‹ Petites ignorances historiques et littérairesChapitre 54 sur 65 · Histoire de la Révolution française · texte numérisé non relu

Histoire de la Révolution française

3. Sieyès, nommé, après le coup d'Etat, le premier des trois consuls provisoires, voulut faire adopter son projet de nouvelle Constitution. Lorsqu'il vint à parler d'un grand électeur logé au palais de Versailles, avec une liste civile de six millions, et dont la fonction consistait à nommer le pouvoir exécutif, Bonaparte lui dit: « Et comment avez-vous pu imaginer, citoyen Sieyès, qu'un homme de quelque talent et d'un peu d'honneur voulût se résigner au rôle d'un cochon à l'engrais de quelques millions? »

Deux mots de Sieyès sont restés célèbres : celui que lui souffla Chamfort et qui forme le titre de son fameux pamphlet paru en janvier 1789, comme pour annoncer la Révolution : Qu'est-ce que le tiers état? tout; qu'a-t-i! été jusqu'à présent dans l'ordre politique? rien; que de/nande-t-il? à devenir quelque chose ; — et celui qu'il laissa échapper lorsque l'Assemblée constituante, après avoir reconnu, le 4 août, que la dîme était rachetable, déclara, le xo, qu'elle serait abolie : Ils veulent être libres, et ils ne savent pas être justes. Sieyès manifesta cette opinion devant l'Assemblée, en ménageant les termes, dans la séance du 18 août : « S'il est possible encore de réveiller l'amour de la justice qui devrait n'avoir pas besoin d'être réveillé, je vous demanderai, non pas s'il vous est commode, s'il vous est utile de vous emparer de la dîme, mais si c'est une injustice. »

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