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L'Assemblée nationale déclare

i° Que tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la nation, à la charge du pourvoir, d'une manière convenable, aux frais du culte, à l'entretien de ses ministres et au soulagement des pauvres, sous la surveillance et d'après ks instructions des provinces ;

a0 Que, dans les dispositions à faire pour subvenir à l'entretien des ministres

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terminer son discours : « Ce ne sont point des trésors qu'il faut à l'État c'est un gage et une hypothèque, c'est du crédit et de la confiance. »

L'aliénation des biens du clergé avait été soutenue par Mirabeau, Barnave, Thouret, Garât, Dupont de (Nemours), Le Chapelier, les abbés Dillon et Gouttes ; elle avait été combattue par l'abbé Maury, l'abbé d'Eymar, Camus et l'archevêque de Boisgelin. — Malouet, Montlosier et quelques autres avaient tenté de recourir aux moyens termes, mais ils n'avaient pas réussi à les faire prévaloir. Vaincu sur le terrain de la conciliation, comme Maury sur celui de la résistance, Montlosier s'écria : « Je ne crois pas, messieurs, quoi qu'on puisse faire, qu'on parvienne à forcer les évêques à quitter leur siège. Si on les chasse de leurs palais, ils se retireront dans la chaumière du pauvre qu'ils ont nourri; si on leur ôte leur croix d'or, ils prendront une croix de bois ; c'est une croix de bois qui a sauvé le monde! »

Malgré ces paroles, restées célèbres, le comte de Montlosier ne se montra pas l'ami du clergé : ses écrits contre les jésuites surtout sont empreints de violence et d'animosité. Pendant le cours de sa longue carrière, il nourrit contre les influences cléricales une haine qui datait des premiers temps de sa vie publique. Montlosier offrit cette particularité d'être tout ensemble le défenseur de la noblesse et de ses privilèges1, et l'antagoniste du parti prêtre. « Libéral et aristocrate, a dit M. Guizot, monarchique et indépendant, chrétien et se méfiant des prêtres, ses opinions en religion, en politique, en histoire, en littérature étaient profondément personnelles, le fruit de son étude et de sa pensée solitaire, et il les soutenait comme on défend sa maison et sa vie. » Il resta ferme et indé-

de la religion, il ne pourra être assuré à la dotation d'aucune cure moins de i 200 livres par année, non compris le logement et les jardins en dépendant. » 1. « Le travail de M. de Montlosier sur la féodalité est rempli d'idées neuves, exprimées dans un style indépendant, qui sent sou moyen âge. Si les anciens seigneurs des donjons avoient su faire avec une plume autre chose qu'une croix, ils auroient écrit comme cela, mais ils n'auroient pas vu si loin. » (Chateaubriand, Etuies historiques.)

pendant jusqu'à son dernier jour : bien qu'il eût quatre-vingttrois ans lorsqu'il mourut, son caractère n'avait rien perdu de son opiniâtreté : à l'heure suprême, l'évêque de Clermont lui demanda de rétracter ses écrits, et il refusa. Le clergé, en revanche, lui refusa la sépulture ecclésiascique.

Il est peu de distance du Capitole a la Roche Tarpéienne. — C'est dans le temple de Jupiter Capitolin que les généraux romains allaient rendre grâces aux dieux de leurs victoires; et c'est du haut de la' Roche Tarpéienne, sur la même colline, qu'étaient précipités ceux qui s'étaient rendus coupables de trahison. De là l'antithèse : la Roche Tarpéienne n'est pas loin du Capitole, c'est-à-dire que la chute est souvent près du triomphe.

Lorsque la question du droit de paix et de guerre fut agitée à l'Assemblée constituante, Mirabeau défendit avec éloquence (20 mai 17901 la prérogative royale contre Lameth, Duport, Menou, et surtout contre Barnave dont la popularité fut sur le point d'effacer la sienne. Tandis que Barnave était porté en triomphe, on marquait l'arbre où la populace avait résolu de pendre Mirabeau. On vendait dans les rues un pamphlet violent où il était accusé de trahison et de vénalité.

