‹ Petits chefs-d'œuvre de J.-J. RousseauChapitre 21 sur 116 · NOT£S · texte numérisé non relu

NOT£S

« feuillages. Purcbass ajoute que , dans les conversatipos qu'il « avait eues avec Battel , il avait appris de lui-même qu*un pongo « lui enleva un petit nègre qui passa un mois entier dans la so- « ciété de ces animaux ; car ils ne font aucun mal aux hommes « qu'ils surprennent, du moins lorsque ceux-ci ne les regardent « point, comme le petit nègre l'avait observé. Battel n'a point dé- H crit la seconde espèce de monstre.

« Dapper confirme que le royaume de Congo est plein de ces « animaux qui portent aux Indes le nom d'orangs-outangs , c'estn à-dire, habitants des bois , et que les Africains nomment quojas' « morros. Cette béte , dit-il , est si semblable à l'homme, qu'il est t tombé dans l'esprit à quelques voyageurs qu'elle pouvait être « sortie d'une femme et d'un singe : chimère que les nègres mê- « mes rejettent. Un de ces animaux fut transporté du Congo en « Hollande, et présenté au prince d'Orange, Frédéric-Henri. Il « était de la hauteur d'un enfant de trois ans, et d'un embonpoint « médiocre, mais carré et bien proportionné, fort agile et fort « vif, les jambes charnues et robustes, tout le devant du corps « no , mais le derrière couvert de poils noirs. A la première vue , » son visage ressemblait à celui d'un homme , mais il avait le nez « plat et recourbé; ses oreilles étaient aussi celles de l'espèce hu- « maine; son sein, car c'était une femelle, était potelé, son <c nombril enfoncé , ses épaules fort bien jointes , ses mains divi- « séesen doigts et en pouces, ses mollets et ses talons gras et « charnus. Il marchait souvent droit sur ses jambes , il était capa* n ble de lever et porter des fardeaux assez lourds. Lorsqu'il vou- « lait boire, il prenait d'une main le couvercle du pot, et tenait « le fond de l'autre; ensuite il s'essuyait gracieusement les lèvres. « 11 se couchait, pour dormir, la tète sur un coussin , se couvrant « avec tant d'adresse qu'on l'aurait pris pour un homme au Ut. Les « nègres font d'étranges récits de cet animal : ils assurent non- « seulement qu'il force les femmes et les filles , mais qu'il ose at- « taquer des hommes armés. En un mot , il y a beaucoup d'appa* « rence que c'est le satyre des anciens. Merolla ne parle peut-être « que de ces animaux , lorsqu'il raconte que les nègres prennent « quelquefois dans leurs chasses des hommes et des femmes sau- " vages. »

Il est encore parlé de ces espèces d'animaux anthropoformes

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