Peck's desiderata curiosa, liv. XI
2. Ces ouvrages sont : i° De dignitate et augmentis scientiarum (liv. VIII, ch. 11, § 25), une des parties de l'œuvre de remaniement des connaissances humaines, que Bacon appelait Instauralio magna. — 20 Of the advancement of learning (liv. Il, ch. xxm, § 30).
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(1774.Ï, de remédier aux malheurs causés par le Pacte de famine l, bien que lui-même n'y fût pas resté complètement étranger, et d'assurer la libre circulation des grains dans Tintérieur du royaume. Par une fâcheuse coïncidence, la récolte, cette année-là, fut mauvaise, et il en résulta, au printemps de Tannée suivante, un renchérissement des grains qui fut l'occasion, à Dijon, le 18 avril 1775, d'une émeute de paysans : ils envahirent la ville, saccageant tout et menaçant de tuer le gouverneur, M. de La Tour-du-Pin, à qui déjà ils avaient demandé du pain, et qui, disait-on, leur avait répondu aussi impudemment qu'imprudemment : 1 Mes amis, Therbe commence à pousser; allez la brouter. »
Dans Tespoir de prévenir des agitations semblables à celles qui s'étaient produites en Bourgogne, Turgot s'était empressé de suspendre les droits d'octroi et de marché sur les grains dans presque toute la France, et d'accorder des primes à l'importation des blés étrangers. Mais la révolte avait changé de caractère ; les fauteurs de discorde la dirigeaient en réalité contre Turgot lui-même, et des mesures de sagesse n'étaient pas de nature à Tarrêter. Des bandes de brigands parcoururent, la Brie, le Soissonnais, la haute Normandie et l'Ile-de-France, brûlant les moulins et les granges, pillant les marchés et forçant les fermiers à livrer leurs grains. Le 2 mai, après avoir pillé, la veille, le marché de Pontoise, ils entrèrent à Versailles, dans la cour du château ; le roi, faible et troublé, fît des concessions impossibles, sur lesquelles Turgot dut l'obliger à revenir. Le désordre redoubla: les brigands arrêtèrent les
1. Nom sous lequel l'opinion publique a flétri l'un des traites conclus. dans la seconde moitié du xvme siècle, pour diriger le commerce des grains, mais en réalité pour l'anéantir. M. Léon Biollay, dans ses consciencieuses Etudes économiques sur le xvm* siècle, a révisé le procès historique du Pacte de famine- « Comme toutes les opérations faites sur les grains, dit-il, celle-là fut l'objet des soupçons les plus outrageants. L'erreur qui s'est accréditée et qui se perpétue encore a été causée, en grande partie, par les précautions prises pour ensevelir dans le plus profond secret tout ce qui concernait .es mesures. Effrayé par les clameurs populaires, le gouvernement o'a pas essayé de se justifier. »
transports de blés étrangers qui venaient du Havre, et ameutèrent la populace avec des menaces ou de fausses nouvelles. Ils exploitaient la proclamation par laquelle le roi avait taxé le pain à deux sous la livre ; ils publiaient de faux arrêts pour laisser croire qu'elle subsistait toujours, et le peuple se croyait autorisé à exiger que le pain, la farine et les grains lut fussent livrés aux prix les plus infimes.
C'est alors que Turgot résolut d'opposer la force à des révoltes qui menaçaient de s'étendre sur tout le nord de la France1. Une armée de vingt-cinq mille hommes fut mise sur le pied de guerre pour occuper la capitale, l'Ile-de-France, et surtout le cours des rivières, afin d'assurer la liberté des approvisionnements. Les boulangeries furent gardées, les attroupements furent défendus sous peine de mort, et ordre fut donné aux troupes de faire feu sur ceux qui, par la violence, voudraient contraindre les détenteurs de grains et de farine à les livrer au-dessous du cours.