Le surlendemain (22 mai), Mirabeau recueillit toutes ses forces pour répliquer à ses adversaires. Comme il traversait la salle, en se rendant à la tribune, Volney lui dit d'un ton railleur : « Hier au Capitole, aujourd'hui à la Roche Tarpéienne. 1 Ces paroles mordantes lui inspirèrent son exorde : « Et moi aussi, on voulait, il y a peu de jours, me porter en triomphe; et l'on crie maintenant dans les rues : La grande trahison du

comte de Mirabeau Je n'avais pas besoin de cette leçon

pour savoir quV/ est peu de distance du Capitole à la Roche Tarpéienne ; mais l'homme qui combat pour la raison, pour la patrie, ne se tient pas si aisément pour vaincu. Celui qui a la conscience d'avoir bien mérité de son pays, et surtout de lui être encore utile; celui que ne rassasie pas une vaine célébrité, et qui dédaigne les succès d'un jour pour la véri-

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table gloire; celui qui veut dire la vérité, qui veut faire le bien public, indépendamment des mobiles mouvements de l'opinion populaire; cet homme porte avec lui la récompense de ses services, le charme de ses peines et le prix de ses dangers; il ne doit attendre sa moisson, sa destinée, la seule qui l'intéresse, la destinée de son nom, que du temps, ce juge incorruptible qui fait justice à tous. «

On sait que le triomphe de Mirabeau fut complet. L'article principal du décret fut ainsi rédigé : « La guerre ne sera décidée que par un décret du Corps législatif, sur la proposition formelle et nécessaire du roi, et sanctionné par lui. »

La tragédie court les rues. — Lemierre (1723-1793), grand remporteur de prix à l'Académie française, fut aussi couronné à l'Académie de Pau pour un poème sur l'Utilité des découvertes faites dans les arts et dans les sciences sous le règne de Louis XV . poème qui débute par ces deux vers, dont le second a une belle tournure :

Croire tout découvert est une erreur profonde; C'est prendre l'horizon pour les bornes du monde.

Bien que Lemierre ait eu, non sans raison, la réputation d'un poète rocailleux, on a de lui quelques vers heureux, restés dans les mémoires, tels que :

Même quand l'oiseau marche, on sent qu'il a des ailes,

dans le poème didactique des Fastes ; et

Le trident de Neptune est le sceptre du monde,

dans le poème du Commerce.

Devenu poète dramatique, Lemierre fit jouer, avec des fortunes diverses, un certain nombre de tragédies dont la dernière, Barneveldt. représentée en 1790, fut écrasée par le succès de Charles IX. de Marie-Joseph Chénier. Il venait à cette

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époque d'achever une autre tragédie, Virginie ; mais la Révolution avait fait une très vive impression sur son esprit, et pour ne pas exciter les passions populaires, a-t-il dit, il refusa de la mettre au théâtre. A ceux qui s'étonnèrent de le voir persister dans cette résolution, il répondit : Que voulei-vous . maintenant la tragédie court les rues.

Lemierre, en parlant ainsi, se rencontraic avec Ducis (1733-1816) qui, à la même époque, écrivait à l'un de ses amis : « Que parlez-vous, Vallier, de faire des tragédies) La tragédie court les rues. » Il paraît même qu'un troisième écrivain, Chamfort, répondit à ceux qui déploraient l'indifférence du public pour les chefs-d'œuvre de la scène tragique : « La tragédie ne fait plus d'effet depuis qu'elle court les rues. »

Ces écrivains se trouvaient être les échos d'une idée exprimée, aux époques troublées de la Fronde, dans une Ma- \arinade de 1649 •

Comédiens, c'est un mauvais temps, Prenez les armes sans vergogne, Gardez-vous d'être fainéants, Comédiens, c'est un mauvais temps.

La tragédie est par les champs Bien plus qu'à l'hostel de Bourgogne.

Comédiens, c'est un mauvais temps, Prenez les armes sans vergogne.

De la tragédie de Barneveldt1, qui eut une chute si profonde, on a retenu un trait. Le fils du grand citoyen l'engage à se dérober à la vie par un trépas volontaire :

— Libre au moins par la mort.

— Mon fils, qu'avcz-vous dit ?

