Mémoires
7o PETITES IGNORANCES
eue le dessous, et le succès de i'erureprise fuc tout à fait compromis lorsque les conspirateurs apprirent que le duc de Bourgogne refusait d'entrer dans leur alliance. Le comte de Dunois, abandonnant ses complices, rentra dans l'obéissance ; puis les princes négocièrent, et Charles VII pardonna aux chefs de la conspiration ainsi qu'au dauphin, non sans les avoir admonestés de ne plus tomber en pareille faute. Cependant, lorsque le dauphin sollicita la grâce de La Trémoille et de ses acolytes, de Chaumont et de Prie, le roi lui répondit : « Qu'ils se retirent en leurs maisons et s'y tiennent! je ne veux plus les voir! — En ce cas, monseigneur, dit le dauphin, il faut que je m'en aille; car ainsi leur ai-je promis. — Louis, répliqua le roi irrité, les portes sont ouvertes, et si elles ne vous sont assez grandes, je vous ferai abattre quinze ou vingt toises des murs pour vous faire passage. S'il vous plaît vous en aller, allez-vous-en; car, au plaisir de Dieu, nous en trouverons assez de notre sang qui nous aideront à maintenir notre honneur et seigneurie, mieux que vous n'avez fait jusqu'ici. »
Pour satisfaire cette soif de pouvoir qui, à dix-huit ans, dévorait déjà le dauphin, le roi lui donna, sur l'avis de son conseil, le gouvernement du Dauphiné, en y mettant des restrictions destinées à maintenir ce jeune ambitieux dans la soumission.
C'est par allusion aux révoltes qui avaient éclaté dans la Bohême et surtout à Prague après la mort de Jean Huss, brûlé comme hérétique (141 5), que les contemporains donnèrent à la révolte des princes le nom de Praguerie. Ces longues guerres civiles de la Bohême avaient laissé de tels souvenirs de terreur que les mots Prague et rébellion étaient devenus synonyme.^.
A coeurs vaillants rien" d'impossible. — Jacques Cœur, fils d'un marchand pelletier de Bourges, était né avec le génie des grandes affaires; il élargit le cercle des transactions ordinaires de son époque en faisant concurrence sur la mer aux Vénitiens et aux Génois pour le commerce du
HISTORIQUES ET LITTERAIRES. 7i
Levant. Il est le créateur du commerce français à l'extérieur.
Charles VII, voulant se l'attacher, le nomma maître de la monnaie de Bourges en 1435, époque où fut frappé le gros d'argent qu'on appela le gros de Jacques Cœur ; puis il le chargea, sous le titre d'argentier du roi. de l'administration des finances du pays.
Les grandes entreprises commerciales de Jacques Cœur ayant réussi au delà de toutes les espérances, il dirigea plus d'affaires à lui seul que tous les négociants réunis de France et d'Italie; ses richesses devinrent immenses, et l'on disait proverbialement : Riche comme Jacques Cœur. C'est grâce aux deux cent mille écus d'or qu'il prêta à Charles VII que ce roi put entreprendre (1449) la. conquête de la Normandie1. Il entretint lui-même à ses frais quatre armées pendant toute la durée de la guerre. Il avait pris auparavant, dans le gouvernement, la part la plus active à tout ce qui s'était fait d'utile et de considérable : il avait régularisé le système monétaire, il s'était acquitté avec succès de diverses missions politiques, il avait donné un caractère officiel aux relations qu'il avait contractées avec l'Orient comme particulier, et avait fait enfin de sa prodigieuse fortune le plus ferme appui de la fortune publique. Aussi, pour le récompenser de ses éminents services, Charles VII lui avait-il accordé (1440) des lettres d'anoblissement. Jacques Cœur avait mis dans ses armes trois coquilles de sable, allusion à saint Jacques, son patron, accompagnées de trois cœurs de gueules avec cette devise : A vaillans cuers riens impossible, empruntée aux sires de Saint-Fargeau, dont il avait acheté les domaines. Cette devise se trouvait s'appliquer à lui-même, par les mots autant que par la pensée. Il l'inscrivit sur la façade de sa magnifique maison de Bourges, où il fit figurer aussi, dans les sculptures, des cœurs et des coquilles, sans
1. Charles Vil ayant demandé des emprunts à plusieurs des grands qu'il
avait combles de richesses et qui s'excusèrent sous de fri ites, il
s'adressa à Jacques Cœur, qui, c( très zélé pour l'honneur du roi et le bien de l'État, dit Thomas Basiu, oil'rit spontanément une grande somme d'i répondant : Sire, ce que j'ay est vostre.