Cette expédition militaire fut appelée Guerre des Farines, et le maréchal de Biron, qui la commandait, reçut le sobriquet de Jean Farine -. Les mesures prises par Turgot réussirent pleinement: les émeutiers ne tinrent pas contre les troupes, et la sécurité fut rétablie.
i. Il jugea nécessaire aussi de provoquer la révocation du lieutenant général de police Lenoir, qui, très hostile au système Turgot, n'avait rien fait pour réprimer les excès; — et une juridiction spéciale, sorte de conseil de guerre, fut établie pour la répression des troubles ; on fit même des exemples: deux émeutiers, qui n'étaient ni plus ni moins coupables que les autres, furent pendus en place de Grève ; mais le jour même de leur exécution, une amnistie générale était accordée à tous ceux qui consentaient à restituer, en nature ou en argent, tout ce qu'ils avaient pillé ou extorqué.
2. Le maréchal fut chansonné, comme il arrivait toujours en pareil cas :
Biron, tes glorieux travaux,
En dépit des cabales, Te font passer pour un héros
Sous les piliers des halles ; De rue en rue, au petit trot,
Tu chasses la famine ; Général digne de Turgot,
Tu n*es qu'un Jean-Farine.
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J'ai INTERROMPU MON' agonie pour venir vous embrasser. — C'est à son vieil ami d'Argental (1700-1788), celui qu'il appelait dans ses lettres son cher ange; que Voltaire parlait ainsi en arrivant à Paris au mois de février 1778. Le lendemain il écrivait à Mme du DefFand : « J'arrive mort et je ne veux ressusciter que pour me jeter aux genoux de Mme la marquise du DefFand. » Voltaire, dans les dernières années de sa correspondance, avait souvent parlé de sa mort prochaine sans y croire; cette fois, il disait la vérité. Arrivé le 10 février avec M. et Mme de Villette, chez lesquels il demeura, il expirait le 30 mai suivant. Mais, avant de mourir, Voltaire connut toutes les ivresses de la gloire et reçut le prix de soixante ans de combats livrés pour la cause du genre humain. Jamais l'admiration publique ne se manifesta d'une façon plus touchante. Dans les rues, la multitude se pressait sur ses pas; chez lui, les hommages des grands, des ministres, des femmes les plus distinguées se succédaient sans relâche; et lorsqu'il assista, le 30 mars, à la sixième représentation sirène, il fut l'objet d'un véritable triomphe. Son buste fut couronné sur la scène, au bruit des applaudissements d'un public enivré, et on le porta lui-même jusqu'à sa voiture en l'accompagnant de cris enthousiastes. Emu jusqu'au fond de l'âme, Voltaire s'écria : On veut me Jaire mourir de plaisir. Une autre version lui fait dire : Vous voulei donc m'étouffer sous les roses. Il étouffa, en effet : cette soirée de triomphe épuisa ses forces ; il tomba et ne se releva plus. Voltaire mourut à la fois de vieillesse, de gloire et de plaisir.
Et ces deux grands débris se consolaient entre eux. — Débris se dit de parties, de fragments d'une chose brisée, qui, au besoin, peuvent servir à recomposer une chose nouvelle. O.i l'emploie quelquefois, au sens figuré, sur le ton de la plaisanterie, en parlant des hommes cassés ou infirmes qui n'ont plus rien de leur ancienne vigueur; mais en général ce mot éloigne toute idée de grandeur, et il ne peut se dire avec vérité, ni d'un illustre fugitif comme Marius, ni de
37o PETITES IGNORANCES
grandes ruines comme celles de Carthage ; il y a des noms dans Thiscoire qu'il ne faut pas rapetisser ; Marius et Carthage sont du nombre : un grand général vaincu et une immense ville en ruine ne sont pas des débris.
L'abbé Delille (1738-18 13), poète descriptif qui se piquait de précision, a donc usé trop largement des licences de toutes sortes accordées aux poètes en écrivant dans son poème des Jardins (1780) :
Telle jadis Carthage Vit sur ses murs détruits Marius malheureux ; Et ces deux grands débris se consolaient entre eux.
