LETTRE
A M"" LA COMTESSE ICKGMONT
Madame ,
Quftqùes personnes ont élevé des doutes sur la fldéjité dt> cette histoire. Cette espèce de critique est la seule qu'un historien soit dans l'obligation de réfuter; et je regarde comme un devoir de justifler à vos propres yeux la protection qu« vous avez accordée à cet ouvrage.
Permettez- moi , madame, de vous rappeler quelques faits. Au premier bruit que celte histoire existait , plusieurs, personnes , en correspondance avec l'impératrice de Russie, en furent alarmées pour sa gloire. Vous avez su leurs démarches ; et dans l'impossibilité où elles furent de me faire accepter leurs offres, devenues de jour en jour plus considérables, l'une d'elles imagina qu'elle devait employer votre autorité pour m'y^ résoudre; mais je peux dire en toute assurance, comme l'ami de Gracchus : " Si elle me l'eût ordonné, j'eusse "obéi. B Qu'est-il résulté de toutes leurs tentatives? La certitude où vous Stes 4'avoir entre les mains la déposition d'un témoin incorruptible.
Cet ouvrage fut composé pour vous seule , madame ; aucun de ces grands motifs qui peuvent engager un homme courageux h pifhliér des anecdotes ignorées , ne m'a &it prendre la plume , et môms encore *in amour indiscret pour la vérité , ni aucune partialité, Mauèwie inttigiie. Paurais pu, sans faiblessii et sans rémords, le sacrifier à mon repos, si j'avais eu à craindre que mon repos fût compromis; mais j'ai senti nne
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répugnance invincible à le sacrifier ï tout autre intérêt. J'ai envisagé avec horreui la flétrissure attachée encore aujourd'hui au nom de cet écrirain du quinzième siècle qui a fait payer son silence par les princes de son temps. La séduction ne se découragea pas aisément j elle imagina que Id vanité d'aut«ur était plus forte en moi que l'intérêt ; et qu'il fallait me.tenler par ces deu:ï passions réunies. Elle me laissa entrevoir la possibilité de publier cet écrit, en altérant quelques faits , ou même en les laissant altérer sans me plaindre. L'indignation dicta ma réponse , et je rompis toute société avec de parais négociateurs. Tous ces détails sont connus de vous , madame, et de M. le comte d'Egmont. Que peuvent y opposer ceux qui s'efforcent de persuader que cette relation est un romaA? Un homme capable d'inventer ou de falsifier à plaisir les anecdotes contenues dans cette histoire aurait-il eu cette conduite? et n'a-t-elle pas un autre principe que l'wnour d'un faiseur de romans pour ses inventions ?
Bientât la lecture de cet ouvrage apaisa les inquiétudes qu'avait causées le premier bruit de son existence. J'ai dû nn singulier avantage à l'extrême impartialité de cette relation. Les partisans de l'impératrice de Russie et ceux qui ne regardent pas cette princesse d'un œil si favorable ont' égale* ment trouvé dans cette lecture des motàh de se confirmer dans leurs opinions , et j'ai eu pour défenseur auprès d'ellemême ses partisans les plus déclarés.
Mais quelles sont les critiques sur lesquelles on a fondé cette inculpation? Voici une de celles qu'on a le plus répétées : le proverbe > Qu'allions-nous faire dans cette gal^? » est , disait-on, une plaisanterie purement française, et ne peut avoir été dans ta bouche des dames russes. Les auteurs de cette grave observation ont prouvé seulement qu'ils ne connussent ni la Russie ni les Russes , puisqu'ils ne savent pas que nos comédies sont jouées tous les jours i Pétersbourg , et même dans notre langue.