oublier le navire, source de sa forcune. Les devises des bas-reliefs étaient : Dire, faire, taire; en bouche close n'entre mous che.
On a reproché à Jacques Cceùr d'avoir été orgueilleux de sa fortune et de sa grande position; mais, en vérité, on le serait à moins : il avait conquis lui-même tous ses biens et tous ses titres dans un temps où rien de pareil encore ne s'était vu. Au reste, si l'orgueil doit êcre puni, Jacques Cœur l'éprouva cruellement.
Les dernières années de Jacques Cœur furent aussi sombres, aussi misérables que les autres avaient été brillantes et prospères. Les courtisans, jaloux de son crédit, de son opulence et de sa renommée, conjurèrent sa perte. On l'accusa d'abord d'avoir empoisonné Agnès Sorel, qui lui avait donné un dernier témoignage d'estime en le choisissant pour l'un de ses exécuteurs testamentaires ; et, sans autre information préalable, il fut arrêté à Taillebourg, le 31 juillet 1451. Lorsque cette accusation fut reconnue fausse, les ennemis de Jacques Cœur, qui ne voulaient ni lâcher leur proie ni rendre les dépouilles dont ils s'étaient déjà emparés, accumulèrent des accusations d'autre nature : avoir eu des intelligences contre le roi avec le dauphin, avoir fait sortir de l'argent du royaume, avoir renvoyé à son maître un esclave chrétien qui s'était réfugié sur une de ses galères, avoir altéré la monnaie et commis des exactions en province.
Charles VII, en ces tristes circonstances, fut lâche et ingrat comme il savait l'être ; il donna pour juges à Jacques Cœur trois de ses ennemis les plus acharnés : Antoine de Chabannes, comte de Dammartin, ancien chef des écorcheurs, le chambellan Guillaume Gouffier, et le Florentin Otto Castellani, qui se fit donner la place d'argentier du roi. L'accusé se justifia sur tous les points, mais on lui refusa les moyens de produire ses preuves et ses témoins, et lorsqu'il voulut en appeler à l'Eglise, on le menaça de la torture pour le forcer à y renoncer. L'appareil des tourments abattit son courage, il s'abandonna à ses ennemis.
Déclaré coupable à tous les chefs, il fut condamné
(29 mai 1453) à quatre cent mille écus d'amende, à la confiscation du reste de ses biens au profit du roi, et au bannissement du royaume à perpétuité. Le 5 juin suivant, un échafaud était dressé à Poitiers sur la grande place, et Jacques Cœur, à genoux, sans ceinture ni chaperon, une torche au poing, faisait amende honorable. Une foule immense, stupéfaite, était là pour voir s'humilier comme un criminel celui qui avait si puissamment contribué à faire renaître la nationalité française. La Thaumassière l'a dit dans son Histoire du Berry : « Ses richesses furent le plus grand de ses crimes et donnèrent envie à des vautours de cour d'en poursuivre la confiscation. »
Deux grandes forces, au xve siècle, l'une divine, l'autre humaine, Jeanne d'Arc et Jacques Cœur, ont sauvé la nation et le roi; elles resteront dans l'histoire de cette époque comme une gloire pour la France et une honte pour Charles VII.
Les Gobeliks. — La famille des Gobelin, originaire de Reims, selon les uns, de Hollande, selon d'autres, est connue en France depuis le milieu du xve siècle, époque vers laquelle Jehan Gobelin, premier du nom, vint s'établir comme teinturier à Paris, dans le faubourg Saint-Marcel, sur les bords de la Bièvre, dont les eaux étaient alors réputées pour la teinture. Il teignait les draps et excellait dans l'art d'appliquer les couleurs écarlates.