Caton se la donna, Socrate l'attendit.

1. Apres la mort violente de Barneveldt (1619), ses deux fils, résolus à venger leur père, entrèrent dans une conspiration qui fut découverte. L'un d'eux, Guillaume, échappa par la fuite : l'autre, René, fut pris et condamné a mort. Sa mère demanda sa grâce. « Je m'étonne, lui dit Maurice de Nassau, que vous fassiez pour votre fils ce que vous n'avez pas fait pour votre mari. — Je n'ai pas demandé la grâce de mon mari, répondit-elle, parce qu'il était innocent; jedemande celle de mou fils parce qu'il est coupable. ><

On a conservé aussi le souvenir d'un joli quatrain écrit par Lemierre pour l'éventail d'une dame :

Dans le temps des chaleurs extrêmes, Heureux d'amuser vos loisirs, Je saurai près de vous amener les zéphyrs ; Les amours y viendront d'eux-mêmes.

Lemierre, très vain, parlait de lui-même avec une extrême complaisance; il s'expliquait là-dessus en disant : « Je n'ai pas de preneurs, il faut bien que je fasse mes affaires tout seul l, » Le soir de la reprise triomphante de la Veuve du Malabar^ représentée pour la première fois le 30 juillet 1770, il fut, dit-on, tellement enivré que, montrant le poing, chez son ami Boucher, à un buste de Voltaire, il s'écria naïvement : « Ah! coquin ! tu voudrais bien avoir fait ma Veuve. »

AUX GRANDS HOMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE. Une

église, fondée par Chlodovig (510) sur le mont Lucotitius et consacrée aux saints apôtres Pierre et Paul, prit le nom de Sainte-Geneviève lorsque les restes de la patronne de Paris y furent déposés2. La châsse vénérée de la sainte fut l'objet de

1. « M. Lemierre est un honnête garçon ; c'est aussi un des poètes les plus heureux ; il est toujours content du public, et se voit toujours en succès. Sa pièce tombe dans les règles; à la quatrième représentation, il n'y a personne dans la salle; M. Lemierre arrive à l'orchestre, porte la vue de tous côtés, dans cette vaste solitude, et s'écrie: « Belle chambrée d'été! » II va chez Mole, peu de jours avant la première représentation, il veut faire quelques corrections à son rôle et lui demande une plume. — « Votre plume « n'écrit point, dit-il à Mole. — Que ne prenez-vous celle de Racine? — Elle « ne m'irait point; Racine est plus harmonieux que moi, j'en conviens; mais « j'ai l'expression plus énergique et plus propre. » Lemierre disait, il y a quelque temps, de la meilleure foi du monde: « On parle toujours de Diderot « et de d'Alembert ; qu'ont-ils donc fait ? Moi j'ai du bien au soleil : j'ai mon « poème sur la Peinture, j'ai mon Hypermnestre, j'ai mon Guillaume Tell...» Et toute la kyrielle des tragédies tombées, à qui il a trouvé de bonne foi de bons succès d'été. » (Grimm, Correspondance.)

2. « Il y avait, en ^50, une bergère de Nanterre qui prophétisait. A l'approche d'Attila, elle annonça que le Barbare ne toucherait pas à Paris. Les habitants, ne la voyant armée que de sa houlette, se crurent trahis et voulurent la lapider. Mais l'événement l'ayant confirmée et la houlette s'étant trouvée

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nombreux pèlerinages, et peu à peu l'église devint une abbaye. La rue principale qui y conduisait s'appela Saint e-Genevieve-la- Grande. puis Sainte-Gene\neve-du-Morit .

Souvent reconstruits, agrandis ou restaurés, les bâtiments de cette abbaye subsistaient encore au xvmc siècle ; mais ils menaçaient ruine *. Louis XV, pour accomplir le vœu qu'il avait fait en faveur des églises pendant sa maladie à Metz (1744), ordonna, par lettres patentes du mois de mars 1757, que l'église Sainte-Geneviève serait réédifiée. Le terrain fut bénit l'année suivante par l'abbé de Saint-Germain, et les travaux furent menés avec assez d'activité pour que six ans après (6 septembre 1764), Louis XV pût poser la première pierre du dôme.