Ces grands débris n'ont été recenus que parce qu'ils ont fait sourire; ils ne servent, lorsqu'on les cite ou qu'on les rappelle, qu'à faire une plaisanterie. Chamfort raconte qu'un jour où l'on disputait sur ce vers chez Mme de Luxembourg, on annonça le bailli de Breteuil et Mme de La Reynière, que ridiculisait une liaison surannée : « Le vers est bon » , dit la maréchale.
Il y a des discordances ou des rapprochements de mots qu'un poète didactique devrait mettre ses soins à éviter. Lorsque Delille lut à Lemierre ce vers sur les Romains :
Ils burent le falerne et les larmes du monde,
Lemierre fit bien de lui répondre : « Cela prouve, mon cher abbé, que les anciens mettaient de l'eau dans leur vin. »
Delille, dans les dernières années de sa vie, obtint de l'Eglise une dispense qui lui permit d'épouser sa gouvernante, celle qui avait pris soin de lui dans ses voyages et dans ses maladies. Mais la bonne dame n'avait pas des instincts très élevés, et son grand souci était de voir son mari faire beaucoup de vers (on les lui payait jusqu'à six francs l'un) 1, afin qu'il
1. Du Ryer (1606-1658), un siècle et demi auparavant, n'avait pas été traité sur ce pied : le cent des grands vers lui jetait payé quatre francs ; le cent des petits, deux francs.
gagnât beaucoup d'argent. Lorsqu'elle sortait, elle l'enfermait à clef en lui disant : « Allons, monsieur Delille, il faut battre monnaie, il faut faire des pièces de six francs. — Oui, ma chère, lui répondait le docile époux; mais quand on frappe trop souvent cette monnaie, elle passe pour fausse. »
Le comte Da.ru et Perceval-Grandmaison étant vernis voir Delille un matin qu'il était enfermé, ils ne purent entrer que quand la ménagère fut revenue du marché. La conversation s'engagea sur Racine, et Delille cita des vers de Phèdre. Sa femme, passant dans la chambre où causaient les amis, lui dit à demi-voix : « Taisez -vous donc, ce sont des voleurs de vers, ils vont vous voler les vôtres. — Eh! ma chère, répondit Delille, un peu irrité et confus, c'est Racine alors qu'ils voleront1. » Elle était d'humeur violente. Un jour qu'il répondait à ses invectives par des plaisanteries, elle lui jeta, furieuse, un in-40 à la tête. Il para le coup et lui dit en rianc : « Ne pourriez-vous pas, ma bonne amie, mettre vos caresses en in- 12 ? »
Delille a complètement perdu la réputation qu'il s'était acquise durant un demi-siècle. Que pouvait-il rester de cette poésie artificielle? Sa préoccupation des détails était trop grande pour qu'il eût l'art de la composition : « Il fait un sort à chaque vers, disait fort bien Rivarol, et néglige la fortune du poème. »
1. « Je demandai un jour à la veuve de Delille si son mari laissait quelque ouvrage posthume : « Ah ! ne m'en parlez pas, me répondit-elle en changeant de ton et de voix. Le malheureux homme! il avait composé sur la vieillesse un poème admirable, c'est le mot: tous les connaisseurs qui en ont entendu agments vous le diront. Ce poème, monsieur, il contenait au moins six mille vers, et queis vers ! Il n'avait jamais rien fait de si beau. Mais vous savez son indolence: il négligeait le soin de la gloire comme celui de la fortune. Je lui disais tous les jours: « Monsieur Delille, monsieur Delille, ne « vous lie/ pas à votre mémoire, dictez-moi ces vers-là; je veux les écrire « pour qu'ils ne soient pas perdus. » Kh bien, monsieur, il ne m'a pas écoutée, il est mort, il a emporté dans la tombe son superbe poème. Je m'étais déjà arrangée avec un libraire, qui m'en donnait un prix considérable: mais bah' voilà M. Delille ii.i patres, et l'ouvrage aussi. C'est dix mille francs qu'il m'enlève, monsieur, dix mille francs! » Et la respectable matrone de larmoyer, de sanglotera n'en pas finir, en répétant sur tous les tons: « Dix mille fanes. monsieur, dix mille francs, n (Charles Brifaut, Récils d'un vieux parrain à son jeune filleul.)