J'ai rapporté cette fdaisantene , parcp ((u'ellç sert à peindre
BÉVaLtTlOn DX RUSSIE EN tT63. 361
les caractères et les mœurs : mais il en est une autre que je me suis permise sur les liaisons suspectes du comte Pouiatouski; et, je l'aTOue , celle-ci au premier coup d'oeil, paraît de rtiistorien beaucoup plus que de l'histoire; elle ressent plus l'iqûtatioQ de Pétrone que celle de Tacite : vous avez vous-même proscrit ce badinage. J'oserai entreprendre de le justifier contre vous-mf me , en introduisant ce jeune Polonais sur la scène : il fallait pour ennoblir le récit d'une aventure galante, et soutenir l'attention des lecteurs, annoncer qu'une couronne deviendrait le prix de cette aventure. Mais cette haute élévation , où le comte Poniatoushi est en effet parvenu, aurait inspiré de lui la plus liante idée : elle aurait fait attendre pour la suite du récit un intérêt qui l'aurait eu lui-même pour objet. Un des plus grands avantages du style familier dont je me suis servi était d'employer en cette occasion le badinage et la plaisantene , pour laisser ce personnage dans sa médiocrité naturelle , en mSme temps que j'annonçais toute l'importance de cette narration.
Je pourrais disenter les motîts qui ont engagé an petit nombre de personnes à s'efforcer de rendre cette bbtoire suspecte; je montrerais que le plus dangereux de mes critiques, je dis le plus dangereux parce qu'il était le plus paissant, ne connaissait ni la Russie ni les Russes , ni même cet ouvrage. Je pourrais surtout, d'après l'exemple de tous les historiens anciens, soutenir qu'un homme digne de foi, et qui ne craint pas de se nommer, a le droit incontestable d'être regardé comme une autorité sur les événements qu'il a vus , et dont il a recueilli tous les détails sur les lieux même où ils se sont passés. Mais si l'on veut encore des autorités , je ne serai embarrassé que du nombre.
En effet, parmi les fréquentes lectures que je me suis vu forcé défaire de cette histoire, toutes celles où il s'est trouvé des personnes bien instruites de cet événement, loin de m'attirer la plus légère contradiction , m'ont procuré des autorités nouvelles.
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Je ne vous rappellerai point , madame , que je l'ai lue ea votiie présence à M. le duc de Chotseul , l'homme le mieux instruit de tout ce qui s'est passé en Europe pendant son ministère, et à M. le baron de Breteuil , qui, plus d'une fois, y est personnellement indiqué, à qui le Piémontais Odard a tenu l'étrange propos que j'ai rapporté ; en un mot, qui coimalt par lui-même toutes les personnes et tous les faits dont j'ai parlé.
Citer sur ui^e révolution le témoignage du roi de Suède, ce sera citer l'autorité d'un maître : il est plus habile en ce geare que tous mes critiques. Mais ce qui est plus essentiel aux preuves que je veux discuter; le, feu roi, son père, avail été tuteur de Pierre 111 , et ensuite lui avait dû le trône ; la cour de Suède est la seule qui ait eu la.générosité de prendre le deuil pour la mort de ce malheuïeux empereur. Une liaison de reconnaissance et de politique l'avait rendue très-attentive â'Cet événement. Ce prince, qui , pendant son séjour â Pans , s'est lié avec vous , madame , d'une aoùtié qui vous honore également tous deux , m'a dit , en présence de M. le comte de Creutz, encore aujourd'hui son ambassadeur en France, et de M. le comte de tiewenhaup, maréchal de camp au service de France, que la relation envoyée au sénat de Suède était absolument conforme à mon récit. Il m'apprit que le roi sou père avait lui-même choisi pc^- instituteurs de Pierre ITl les deux hommes vertueux dont j'ai parlé. Il ajouta qu'il n'y avait au temps de cette éducation aucune apparence que Pierre àûl jamais être appelé en Russie; que la maison de Holstein s'att«idait à le voir monter sur le trône de Suède, et que, dans le dessein de lui obtenu* plus facilement les suffrages de la nation suédoise, son éducation avait été dirigée vers les mœurs répubUcaioes. Il a ainsi confirmé, d'une manière incontestable, tout ce que j'ai dit sur l'éducatioQ de cet empereur, et la manière dont j'ai tenté d'expliquer un caractères! bizarre..