Ni Louis XV ni Louis XVI ne virent les travaux terminés; ils ne l'étaient même pas encore en 1791. Cependant, le nouvel édifice s'élevait majestueusement sur la montagne Sainte- Geneviève ; il ne rappelait ni l'histoire du passé, ni la patronne de Paris, ni la légende, et ne s'adaptait à aucune des convenances de l'époque : c'était un temple antique rappelant, par sa forme et sa grandeur, le Panthéon romain -. C'est sans doute cette ressemblance qui suggéra à Pastoret, le jour même où mourut Mirabeau (2 avril 179 1), la pensée de faire au département de Paris la proposition de consacrer ce monument à recevoir la dépouille mortelle des grands hommes. La proposition, portée à l'Assemblée constituante, fut accueillie avec acclamation \ et, le 4 avril, le décret suivant fut voté :

plus forte que le marteau d'Attila, les Parisiens rirent de la bergère leur sainte et leur patronne. Cette première Jeanne d'Arc qui échappa au bûcher s'appelait Geneviève. » (Edgar Quinet.)

1. La vieille église ne fut démolie que sous l'Empire, vers 1806, lorsquele lycée Napoléon fut installé dans les bâtiments de l'ancienne abbaye.

■2. L'architecte Soufflot, chargé de ce travail, s'était inspiré du Panthéon de Rome, en s'efforçant de donner au dôme une élévation encore plus imposante. On sait que le temple romain, bâti en forme circulaire, avait reçu le nom de Panthéon (du grec pan, tout, et theos, dieu) parce que Agrippa, gendre d'Auguste, l'avait consacré à tous les dieux.

j. Il n'y eut que trois voix contre : elles de Rochebrune, de Duval d'Espréménil et de Montlosier.

Article premier. — Le nouvel édifice de Sainte-Geneviève sera destiné à recevoir les cendres des grands hommes à dater de l'époque de la liberté française.

Art. 2. — Le Corps législatif décidera seul à qui cet honneur sera décerné.

Art. 3. — Honoré Riquetti Mirabeau est jugé digne de recevoir cet honneur.

Art. 4. — La législature ne pourra pas à l'avenir décerner cet honneur à un de ses membres venant de décéder; il ne pourra être déféré que par la législature suivante.

Art. 5. — Les exceptions qui pourront avoir lieu pour quelques grands hommes morts avant la Révolution ne pourront être faites que par le Corps législatif.

Art. 6. — Le Directoire du département de Paris sera chargé de mettre promptement l'édifice de Sainte-Geneviève en état de remplir sa nouvelle destination, et fera graver au-dessus du fronton ces mots : Aux grands hommes la patrie reconnaissante.

Art. 7. — En attendant que la nouvelle église Sainte- Geneviève soit achevée, le corps de Riquetti Mirabeau sera déposé à côté des cendres de Descartes, dans le caveau de l'ancienne église Sainte-Geneviève.

L'année suivante, « l'édifice de Sainte-Geneviève » recevait le nom de Panthéon français^ et « les grands hommes morts avant la Révolution » qui eurent le même honneur que Mirabeau furent Voltaire (10 juillet 1791) 1 et Rousseau (11 octobre 1794), les deux grands révolutionnaires du xvme siècle. Sous la Convention, lorsque les intelligences de Mirabeau avec

1. Voltaire avait d'autant plus de titres à une place au Panthéon qu'il avait annoncé la Révolution, en termes précis, vingt-sept ans, jour pour jour, avant la mort de Mirabeau : « Tout ce que je vois jette les semences d'une révolution qui arrivera immanquablement, et dont je n'aurai pas le plaisir d'être témoin. Les Français arrivent tard à tout, mais enfin ils arrivent. La lumière s'est tellement répandue de proche en proche, qu'on éclatera à la première occasion; et alors ce sera un beau tapage. Les jeunes gens sont bien heureux ; ils verront de belles choses » (Lettre à M. le marquis de Chauvelin, 2 avril 1764.)

la cour furent dévoilées, on chassa Mirabeau du Panthéon et on le remplaça par Marat. Les honneurs du Panthéon furent décernés aussi, pendant la Révolution, à Beaurepaire, commandant de Verdun, à Le Peletier de Saint-Farge.au, ainsi qu'aux jeunes Barra et Viala.

