SECONDE ÉPOQUE
[a] Pa'je 292. Ali....hieal<Mug[âsfuta£aBssiDé^9lc.
Trois Karëgiles ( on appelait ainsi une secle de musulmans plut [snaliques que les autres ) , voyant l'empire des Arabes troublé par les querelles d'Ali, deMoavias etd'Amrou, crurent faire une cbate agréable à Dieu et rendre ta paix à leur patrie , en assassinant à la fois ces thoia rivaux. L'un d'eux coumtàDamas, blessa l'usurpalenr Hoavias par derrière : mais la blessure ne fut pas mortelle. Celui qui s'était chargé de tuer Amrou poignarda par uue méprise un des amis de ce relMlle, Le troisième vint frapper Ali comme il entrait daiis 1» mosquée, et le vertueux calife fut le seul gui n'échappa point a wa
(Marigny, Hlst. des Ait^>es , lomeil.)
nOTES DB VKÉCIS HisT. snii LKS MAOHES d'esp. 371 [6] Page 737. Merrtn M', teiiemîef calife oinmiade,etc. Ce MervaD fiil SQmommé Alhamar , c'eatk'ditt VAne, siimom qui, dans rorioit, n'a riefi qtie de Tort honorable,' d'après l'Mtime singalière qn'an a pour ces animaiiiL l'ofatigables et i>aIienU. L'Arioste a prin daiu Phislmn de ce calife le toactiaDt ^piaode d'Isabelle de Oilke. Matbii, étant en £gTple,deTiDl épris d'une religieuse chrétienne , et iToulut lui faire violence. Li chaste fille , pour Eanver sa pudeur, lai promit un onguent qui rendait inTulnârahle, e( s'engagea d'en faire Téprcute sur elte-mSine. Après s'Ëlre frotté le cou de cet onguent, elle dit au calife de frapper liardimenl, et le harbare lui ' eoapa la tète-
( D'fîerhelot, MbUothigtteirriejiCole. )
Harouu al RaschiM , c'esl-à-dîre ffaroun h Jtiste, obtint une grande gloire dans l'Orient, qu^l dot sans donte en partie, ninsi que son beau surnom, à la protection qu'il accordait anx gens de lettres. Ses TJctoires e( son anwur pour les sciences pronvenl qu'Haroun n'était pas nn homme onlinalre : mais sa cronuté pour les Barmécides ternit t'édat de ses grandes actî<»is. Cette illustre famille , issno des anciens rois de la Perse , avait rendu les services les plus slgnali^s aiii califFs, et s'était attiré le respect, l'amour de tout l'empii'e. GiafTar Barmécide, qui passait pour le pins vertueux des musulmans et pou> le raeillenr écrivain de son siècle, était le visir d'Haroun. Il conçut un violant amour pour la belle Ahassa, aceur du calife. La princesse aima GiafDir; et lecalife,qai avait pour sa sœur au moins une amitié fort jalotise, vit avec peine ces amours. Cependant il consentit i leur hjmen: mais, par un caprice digne d'on despote d'Orivnl, il exigea que l'amoureux Giaflar lui fit serment de ne jamais user des droits d'éponx. L'infortuné i's soumit, et fut longtemps fidtte ji sa prmnesse. Malbeurcusement Abassa, donll'esprit et le talent pour la poésieétalentfortcélèbres, lui écrivit on jour ces vers, rapportés par Aima Agétah , historien arabe , et que je ne fais que rimer :
La sévère pndeor ne prescrirai la loi Se te cadier le fen qni cansiiBie mon âme :
UaU il ëclale malgré ma) :
Je cMe en rougiraant à nu Iiraianle flamme.
PETITS CHBFS-t)*(EUVU RISTOBtQUBS.
QiK c'est pour toi kuI que Je maan ?
GiafTir, neMpouéiIaDlpIas, coarat chei md époute, et oublia MO MrneDt. Bientôt *prèi , AbMU fut obligée àe prendre des ftécratians pour cacher u grouewe k wn Trère. Tout réussit : elle accoucha ucrètement d'un fttg , que l'on enTojra nourir k la Mecque. Quelques années après, Harouo alJi Taire sou pèlerinsge dans cette Tille, et sut par uoa esclave perGde toutes les circonslancei du parjuredeGiaEfor. L'atroce Haronn (on aurait peine à le croire, si ce l'ait D'ëlait autheatique dans tout l'Orient) St jeter la sœur duisnn puits, St couper la tête à Giaflàr, et ordonna qu'on mit à Diort tous les parents de l'inrortuné Bsnuédde, Son père Jaluali , vieillard Téoérabla, adoré de tout l'empire, quil avait gouverné lougtemps , ref«t le trépas avec une constance héroïque. Avant de mourir, il écrivit ce peu de mole ta calire :
nL'ac<nBépaBeelepremler,raccasateDr le suivra dans peu.Tousdeox parallrontdevantonjugeque les procédures ne peuvent tromper. ••
L'implacable Haroun poussa la démeoce jusqu'il défendre que l'on parlitdes Bannécides. Un musulman, nommé Mundir, ota braver oetic lui, et fit publiquement leur éloge. Le calife l'envoTacberdier, et le menaça du supplice. ■ Vous pouvez, lui répondit Mundir. me faire taire en me doouant la mort, et vous u'bvm que ce mojen : mais vow ne pouvez pas bire taire la reconnoiasaDce de tout l'eminrc pour c«8 vertueux ministres i et les débris même des nxmunMnU qu'ils ont élevés, etque vous détruisez, parleroalroalgi^vow de leurgloire.