La fortune de la maison fut rapide, les générations s'y succédèrent, et le nom de Gobelin fut si bien répandu qu'il devint un mot de la langue : la Bièvre s'appela la riviire des Gobe- Itns. Plusieurs membres de la famille quittèrent leur profession, achetèrent des titres et des emplois et firent de belles alliances. Les Gobelin disparurent comme teinturiers, à la fin du xvir siècle, lorsque Jean Gluck importa de Hollande un nouveau procédé de teinture en écarlate.
Vers cette époque, Colbert, préoccupé d'embellir les maisons royales, particulièrement le Louvre et les Tuileries, en les décorant de meubles, de tentures et d'autres ornements, forma le projet de réunir, dans un même local et sous une même
direction, les hommes les plus habiles dans les divers arts et métiers de luxe. L'ancien hôtel des Gobelin appartenait alors à un sieur Leleu, conseiller au parlement, et il était occupé par les frères Cannaye qui y fabriquaient de la tapisserie. Colbert en fit l'acquisition et provoqua, au mois de novembre 1667, la création d'un établissement royal, sorte d'immense atelier où l'on devait composer et exécuter tout ce qui constitue un ameublement. « La manufacture des tapisseries et autres ouvrages, stipule l'édit de fondation, demeurera establie dans l'hostel appelé des Gobelins, maisons et lieux et dépendances à nous appartenant, sur la principale porte duquel hostel sera posé un marbre au-dessus de nos armes, dans lequel sera inscript : Manufacture royalle des meubles de la couronne. »
Le Brun, premier peintre du roi, eut la direction de cette manufacture. Les hommes les plus capables y furent appelés, et on leur accorda, pour les attirer ou les retenir, des immunités et des privilèges considérables. Le graveur Sébastien Le Clerc demeura plus de quarante ans dans cet hôtel royal des Gobelins où l'on fabriqua beaucoup d'objets d'art, mais où bientôt l'on ne fit plus que de la tapisserie, sous la direction de Mignard, successeur de Le Brun, et sous la surveillance de La Chapelle-Bessé, architecte et contrôleur des bâtiments du roi.
A la Révolution, rétablissement perdit naturellement son étiquette royale; mais il ne cessa pas d'appartenir à l'Etat et fut appelé Manufacture des Gobelins. Il arriva ainsi que, peu à peu, le nom d'une famille de teinturiers servit à désigner les plus belles tapisseries du monde. C'est là une fortune assez étrange : certains noms d'hommes ont été donnés aux objets que ces hommes avaient inventés ou aux établissements qu'ils avaient fondés ; ici, rien de pareil : il y a bien une teinturerie aux Gobelins, mais outre qu'elle ne procède pas de celle qui fut créée par l'ancienne famille des Gobelin. elle ne joue, dans l'établissement, à côté des magnifiques tapisseries de haute lice, qu'un rôle très secondaire1.
1. Une autre manufacture publique de tapis dont le nom répondait peu à
La Révolution fie d'abord grise mine à cet établissement de luxe, qui coûtait très cher à l'Etat; Marat, dans un moment de colère, ne le crut bon qu'à enrichir les fripons et les intrigants; mais bientôt les fureurs se calmèrent, et la Convention, lorsqu'elle régla l'administration des biens qui dépendaient de l'ancienne liste civile (décret du 2j novembre 1792), ne supprima pas la manufacture des tapis. Moins de deux ans après, le zi floréal an II (11 mai 1794), elle décréta, sur le rapport du comité d'instruction publique, que les tableaux qui, d'après le jugement du jury des arts, auraient obtenu des récompenses nationales, seraient exécutés en tapisserie à la manufacture des Gobelins . et qu'il serait fait, pour ê;re exécutées dans cette manufacture, des copies des tableaux de David représentant la mort de Lepelletier de Saint-Fargeau et celle de Marat.
