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LE SEXE FAIBLE

Biologiquement, c'est Thomme. Les garçons naissent plus difficilement. Ils ne s'élèvent pas aussi bien et, durant toute leur vie, qui est moins longue que celle des filles, ils demeurent plus fragiles, moins bien assurés contre le mal. A cela, il y a des causes sociales, mais il y en a aussi de fondamentales. La femme, en somme, est mieux douée que l'homme, au point de vue vital. Deux accoucheurs de Baudelocque ont essayé de le contester, pour ce qui est de la naissance et du jeune âge. Je ne crois pas qu'ils y aient en-

Le Sexe faible

tièrement réussi et la théorie reste vraie d'une plus grande résistance de la femme aux causes de destruction. De sorte qu'il reste vrai aussi, si paradoxal que cela paraisse, que de l'homme et de la femme, le sexe de luxe, c'est l'homme. C'est une chose que j'ai déjà dite dans la Physique de Vamour : La femme aurait suflft. En quelques espèces d'invertébrés, la chaîne des générations est assurée par les seules femelles. Ce n'est qu'à de longs intervalles qu'il paraît un mâle dont l'intervention suffit à la fécondation d'une longue lignée de femelles en femelles. C'est ce qu'on appelle la parthénogenèse. Un pas de plus et elle était complète. Il y aurait des espèces composées de seules femelles. De récentes expériences laisseraient croire que ce résultat pourrait être obtenu artificiellement, quoiqu'il n'y en ait pas encore d'exemple. Pour s'en tenir aux vertébrés et aux mammifères, dont nous sommes le plus bel échantillon, il ne saurait être question de fécondation artificielle, c'est-à-dire chimique, l'intervention du

mâle est toujours nécessaire et, quoiqu'il ne serve qu'à cela, il sert à cela et c'est quelque chose. Il a donc fallu, pour ainsi dire, qu'il justifiât, non son existence, mais ses loisirs, par toutes sortes d'inventions propres à aider la vie. Et dans le fait, parmi l'espèce humaine, c'est le mâle qui a tout inventé. La femme conserve, tel est son rôle. Sa besogne est celle qui se rapproche le plus de l'œuvre même de vie dont le but est la conservation de la vie. La femme est plus près de la nature. Elle participe mieux de ses forces et avec plus de simplicité. Elle est, dans le couple, l'être fondamental. La biologie détient de forts arguments pour le féminisme et de non moins forts contre le féminisme.

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