Baroun , touché de ces paroles , lui M donner une assiette d'or. Uuudir.eD la recevant, s'écria: « Void encore nu bienfait des Barmécldes! »
Tel fut ce fameux Haroun qui portait le surnom de Juste.
Almamon, sonfils, n'eut pointdesumoœ.etfolle plus vertueux, le plus sage, le meUleur des hommes. On en peut juger par ce mol de lui. Ses viiiia le pressaient de punir de mort un de ses parents qui s'était ait procismer caiife et avait porté lesarmes contre loi. Almamon ne voulut jamais j consentir, et leur dit, les larmes aux yeux : « AU! si l'on savait combien j'ai de plaisir i pardonner, tous ceux qui m'ont (rffensé viendraient me faire l'aveu de leur* fsulcs. >
Notes Dt pbbCh digx. sdb lis h*.ubis d'isp. 3f3 Ce prioco adorable fit Oeonr les iciences et les beiui-arto ; wn
rè^ne cit la plus belle ëpoqne de leur gloire chex les Arabes.
(Hsrigny, Histoire des Araba; d'Hetbeht, Biblioehègue orientale. )
[d] Page 294. Des irniptiiNu des Pnoçus dans la Cattlopie, etc. Les liisloriens ne sont poiot d'accord sar l'époque où Cttarlemagne
Tint en Espaane. Il parait qne ce Tut «oas le règoe d'Abdénne I" qae cet eoiperenr pasu le* Pyrénées, pttt Pampelonc, Saragoese. et [ut battu dans sa retraite aux défilés de Ronceianx , lieux ij célèbre» dans les romaue par la raort de Roland.
[e] Page 39(i. Un gouTernemenl où les droits des peuples étaient respectés , etc.
Les andeunes lois d'Aragon connues sous le ooin de Fore de Sobrarbe fimilaient la puisunce des souverains en lui donnant un con- Ireiwidi dans celle des rimi hombres et ria magistrat qui s'appelait te Justice. Tout le moode connaît b formule du serment que les étals d'Aragon prêtaient à leur roi : JVoï que vaiemoi lanto eomo vot,y quepodemos mas que vos, os haeetnos nuestro rey, eon tal que guardeU nuestros fveras; sino , no.
[/J Page 297. L'école céièl»re dont les élèïes , etc.
L'écoiede musique fondée* Cordoue par Ali-Zeriab produisit le fameux Moussali, que lesOrientaux rega ni eol comme leur plus grand muMcien. Cette musique ne consistait point, comme la notre , dans Paccorddedifférenls instrumenta, mais simplementdaus des airsdoux el tendres que le musicien chantait en s'accompagna» t du lulh. QuelquercBs on réunissait plusieurs roii et plusieurs lullis ensemble ponr eiéculer les mêmes aira i l'nnissen. Celle musique suflisait et suffit encore à des peuples passionnés pour la poésie , et dont le premier besoin, lorsqu'ils écoutent une voix, est d'entendre les vers qu elle chaule. Ce Moutsali, qui fut élèTe d'Al^Zériab à Cordoue, devint ensuile.par son talent, le ÙTori d'Haroun al Raschild On raconte que ce cUfe , s'élant brouillé arec une de tet fatorites uominée Hanah, tomba dans une méUncolie qni faisait craindre pour ses jours. Giaffar le Barmécide, son premier ïisir, pria te poète Abbas twn Anaf de faire des vers snr cette brouillerje. Ces tcts furent cIimj-
374 PETItS CIlEra-D*(XtmiE niSTO BIQUES.
ti!spar Mouuali dctant le calife, qnî Fut tellement touché des pensén dn poêle et des accents du musideii, qa'ir courut sur-le-champ am genom de sa maîtresse demanderet donner pardon, Mariali, reconnahlanle, enTo;a 30,000 dnehines d'or an poite et à Mouïsali ; Haroan leor en fil donner 40^0.
(Canknine, Biitoire d'Afrique ,UmIl.)
[g] Page 300. La statue de la belle etclive , etc.
