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MÉTHODE FUNERAIRE

Je trouve dans un journal spécial Texposé d'une méthode décisive qui doit permettre aux citoyens conscients et autres d'obtenir^ malgré leur famille^ des obsèques conformes à leurs idées philosophiques, c'est-à-dire civiles. Il est très bien d'avoir de la logique dans l'esprit et de se vouloir une fin sans contradiction avec sa vie, mais n'est-ce point aussi pousser les choses un peu loin que de prendre tant de précautions pour une formalité dont nous serons absents, au moins par la pensée ? Puis, réfléchissons que

l'Église est merveilleusement organisée pour les enterrements et que la Société civile ne Test nullement. Elle traite avec une parfaite égalité l'homme et le caniche^ Lesbie et son moineau. Tandis que l'Église dispose pour les réunions funéraires d'admirables édifices, frais en été, chaufifés en hiver, où se déroule avec sécurité le symbolisme de ses cérémonies, appuyées à l'occasion par des chants et des musiques qui peuvent être sublimes, la Société civile n'a pourvu à rien de ce genre. Elle ne nous ofïre même pas un hangar pour nous abriter de la pluie ou du vent. Si on ne veut pas de l'ÉgUse, on n'a rien. Il faut se réunir à la porte d'un cimetière lointain où l'on piétine dans la boue, dans la neige ou dans la poussière. C'est indécent, malsain et même dangereux. Les gens qui veulent faire acte de déférence aux parents du défunt les saluent à l'Église et s'en retournent chez eux. Dans la méthode civile, ils sont obligés à un pèlerinage rebutant, même si aucun sentiment intime ne les pousse. C'est là un des

Méthode funéraire

points où Ton voit que la Société civile n'est pas encore organisée, et tant qu'elle ne le sera pas sur ce point, on donnera, même incroyant, la préférence à l'Église, où tout est prévu, où tout se fait avec décence et, si l'on veut, avec magnificence.

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