I/histoire tout entière ne nous présente- qu'un seul carac-
hévolution db rossie en 1762. 263
1ère du même genre ; c'est celui d'Antiochus Ëpiphane, qui , paraissant quelquefois oublier sa puissance absolue , s'en allait dans les rues et dans les places d'Antioche, solliciter les suffrages du menu peuple , pour être élevé à quelque mince magistrature, et qui ensuite faisait apporter dans les marchés publics une chaise curule , d'où il jugeait les querelles de la dernière populace. Il joignait, disent les historiens, la plus fastueuse magnificence à la plus basse popularité : plein de courage , de talents pour la guerre , de connaissances dans les arts, il prostituait sans cesse ses talents, ses connaissances, son rang, sa dignité, tantôt dans les boutiques , dans les forges , dans les ateliers , tantôt dans les jeux les plus avilissants , où il se plaisait à se donner en spectacle au milieu de la pompe la plus extraordinaire. Il prenait tour à tour les manières et le personnage de tous tes états etde tous les caractères; de sorte que ni les autres ni l([imêine ne savaient véritablement quel homme c'était.
Il est remarquable qu'on peut expliquer ce caractère étrange précisément de la même manière dont j'ai expliqué celui de l'empereur Pierre III. Ce despote asiatique était .Grec d'origine. 11 avait, dans sa jeunesse, séjourné quelque temps à Athènes, et plus longtemps encore à Rome , où il était demeuré en otage. N'est-îl pas vraisemblable qu'il avait pria dans ces deitx républiques cette habitude de l'égalité, cette ambition de se distinguer par un mérite personnel.^ I*s impressimis reçues dans sa jeunesse, conservées dans un esprit faible , mais dont la conception était vive et facile , avaient produit ce composé ridicule de raison , de talents et de démence.
Antiochus Ëpiphane et le czar Pierre III avaient reçu, tous deux, une éducation trop torte pour leur génie : ce n'est pas là communément le malheur auquel les princes sont exposés dans leur enfance. Il me paraît certain qu'on expliquerait ainsi les contradictions apparentes de chaque caractère , si on pouvait découvrir dans la plupart des hom-
}C4 PEtlTS CHEfS-D (EOVllK BISTOBIQIIBS.
mes c« qui les a Grappes le plus vivement dans leurs premières ann^.
Je reviens aux nouveaux témoignages dont il m'est facile d'appuyer cette relation. M. le comte de Vielhorski , que nousvoyona aujourd'hui, en France , remplir avec tant de zèle et de sagesse le difTicile emploi d'envoyé de la confédération de Pologne était présent lorsque S. A. R. M. le prince Charles de Saxe, duc de Courlande , a entendu lire celle relation. Ce prince avait un intérêt personnel à être fidèlement inslruil de toutes les intrigues de la cour de Rustie- Sa couronne en dépendait, comme l'événeoient l'a prouvé. Il se trouvait à Péterhoff cette même nuit où Pierre III surprit Poniatouski près d'entrer chez la grande duchesse. Il dîna le même jour avec les deux époux récouciliés ; et il a certifié positivement la vérité de cette anecdote et detfiules celles qui sont contenues dans la première partie 4e cette histoire.
J'ai cependant trouvé sur cette anecdote, et je l'avoue avec franchise , une assez grande variété dans un autre récit. Je le tiens d'un homme qui prétend y avoir joué un rôle important. Cet homme est le comte Branéki , l'ami , le confldent, le défenseur du roi de Pologne. Selon lui , le ressentiment du grand duc ne s'apaisa pas facilement. Après avoir relâché le comte Poniatouski , non-seulement le grand duc persistait h vouloir le faire chasser de cette cour avec ignominie , mais il voulait faire casser son mariage avec la grande duchesse et la faire enfermer dans un couvent. Il l'avait conduite et la tenait prisonnière dans une petite maison près d'Oranienbaum. Les sentinelles placées aux environs avaient ordre de n'en laisser approcher qu'un certain nombre de courtisans, dévoués au grand duc- Ce prince, jaloux et irrité, était lui-même dans cette maison, et ne respirait que la vengeance.