A beaucoup de miel se mêle toujours un peu de fiel. Du temps de ses plus beaux triomphes, Marmontel disait avec malice de l'abbé mondain, qui sut tout ménager pour ne rien troubler des douceurs de sa vie :
L'abbé Delille avec son air enfant Sera toujours du parti triomphant.
Et lorsque parut l'Homme des champs. Marie-Joseph Chénier, qui n'avait pas épargné ses satires à celui qu'il appelait l'abbé Virgile, lança cette dernière épigramme :
Non, ce n'est plus l'abbé Virgile; C'est un abbé sec, compassé, Pincé, passé, cassé, glacé, Brillant, mais d'un éclat fragile.
Sous son maigre et joli pinceau La nature est naine et coquette.
L'habile arrangeur de palette N'a vu, pour son petit tableau.
Les champs qu'à travers sa lorgnette Et par les vitres du château.
Il ravit la foudre au ciel et le sceptre aux tyra.vs. — L'année où Louis X\ I eut la faiblesse de se séparer de Turgot, Voltaire écrivait à d'Alembert (22 octobre 1776) : « Vous savez que les troupes du docteur Franklin ont été battues par celles du roi d'Angleterre. Hélas ! on bat les philosophes partout. La raison et la liberté sont mal reçues dans ce monde. »
Heureusement, la France, en s'alliant à l'Amérique, donna la revanche à Franklin, comme la Révolution devait plus tard la donner à Turgot; et celui-ci, bon latiniste1, rendit hommage tout à la fois au grand citoyen de l'Amérique et au grand phy-
1. Pour rappeler que Turgot n'avait pas moins d'érudition que di probité, on cite le compliment que lui fit le poète Saint-Ange, un jour qu'il travaillait avec lui dans sa riche bibliothèque : « On ne dira pas que vous maniez vos livres comme vous avez manié les finances du roi, sans faire votre profit d'un si beau trésor. »
sicien, inventeur du paratonnerre, en lui adressant pour servir d'inscription à son buste, par Houdon, ce vers latin d'une si heureuse concision ' :
Eripuit cœlo fulmen sceptrumque tyrannis.
Franklin protesta; la louange à ses yeux était excessive : • Ce vers m'attribue beaucoup trop, a-t-il dit, particulièrement en ce qui concerne les tyrans : la Révolution a été l'œuvre de quantité d'hommes braves et capables, et c'est bien assez d'honneur pour moi si l'on m'y accorde une petite part. » Franklin était modeste et il avait raison : il savait quelles places d'honneur on devait réserver, dans l'indépendance de l'Amérique du Nord, à Washington et à La Fayette.
Voltaire, avant de mourir, eut le bonheur de voir et d'embrasser Franklin (1778). Il lui parla quelque temps en anglais; mais cette langue ne lui étant plus familière, il reprit la conversation en français et dit : « Je n'ai pu résister au désir de parler un moment la langue de M. Franklin. » Et lorsque le grand citoyen lui présenta son petit-fils en lui demandant de le bénir, Voltaire dit, levant la main sur la tête du jeune homme : God and liberty. « C'est la seule bénédiction, ajouta-t-il, qui convienne au petit-fils de M. Franklin. »
Ahuris de Chaillot. — Une hure est une tête hérissée; c'est pourquoi ce mot sert à désigner celle du sanglier. Au xme siècle, la genr barbée et ahurie était celle dont les poils et les cheveux étaient en désordre ; plus tard, un paysan hure fut un mal peigné, une tête de bête.