La manufacture des Gobelins a subsisté à travers les transformations et les tourmentes politiques; mais elle n'a pas toujours été prospère : parfois, on Ta un peu délaissée; elle dépérit sous le Directoire; en 1850, lorsque l'Assemblée législative s'occupa de sa réorganisation, son exiscence même fut mise en question. Mais les merveilles qu'elle a produites ont triomphé de tous les obstacles, et elle restera une des gloires de l'industrie française. Les tapis:*erie;.' des Gobelins sont parvenues à un degré de perfection qui le dispute à la peinture, et, pour que les artistes qui les produisent restent dégagés de toutes préoccupations commerciales, il importe qu'ils puissent poursuivre leur tâche à l'abri d'une libérale protection.
JE VEUX HONORER DANS MA VIEILLESSE UNE CHARGE CiUI
m'a fait honneur quand j'étais jeune. — Le comte de Ri-
la destination est celle qu'on appelait /.7 Savonnerie. Elle avait été établie sous Henri IV, au commencement du xvne siècle, pour la fabrication Je tapis dans le genre oriental. Elle devait son nom au vaste local dans lequel elle avait été établie sur l'emplacement actuel de la Manutention militaire, quai de Billy, local qui avait servi d'abord de fabrique de savon. Ses belles productions, destinées également aux résidences royales, rivalisèrent longtemps avec celles des Gobelins. En i7^!L la Savonnerie fut réunie à la manufacture des GobeliiK.
chemont, deuxième fils de Jean V, duc de Bretagne, fut d'abord dans le parti des Anglais ; mais il ne tarda pas à se détacher du duc de Bedford, pour lequel il n'avait aucune sympathie. Dès lors, il servit la France et la servit bien. A la bataille d'Azincourt, il fut trouvé sous les morts, blessé, défiguré, couvert de sang, et reconnu seulement à son vêtement de guerre. On le fit prisonnier, comme les ducs d'Orléans et de Bourbon, et lorsqu'il revint d'Angleterre, il fut fait connétable (1424K II s'associa aux exploits de Jeanne d'Arc et de Dunois, se rendit au congrès d'Arras comme ambassadeur de Charles VII, et gagna sur les Anglais la bataille de Formigny qui leur enleva la Normandie (1450).
Les services rendus par Richemont lui marquent une place dans l'histoire à côté de son compatriote Du Guesclin. Un autre de ses titres à la reconnaissance de la France est de s*être activement occupé de la réorganisation, de la discipline d'une armée qui depuis trop longtemps était un fléau : c'est à lui qu'on doit l'ordonnance de 1439.
Ses trois neveux s'étant éteints, dans l'espace de sept ans, sans laisser d'enfants mâles, il devint duc de Bretagne (1457) sous le nom d'Arthur III. A cette époque, il y avait longtemps déjà que Richemont vivait éloigné de la cour; Charles VÏI avait profité de ses services, mais au fond il ne l'aimait pas : les courtisans et les favoris que Richemont avait fait ou voulu faire punir avaient mis tout en œuvre pour le perdre dans l'esprit du roi. Cependant, Richemont, après êcre monté sur le siège ducal, ne renvoya pas son épée de connétable : Je veux honorer dans ma vieillesse, disait-il, une charge qui m'a fait honneur quand j'étais jeune. Lorsqu'il vint rendre hommage au roi pour le duché de Bretagne, son écuyer portait devant lui deux épées, l'une à raison de son duché, l'autre au titre de son office de connétable.
Le roi est mort, vive le roi! — Cri que les hérauts d armes faisaient entendre au peuple, sous le régime monarchique, pour annoncer du même coup la mort du roi et l'avè-
nement de son successeur. Cela signifiaic qu'en France le roi ne mourait pas, que son parenc mâle le plus proche était à l'instant et par le seul droit de sa naissance en possession de l'autorité royale1.