Le comte Branéki , à ce que lui-même raconte , entreprit de sauver la grande duchesse. Une rivalité perpétuelle , pour
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téVOLUTIOn 1>E BrSSIK EN IT6I. SOS
tous les succès de société, l'avait ouvertement brouiUé en Pologne aiet le comte Poniatouski. Ils se traitaient avec une extrême froideur à Pétersbourg. Branéki était venu à cette cour à la suite du prince Charlis; et c'était un nouveau sujet d'élo^ement entre ces deux jeunes Polonais , puisque le prince Charles travaillait à faire rappeler le comte Poniatouski, dont les intrigues inquiétaient la maison de Saxe. Branéki, cependant, n'avait pas cru devoir seconder l'in- (juiétude de cette maison contre la fortune d'un jeune genlllliomme, son concitoyen et son égal; mais habitué dès son en&nce à être rival de Poniatouski, il cliercliait à se rendre plus agréable que lui à la grande duchesse. 11 errait en trouver l'occasion en faisant vpe cour assidue au grand duc. Il enb«tenait ce prince de sièges, de combats, de plans de bataille. Une seule campagne que sa jeunesse lui avait pu'mis de faire le mettait h portée d'en raisonner assez savamment , au gré du grand duc , qui le menait souvent à sa petite forteresse , lui commandait l'exercice , et le consultait sur tous ses desseins militaires. Branéki , en apprenant c« qui s'était passé à PéterhoEf , et les périls où la grande duchesse demeurait exposée , alla trouver Poniatouski : celui-ci , échappé à cette malheureuse rencontre , et revenu à Pétersboui^, y attendait , dans la consternation, ce qu'on ordonnerait de sa destinée, et ne prenait .lucun parti. Branéki lui conseilla de commencer par écrire à la maîtresse du grand duc ; et cette lettre écrite , dont l'effet devait être de prévenir Ëivorablement l'esprit du grand duc lui-même, il lui proposa de le conduire vers ce prince, dans le pavillon où la grande duchesse était gardée. La démarche était audacieuse , et la témérité de Branéki l'emporta sur la timide circonspection de son heureux rival. Les deux jeunes Polonais preiuent donc ensemble des chemins détournés. Ea approchant du pavillon, Poniatouski resta caché dans l'épaisseur des bois. Branéki s'avan^ seul , résolu, à quelque prix que ce fât, de paraître tout à coup sous les yeux du
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grand-duc, sans lui Are Bunoocé, et déternirné à tuer, s'il lefallait, toute sentioelle qui voudrait s' opposw ason passage. Il fut plus heureux , et parut subitement , comiùe il le voulait , en présence du grand duc. Ce prince , étonné , deraaude r Commeut étes-vous arrivé ici? Par des roses de guerre, lui répond Branéki; et il se met aussitôt à lui Taconter les prétendus stratagèmes qu'il avait employés pour tromper les sentinelles. Ses discours et son audace charmèrent l'esprit du grand-duc ; et firanéki , après avoir achevé de s'y insinuer par de pareils propos, saisit le moment de liii représenter combien il serait injuste de perdre la grande duchesse , pour la folie d'un jeune homnte , qui peut-être était amoureux d'elle sans en être aimé : eu un inot , il l'amena au point de faire appeler le comte Ponlatouski , -ex l'engagea à conduire celui-ci chez la grande-duchesse , pour In prier de pardonner ses folles tentatives de la nuit précé-
Braoéki ajoute que lui-même eut, peu de temps après , une eutrevue avec la grande ducbesse. II hii dit ; « Que ce
■ n'était pas le comte Ponlatouski qu'il avait voulu servir, » mais elle seule , et par un sentiment bien opposé au desseiu
■ de servir Pomalouski. v II liù tint à cette occasion des propos pleins de galanterie et de passion , qui ne turent ni agréés ni rejetés ; et il regarde cette aventure comme In source de cette haute fortune où il est parvenu pendant les malheurs de son pays, et qui ne lui laisse plus désormais que le trône h ambitionner.