En 1806, le Panthéon fut rendu au culte; mais, dans l'esprit de Tépoque, il ne perdit pas pour cela la destination que lui avait donnée l'Assemblée constituante; ses caveaux furent consacrés à la sépulture des grands dignitaires, des grands officiers de l'Empire, des sénateurs, des grands officiers de la Légion d'honneur, et, en vertu de décrets spéciaux, des citoyens qui, dans la carrière des armes et dans celle de l'administration et des lettres, auraient rendu d'éminents services à la patrie.

Aux termes du décret impérial (20 février 1806), il devait être olficié solennellement dans l'église de Sainte-Geneviève : le 3 janvier, fête de sainte Geneviève; le 15 août, « fête de saint Napoléon », et anniversaire de la conclusion du Concordat ; le jour des Morts, et le premier dimanche de décembre, anniversaire du couronnement et de la bataille d'Austerlitz.

Sous la Restauration, l'édifice cessa de s'appeler Panthéon: Louis XVIII voulut qu'il fût exclusivement « consacré à l'exercice du culte divin1 », ainsi qu'il l'écrivait à M. de Quélen, archevêque de Paris, le 26 décembre 1821. L'inscription Aux grands hommes la patrie reconnaissante fut remplacée par les mots : D. 0. AI. sub. inv. S. Genovefae Lud. XI dicavit. Lud. XVIII restituit. Une croix, hérissée de rayons, fut sculptée dans le tympan du fronton, et Gros décora la coupole d'une grande composition représentant l'apothéose de sainte Geneviève.

Le gouvernement de Juillet fit renaître le Panthéon, Le 26 août 1830, Louis-Philippe rendit une ordonnance ainsi conçue :

1. L'ordonnance royale, rendue « en notre château des Tuileries, le 12 décembre de l'an de grâce mil huit cent vingt-un. et de notre règne le vingt-septième », portait, article premier: « La nouvelle église fondée parle roi Louis XV sera incessamment consacrée à l'exercice du culte divin. »

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« Considérant qu'il est de la justice nationale et de l'honneur de la France que les grands hommes qui ont bien mérité de la patrie en contribuant à son bonheur et à sa gloire reçoivent, après leur mort, un témoignage éclatant de l'estime et de la reconnaissance publiques;

« Considérant que, pour atteindre ce but, les lois qui avaient affecté le Panthéon à une semblable destination doivent être remises en vigueur;

« Avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

'i Le Panthéon sera rendu à sa destination primitive et légale ; l'inscription : Aux grands hommes la patrie reconnaissant e. sera rétablie sur le fronton. Les restes des hommes qui auront bien mérité de la patrie y seront déposés. »

Il n'entra pas de nouveaux grands hommes au Panthéon; on se contenta d'y placer quatre tables de bronze sur lesquelles étaient gravés les noms des victimes de la Révolution de juillet. La cérémonie d'installation de ces tables eut lieu le 27 juillet 183 1, en présence du roi, et Adolphe Nourrit chanta l'hymne que Victor Hugo écrivit en l'honneur des victimes 1.

Par décrets des 6 décembre 1851 et 22 mars 1852, le Panthéon fut restitué à la patronne de Paris. On y célébra le culte, mais on y pria aussi pour les morts enterrés dans les caveaux de l'église, ainsi que le comportaient les termes du décret de 1852. La tradition révolutionnaire n'était -pas tout à fait disparue, et le monument s'appelait toujours Panthéon.

Enfin, à l'occasion de la mort du grand poète Victor Hugo (22 mai 1885), Tédifice fut de nouveau désaffecté par un décret du 26 mai 1885, portant (article ier) que les restes des grands hommes qui ont mérité la reconnaissance nationale y seront déposés, et (art. 2) que cette disposition est applicable aux citoyens à qui une loi aura décerné des funérailles nationales. Un décret du même jour portait : « A la suite des obsèques ordonnées par la loi du 24 mai 1885, le corps de Victor Hugo sera déposé au Panthéon. »

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