‹ Petits contesChapitre 5 sur 37 · PREFACE V · texte numérisé non relu

PREFACE V

journalistes, des écrivains les plus éclatants et des plus spirituels conteurs :

« M. Jules Janin est né improvisateur, mais improvisateur la plume à la main. Un trait qu'il faut noter, cest que la passion qu'il a eue très jeune pour les anciens, n'a pas été la loi de son intelligence : ses impressions et ses idées seules ont été cette loi. L'observation de la société, le goût des choses artistiques, et dans celles-ci, les formes légères, voilà quelles furent ses premières prédilections. Être vif et coloré dans la forme^ piquant dans le point de vue, mordant ou noble dans l'appréciation critique, voilà les traits de son talent. Les fautes elles-mêmes en ont signalé la sève et la richesse. Ses qualités tiennent à im travail animé et intérieur qui lui donne sa verve, à une fine pénétration, à un élan sans système et à l'art de faire valoir par l'émotion les idées les plus élevées. Une qualité nouvelle s'jy allie maintenant, l'art de fixer les nuances. Sa sensation première n'est pas plus large, plus sûre, mais les procédés de son esprit sont plus faciles et plus assurés. »

Gustave Fallot, qui jugeait ainsi le talent de Jules Janin, avait reconnu l'aimable et ingénieux conteur qu'il caractérisait si bien, en le voyant sous le reflet des délicates sympathies de leur ami commun Charles Nodier, lequel fut également un des meilleurs conteurs de ce temps-là.

Gustave Fallot avait vu Jules Janin dans le salon de Charles Nodier, à la Bibliothèque de l'Arsenal, et il

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