Ce récit , que je tiens du comte Branéki , en y supposant la plus exacte vérité , ne contrarie point, si on l'examine avec attention, celui que j'ai fait, d'après des témoins oculaires, d'après les confidentes de l'impératrice, d'après le récit du favori , qui , alors , gouvernait l'empire. Pierre n'était pas homme à garder longtemps la même résolution. Il se peut qu'après avoir promis de répar» l'éclat que sa jalousie et sa colère avaient , dans le premier moment, donné II cette
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aventure , il aJt eocore éprouvé des retours je colère, et dis désirs de veDgeaoce : et quel est le stoTcieu qui en pareille nencoulre eût été à l'abri de ces alternatives? L'aveu que la grande ducliesse fait à sou mari , dans ma relation , est assucement dans le caractère de cetl« princesse. La tournure que prend Branéki en parlant à ee prince n'est pas la même, et ne devait pas l'élre. J'en appellerais volontiers làdessus. à tous ceux que les hasards de la société ont pu faire trouver eu pareille conjoncture.
. Je ne sais de quel poids sera auprès de mes lecteurs le témoi^age du Piémontais Odard. Je ne dissimulerai même pas que ce Piémontais , revenu dans sa patrie comme il l'avait annoncé, vient tout récemment d'être tué d'un coup de tonnerre. Mais, avant sa mort, M. le chevalier d'Arci, de l'Académie des sciences, et M, de Trudaine, l'avaient rencontré dans la ville de Hice, qu'il avait chobie pour retraite; et s'il faut parler de lui d'après ses propres opinions, sa conduite était alors atissi bonnéte que sa fortune. Tous deux se ressouvinrent de celte histoire, et les récits d'Odard la leur ont confirmée tout entière.
Quelques personnes, il est vrai , qui ont connu la princesse d'Aschekof dans ses voyages n'ont pas reconnu en elle la jeune princesse qui les avait intéressés dans mon récit. Je les prie d'observer qu'elle y est peinte à dix-huit ans , et que j'ai moi-même annoncé , avant de finir, le changement que sa disgrâce a produit en elle. Elle éprouve déjà , si j'ose m'exprimer ainsi, ce triste désabusement, fruit ordinaire d'une tardive expérience. Elle a perdu, dans un âge si tendre, toutes les illusions de la fortune , de l'amitié et de la gloire. L'humiliation n flétri ce caractère ardent et généreux , qui lui faisait sacrifier sa famille , qui lui donnait de l'enthousiasme et de la crédulité, qui, dans ses premiers mécontentements de l'impératrice , lui faisait dire hautement : « J'ai cm bien faire , je me suis trompée. » L'épreuve d'une longue disgrâce et l'affreuv sentiment de son esclavage
iM PETITS CHEFS -d'CBOTIE HISTOBIQUES.
l'ODt rendue ehagrioe , sans qu'elle ose désonnais paraître mécontente. Voità ce qu'elle est aujourd'hui. Il lui reste ce m^me emportement qui ta conduisait aux casernes , qui la faisait s'habiller en homme , et marcher à la t^te des troupes. Je n'ai parl<^ nulle part de sa beauté : son âge , et elle en avait alors tout l'éclat , lui en tenait lieu dans le temps où je l'ai peinte.
Je pourrais ajouter beaucoup d'autres faits h cette lettre , déjà trop longue; mais rien ne pourra convaincre ceux qui ne sont pas convaincus par tout ce que j'ai dit; et je crois avoir Euflisamment justifié à vos yeux un ouvrage qui n'a été conçu que sous vos auspices.
Je suis avec te plus profond respect ,
Uadame.
Votre très-humble et trèsobâssant serviteur,
PRÉCIS HISTORIQUE