Mahomet , par bo^rear pour l'idolâtrie , dérend à son peuple , dans l'Alcoran , toute figure imitée : mais ce précepte ne fut jamais bien observé. Les calirca d'Orient TaiMient mettre sur leurs monnaies Tem. preinte de leur imiKe, comme on peat le Tolr dans les médailles que ConserTent quelques curieux : un des cOtés représente la léte dn mlifé; l'autre porte sou nom et des passages de l'Alcorao. Dans les palais de Bagdad, de Cu^oue, de Grenade, il j avait plusieurs Tigores d'animaux et beaucoup de sculptures en marbre et en or.
(Cardonne, Bistoire d'Afrique, livre 11. )
[k] Page SOI. Le rai de l'Europe le plus riclie, etc.
On peat jnger de cette opulence par le présent que reçut Abdérame llld'uii de ses sujets, nommé AbdoulmélekbenCbtiil, qui fut éleié à la dignité de premier vUir. Voici quel Itit ce présent, tel que le rapporte Ihn Ealédan, historien arabe : 400 livres d'or vierge, 420,000 sequinsen lingots d'argent, 410 livres de bolsd'aloès, !100 onces d'ambre gris, 300 onces de camphre, 30 pièces de drap d'or et désole, [0 fourrures de martre du Eorassaii, 100 autres fourrures de martre plus commune^ 4S lionssesdeclievaiiv traînantes, tissues d'or de Bagdad; 4,000 livres de soie, ao tapîade Perse, 800 armures de fer pour des coursiers, 1,000 boucliers, 100,000 ftiches, 15 cfievanx arabes peur le calife, 100 antres pour ses ofBciers, 30 milles avec leurs selles et bonsses traînantes , 40 jeunes garCMs et 10 jeunes filles d'une rare beauté.
(Cardonne, Histoire cTJ/rlfue, livre II.}
{(\ Page 307. Le faible calife... s'endormait , etc.
CTest à peu près vers ce temps qu'arriva ta fameuse aventure de* sept eufauts de Lara, si célébrée par les liisto liens et par les romanden espagnols. Cesjeonesguerriers étaient sept frères, GIsdeGonzalveGus-
HOTES JlU.FitÉClS HIST. SUS LES HAUBBS d'bSP- 87d
tos, proche parentdes premiers comtes de CastilleelseigueiirdcSulgs deLara.Lebeau frère dé GoLiïalveGuslo9, nommé Ray Velasquez, cidté par les horribles conseils de M Femme, danïLï[iitira,i|iil prétendait iToiràse plaindre du plus jeune des sept frères, médita contre eux u[ie veogesnce atroce. 11 commença par eDToyer leur pire Gonzalve ea ambassade iiii roi da Cordoue , arec des lettras particulières dans lesquelles li priait te calife de faire périr c«t ennemi dei musulmans. Le calile ne voulut poiDtcommellrececrinïei il se contenta de retenir GoQzaive en prison. Peudant c« temps, le perllde Velasquez, sous prétexte d'aller attaquer les Maures, conduisit ses sept neveux dans une eaibuscadeoù,teseoitemislesaïaDt enveloppés, ils périrent tous jusqu'au dernier, après des exploîls admirables et avec des circonstao- Ms qui rendent ctUe bistoire iuliiiimcnt loncbanle. Cet oncle barbare envoya les tfiies des sept infortunés dans le palais de Cordoue, et les fit présenter à leur père dans un |>lat d'or couvert d'un voile. Le père, en découvrant ce plat, tomba privé de sentiment. Le calife, indigné coulre Velasquei, rendit h Goiiulve la liberté. Mais Velasquez était trop puissant pour que Gonzatve pût espérer de le punir. Il le tenta vainemeoti la vieillesse lui avait ùté ses forces. Scditaire avec son épouse, il pleurait ses enfants, et demandait au dei de les suiireau tombeau , lorsqu'il lui vint un vengeur sur lequel il ne comptait pas.
Gonzsive , pendant qu'il ^il prisoniùer ï Cordoue , avait été l'amant lieureux delà sonir du ro, musulman. Cette princesse, après son départ, ^laitaccoucbée d'un fils, qu'elle avait appelé Madaira Goniotve. Parvenu à l'Age de quinze ani, celils. Instruit du num de son pèreetdufor&itde Velaïquez, ce fils, négiour étreun béros, résolut de venger ses frères. L part de Cordoue, va défier Velssqiiez, le tue, lui coupe Ja tète, et la porte au vieillard Gonzalve, en lui demandant de le reconuatlre et de le faire chrétien. L'épouse de Gonzalve consentit avec transport à devenir la mère de tu brave bâtard. Huilarra fut adopté sutennellement par tesdeun époux. L.a feinmedc Velasquez fiit lapidée et brûlée. C'est Je ce Mudarra Gitnialvu que se préleudent issus les Maariques de Lara, l'une des plus grandes nuisons de l'ii^pagnc.
{ Mariana , Bistoii-e <r Etpagne, livre Vlll , chap. 9 ; Garibai , Com-
pend. hiitor. , lom. i , lib. x. )
876 PITItS CHBFS-d'œOVBB BIITOXIQVBB.