1. » I! est vrai que Turgot avait trouvé son premier hémistiche dans VAstronomicon de Manilius (liv. III, v. 10+) ; et bien plus, comme l'a remarqué Grimm /. Avr. 1778), tout le dessin de son vers dans
celui de l'Anti-Lucrèce du cardinal de Polignac (liv. Ier, v. 96) :
Eripuit que Jovi fulmtn, Phaboqut sagillas.
(Edocard Focrnier, {'Esprit Jes autres.)
Et comme 1" expression jaire dresser les cheveux à la tête signifie causer de l'étonnement, de l'épouvante, faire horreur :
Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux.
(Racine, Phèdre, acte IV, se. vi.)
il est très naturel que le mot ahuri, au sens figuré, ait voulu dire interdit, troublé, stupéfait.
Ce qui reste donc à expliquer, au point de vue historique, c'est pourquoi les ahuris ont été dits de Chaillot.
En 1784, sur la demande des fermiers généraux, alarmés des progrès que faisait la contrebande, Calonne fit enceindre Paris, qui n'avait eu jusque-là pour limites que des murailles informes ou des planches mal jointes; et Ton décida que le village de Chaillot, devenu le faubourg de la Conférence, en mémoire de la conférence où fut décidée la paix des Pyrénées, serait compris dans l'enceinte de la ville. Le jour où les habitants apprirent brusquement qu'ils étaient Parisiens, ils furent très surpris de la nouvelle et ne revinrent pas vite deleurétonnement1. C'est alors qu'on leur donna le sobriquet Ahuris de Chaillot. sobriquet qui s'est appliqué depuis à tous ceux qui ont l'air quelque peu affolé.
A QUELLE SAUCE VOULEZ-VOUS ETRE MANGÉS? — Si Un
homme d'Etat pouvait sauver Louis XVI, c'est Turgot ; si un homme de finances devait achever de le perdre, c'est Calonne (1734-1802), que les impôts, les gaspillages, les emprunts, les expédients désastreux et les audaces de tout genre ont fait
1. Les Parisiens eux-mêmes manifestèrent leur mécontentement par des plaisanteries dans le genre de celles-ci :
Le mur murant Paris rend Paris murmurant.
Pour augmenter son numéraire, Et raccourcir notre horizon, La Ferme a jugé nécessaire De mettre Paris en prison.
juger sévèrement par l'histoire. « Dédaignant toute prévoyance, négligeant toute économie comme indigne d'un roi puissant; persuadé que le premier art d'un homme en place était l'art de plaire ; livrant à la faveur le soin de sa fortune, et ne songeant qu'à se rendre agréable à ceux qui se font craindre pour se faire acheter, il se vit tout à coup environné de louange et de vaine gloire. On ne parlait que des grâces de son accueil et des charmes de son langage. Ce fut pour peindre son caractère qu'on emprunta des arts l'expression de formes élégantes ; et l'obligeance, ce mot nouveau, parut être inventé pour lui. Jamais, disait-on, le ministère des finances n'avait été rempli avec autant d'enjouement, d'aisance et de noblesse1. »
Homme frivole, sans caractère, sans conviction et sans moralité, Calonne était un courtisan occupé surtout de ne rien refuser aux prodigalités de la reine, des princes et de la cour2. A ce titre seul, il a laissé un souvenir. Marie-Antoinette, voulant lui demander une chose à laquelle elle attachait beaucoup d'importance (il s'agissait d'une grosse somme d'argent), ne lui dissimula pas que ce serait peut-être très difficile. — « Madame, répondit Calonne, si cela n'est que difficile, c'est fait; si cela est impossible, nous verrons. » Pour donner à la condescendance du contrôleur général une forme plus vive, plus gracieuse peut-être, on a ainsi condensé la phrase courtisanesque : Si c3 est possible } c est fait ; si c est impossible, cela se fera. Voilà ce qu'on a retenu d'un homme qui eut dans les mains pendant quatre ans les destinées de son malheureux pays. C'est à ce genre de prouesses que M. de Calonne était propre3.