‹ Petits contes de FranceChapitre 34 sur 69 · MARIE ANTOINETTE · texte numérisé non relu

MARIE ANTOINETTE

Marie Antoinette commença sa vie dans de

grandes splendeurs, mais elle la finit bien triste-

20 ment. Née à Vienne en 1755, elle fut élevée

à la cour de son père François I®^, empereur

d'Autriche, dans la liberté absolue qui régnait à

cette époque.

A l'âge de quatorze ans, pour des raisons poli-

25 tiques, on la fiança au Dauphin de France, petit-

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fils de Louis XV, et xin an plus tard elle était à Paris.

Louis XVI devint roi en 1774, à la mort de Louis XV. Marie Antoinette était maintenant reine de France. Sa beauté lui gagna Tadmira-s tion de la cour, mais ses manières libres et ses amitiés exclusives lui firent beaucoup d'ennemis. Elle adorait la gaieté, les toilettes et surtout les bijoux. Ce goût pour les diamants fut peut-être la cause de ses plus sombres jours. 10

Le bijoutier Boehmer, sachant que la reine aimait les bijoux, avait passé plusieurs années à recueillir des diamants pour un collier. Ce collier valait 1,600,000 Uvres. Le bijoutier vint l'offrir à la reine, mais, devenue plus sérieuse depuis lais naissance de ses enfants, elle refusa de dépenser tant d'argent pour une fantaisie. Une intrigante, la comtesse de La Motte, dit au cardinal de Rohan que la reine désirait vivement posséder ce collier. Le cardinal l'acheta aussitôt au bijoutier Boehmer 20 et pria la comtesse de le remettre à la reine; mais le collier ne lui fut jamais remis; il avait mystérieusement disparu. Le cardinal ne pouvant pas payer le bijoutier, l'affaire se découvrit. Après un long procès où le cardinal fut gracié et 25 la comtesse de La Motte condamnée, tout reprit son calme. La reine avait été innocente dans

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toute cette affaire, mais le peuple la croyait coupable. Elle alla vivre avec ses enfants au petit Trianon de Versailles.

L'ancien roi Louis XV avait très mal gouverné la France. Le pouvoir du roi était absolu. Ils était maître de la conscience, de la liberté, de la vie de ses sujets. Tous les privilèges des nobles étaient injustes. De grands écrivains demandaient les mêmes droits pour tous les Français, l'abolition de tous les privilèges. ' 10

Louis XVI, prince juste et pieux, essaya d'abord de corriger les abus. C'était une tâche trop grande pour lui.

En 1789 la Révolution française éclata. Le peuple furieux du renvoi du ministre Necker, is qui conseillait à Louis XVI de faire justice et de partager également les impôts entre le peuple, le clergé et les nobles, marcha contre la prison royale de la Bastille. Après la prise de cette forteresse, le roi devint petit à petit le prisonnier du peuple. 20 Ici commença le dévouement de la reine, Marie Antoinette. Malgré les conseils de ses amis, elle refusa obstinément de quitter son mari et ses enfants. Une fois seulement elle consentit à fuir avec eux.

Le 20 juin 1791, à minuit, la reine, le roi, sa as sœur, ses enfants, déguisés en simples bourgeois, quittèrent les Tuileries pour aller rejoindre le mar-

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quis de Bouille qui devait se charger de la fuite. Le roi voyageait comme valet de la famille. A Varennes, un employé du gouvernement les arrêta pour examiner leurs passeports. Il regarda dans

s la voiture, et, les yeux fixés sur le visage du

roi: "Voyez, madame, dit-il, comme votre valet

ressemble à notre roi." Ils étaient découverts.

Toute la famille fut ramenée à Paris.

La famille royale fut ensuite emprisonnée au

lo Temple.* Marie Antoinette gardait encore son courage, car elle était entourée de son mari et de ses enfants. La reine donnait aux enfants des leçons de musique et de dessin. Les princesses raccommodaient les vêtements de la famille. Le

15 roi lisait. Mais cela ne dura pas longtemps. On sépara Marie Antoinette de Louis XVI, qui, le 21 janvier 1793, monta sur Téchafaud.

Le 13 juillet, on vint enlever le Dauphin à la reîne. Elle pleura, elle supplia, elle cria : " Tuez-

20 moi donc d'abord !" Ce fut en vain. La pauvre martyre devait subir encore ce chagrin. Dès lors, plus rien ne la toucha.

Au mois d'août, on la mit à la Conciergerie, la plus affreuse prison de Paris. Devant le tribunal,

«selle ne se défendit même pas. Elle entendit la sentence de mort sans trahir son émotion. Elle retourna à sa prison, écrivit à sa sœur et à ses

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enfants, fit sa prière et attendît la fin avec calme.

C'était le i6 octobre 1793. Lui refusant même les honneurs de la voiture royale, on la conduisit sa réchafaud dans une charrette. Là finit sa douloureuse vie.

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