles de La Marche et Geffroi Mellon.
La Bataille de trente Anglais et de trente Bretons } ainsi est intitulé le vieux poème, resta longtemps légendaire. Un siècle après, on disait encore, pour exprimer qu'on s'était battu avec acharnement : Jamais lutte ne fut plus terrible depuis le combat des Trente.
Si la bonne foi était bannie du reste de la terre,