11 n'y eut pas, dans notre histoire, d'antagonisme plus grand entre un père et son fils, encre un roi et son successeur, que celui de Charles VII et de Louis XI. Aussi semblet-il naturel que le principe qu'en France le roi ne meurt jamais ait été proclamé, pour la première fois, dans une cérémonie solennelle, à la mort de Charles VII. Le corps de ce roi fut porté à Saint-Denis, et un héraut d'armes abaissa sa masse en disant : « Priez pour Târne du très excellent, crès puissant et très victorieux le roi Charles, septième de ce nom. » Puis il releva son arme, et après l'espace de temps nécessaire pour dire un Pater, il cria : « Vive le roi Louis ! j
Jamais peuc-ètre on ne sentit plus vivement le besoin de laisser là le mort pour s'inquiéter du vivant. Louis XI triomphait, mais les grands savaient qu'ils allaient avoir un maître, et « le cri de : Vive le roi! crié sur le cercueil, dit Micheletr, ne trouva pas beaucoup d'écho chez eux. Dunois, qui avait vu et fait tant de guerres et de guerres civiles, ne dit qu'un mot à voix basse : « Que chacun songe à se pourvoir. »
Lorsque la nouvelle se répandit au Louvre de l'assassinat de Henri IV, Sillery, Jeannin et Villeroi, les trois ministres ligués contre Sully, accoururent auprès de la reine. Celle-ci, en les voyant, s'écria : « Le roi est mort ! — Vous vous trompez, madame, répondit Sillery; en France, le roi ne meurt pas. «
Pendant la Révolution, le prince de Condé, qui commandait les émigrés au delà du Rhin, fit retentir le mot de la vieille monarchie française aussitôt qu'il eut appris la mort
i. «Sitôt qu'un rov de France est mort, si m Gis aisne* ou son plus prochain est roy, et n'est point le royaume sans roy, et, pour cette cause, le nouveau roy ne porte le deuil, mais se revest de pourpre ou de rouge, signifiant qu'il ya un roy de France. » (Jacojues Duclercq,, Mémoires )
■2. Histoire de France.
tragique de Louis XVI; et le dauphin, âgé de huit ans et prisonnier au Temple, fut proclamé roi par cette armée d'émigrés sous le nom de Louis XVII.
Ce cri fut entendu pour la dernière fois en 1824, lorsque Charles X succéda à son frère Louis XVIII. M. de Vaulabelle1 a donné une intéressante relation de la cérémonie funèbre dans laquelle étaient répétés solennellement les mots traditionnels :
« Sept jours après le décès, le 23 septembre, le cercueil royal fut transporté du château des Tuileries à l'église Saint- Denis, au bruit d'une salve de cent un coups de canon, ec demeura exposé dans cette basilique, au milieu d'une chapelle ardente, jusqu'au 24 octobre, jour fixé pour les funérailles. C'était la première fois, depuis la mort de Louis XV (10 mai 1774), qu'une cérémonie de cette nature était offerte à la curiosité publique... La messe dite et l'oraison funèbre prononcée, on procéda aux derniers actes de la sépulture selon le vieux cérémonial de la monarchie. Douze gardes du corps enlevèrent le cercueil et le descendirent dans le caveau. Le roi d'armes, se dépoudlanc alors de sa cotte d'armes et de sa toque, les jeta sur le cercueil ainsi que son caducée; puis, reculant de trois pas, il s'écria : « Hérauts d'armes de France, venez remplir vos charges ! » Ces officiers s'approchèrent de l'ouverture du caveau et y jetèrent à leur tour leurs caducées, leurs cottes d'armes et leurs toques. Puis le drapeau et les cinq étendards de la compagnie des Cent Suisses et des quatre compagnies de gardes du corps furent descendus dans le caveau, ainsi que les honneurs du défunt (la couronne, le sceptre et la main de justice), et le pennon, les éperons, l'écu, la cotte d'armes, le heaume ec les gantelets, que le cérémonial, par une tradition des obsèques royales d'un autre âge, supposait avoir été portés ou revécus par ce souverain, le moins guerrier des rois. Par une autre raillerie de ces prescriptions empruntées aux coutumes antiques, le grand chambellan, obéis-